Une petite douche gratos, ça ne fait pas de mal – Photos © Fabrice Schiff

Par Marc Poisson

Leur équipe nationale éliminée de la Coupe du Monde, plusieurs centaines de supporters algériens ont voulu refaire le match dans la rue contre les forces de l’ordre. Mais les canons à eau de la Préfecture de Police ont rapidement douché leurs ardeurs.

02Les premiers incidents ont été signalés dès 21h avec deux départs de feux signalés à la Duchère, des feux de voitures rue de Surville dans le 8ème  et de poubelles à Bron tandis qu’une rixe éclatait à la Croix-Rousse entre supporters algériens et français. Mais sur le petit écran, les deux équipes sont encore à égalité et les supporters scotchés devant. Dans le même temps, 150 identitaires sont rassemblés place Carnot. La veille, ils ont réclamé la démission du préfet suite à sa mauvaise gestion des violences lors des matchs précédents.*

03Mais Jean-François Carenco, très critiqué ces derniers jours, n’entendait pas laisser Lyon et le Grand Lyon connaître une troisième nuit de dégradations. Il a donc sorti l’artillerie lourde pour bloquer l’accès à la presqu’île avec pas moins de 600 policiers appuyés par un canon à eau et un hélicoptère. Histoire de faire bonne mesure, ces derniers ont entrepris d’interpeller une cinquantaine de militants nationalistes à qui un voyage en bus a été offert jusqu’à l’Hôtel de police. Un petit contrôle d’identité (très utile pour remettre les fichiers à jour) et puis s’en vont fouetter d’autres chats.

04BISDes fennecs (le surnom des footballeurs algériens) pour être précis. Car c’est à l’issue des prolongations et de la victoire de l’Allemagne que les esprits (sic) vont s’échauffer. Dès la fin du match, on signale un 4X4 BMW en flammes devant le 12, boulevard des Belges, l’artère la plus chic du 6. Sans qu’on sache si c’est du lard ou du cochon (c’est-à-dire si c’est lié aux évènements en cours).

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05Nous rejoignons la place Gabriel Péri où ça bouge vraiment. C’est là qu’ont convergé tous les supporters algériens. Concerts de klaxons, chansons, tirs de feux d’artifice… ils attendent d’être suffisamment nombreux pour foncer vers la presqu’île. Les renforts attendus ne viendront pas : « ça aurait été une autre mayonnaise si leur équipe avait gagné ! » souligne un gradé.

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07Mais le pont de la Guillotière est bloqué par une compagnie de CRS. Alors qu’une centaine d’Algériens tentent de forcer le passage et lancent des projectiles, une colonne de tortues Ninja se met en marche derrière le canon à eau pour les repousser cours Gambetta. Comme chiens mouillés, les jeunes sont abondamment rincés par la république, avant d’être repoussés place Gabriel Péri puis dispersés. En deux temps, trois mouvements.

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09De mémoire d’habitants, on a jamais vu autant de képis sur la place Gabriel Péri. Cinq véhicules remplis de policiers de la BAC maraudent dans le quartier. Les CRS procèdent à des contrôles d’identité sous les projecteurs de l’hélicoptère qui tourne au-dessus de nos têtes. Au total, on a dénombré une dizaine d’interpellations, autant de voitures brûlées. Fin des opérations à 2h00 du matin.

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