philippe_crozet_01.jpg Photos © Jean-Luc Mège et Paul Sud

 

 

Par notre correspondant dans le midi, Paul Sud

 

48 heures après être tombé de son voilier en haute mer, Philippe Crozet, le patron des  sanitaires Crozet (Saint-Bonnet-de-Mure), est considéré ici, à Antibes, comme un miraculé.

 

Philippe Crozet, en short, les bras ballants, fait le va-et-vient entre le quai qui fait face à la Capitainerie d’Antibes, et l’intérieur du voilier familial de 20 mètres, « le Serendipity ». Un voilier qui a fait la Une de Lyon People , avec la famille Crozet, en juillet dernier. Philippe, considéré ici comme un miraculé, essaye de retrouver des repères cohérents entre son voilier revenu au port et la terre ferme. Il se souvient de tout, ou presque : Le départ de Corse vendredi soir, à bord du voilier, avec son père Maurice, et deux de ses trois enfants, Marie et Pierre, une avarie sur une voile le samedi matin vers 8h, et puis sa chute dans une mer très grosse alors qu’il essaye d’affaler la voile. Une voile qui se coince dans l’hélice moteur, et le voilier qui devient alors impossible à manœuvrer. Sa famille toujours sur le bateau mesure son impuissance, d’autant plus que la radio de bord ne fonctionne plus… Et  Philippe Crozet, sans aucun gilet de sauvetage, voit les siens s’éloigner. Il se retrouve seul, à 60 kms des côtes, dans une mer démontée.

 

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«  Jamais je n’ai pensé à la mort  », déclare le miraculé, photographié ci-dessus avec son père en juin dernier par Jean-Luc Mège. «  Au contraire, je pensais aux miens, à mes enfants, à ma femme, à ce que nous allions faire par la suite, et j’espérais les secours…  » Au bout de trop longues demi-heures, la Marine Nationale est en alerte. Mais comment un hélicoptère peut-il retrouver un disparu dans une telle mer aussi loin des côtes ? L’hélicoptère de la Marine Nationale va survoler une première fois Philippe sans le voir… Le temps va passer, une heure, deux heures, trois heures… Le naufragé n’a plus la notion du temps… Il espère rentrer à la nage. Il commence à avoir froid… Il a des crampes… Et la mer est toujours aussi agitée. Et puis soudain, un éclat lumineux sur l’eau attire l’attention de l’hélicoptère, et Philippe est enfin repéré. Un plongeur de la Marine Nationale tombe du ciel à côté de Philippe qui est bientôt treuillé par les militaires, puis déshabillé entre ciel et terre et réchauffé avant d’être emporté en hélicoptère jusqu’à l’hôpital pour des tests médicaux. Aux dires même des militaires qui l’ont sauvé, Philippe Crozet est un miraculé. Son voilier, « le Serendipity », porte un nom mauricien qui signifie "quelque chose que l’on n’attendait pas"… Un nom prédestiné !

 

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