Par Morgan Couturier

« C’est devenu une grande fête internationale ». Gérard Collomb n’a pas manqué de mettre en valeur sa ville et ce rendez-vous incontournable du mois de décembre, envié par-delà les continents, ou même copié dans certaines villes du monde.

Figure de proue du tourisme lyonnais, la Fête des Lumières poursuit ainsi sa quête de l’excellence, animé par cette quête de la nouveauté et de l’innovation. Il en est encore question lors de cet opus 2018, où la Ville s’appuie sur les nouvelles technologies pour proposer un florilège d’illuminations bluffantes et attractives. « Nous avons besoin de valoriser à chaque fois cette fête, a répété Yann Cucherat, adjoint au maire délégué à la culture. C’est pourquoi nous avons essayé d’avoir des axes forts autour de l’émotion ».

Les 80 propositions retenues par ce dernier et Jean-François Zurawik semblent aller en ce sens, en témoigne la réappropriation du Parc de la Tête d’Or, revisité en monde féerique, recouvert… d’or ou la deuxième participation du jardin du musée des Beaux-Arts, dans l’histoire de ce parcours illuminé et retravaillé, afin d’absorber les travaux place des Terreaux ou dans l’enceinte du théâtre gallo-romain.

Dans ce méli-mélo de nouveautés, la Ville a néanmoins veillé à conserver certains acquis, à l’image du dispositif de sécurité, particulièrement efficace l’an passé. 1200 agents seront ainsi mobilisés tous les jours, pour que la fête demeure celle du partage. A noter que les horaires d’illumination ont-elles, été révisées (de 19h à 23h les 6 et 9 décembre et de 20h à 00h les 7 et 8 décembre), en accord avec ce leitmotiv prôné par les élus : « Il est essentiel que tout le monde puisse y participer, de près ou de loin ! ».

Parc de la Tête d’Or

Présages par Marie-Jeanne Gauthé et Géraud Périole

Mauvais présage que ce monde imaginaire, installé au cœur du Parc de la Tête d’Or. Ses auteurs veulent alerter les visiteurs sur la nécessité de « faire attention à notre planète », avec ce « monde fait d’or, paisible et reposant, qu’un vent violent vient perturber ». La légende de la tête d’or est évidemment présente avec l’apparition théâtrale d’un homme au visage doré, dont la manifestation se fera à travers les eaux.

Place des Jacobins



You and the Night
par David Udovtsch

Passionné par les aurores boréales, fantasmes de nombreux artistes, David Udovtsch a planché sur ce merveilleux phénomène naturel, afin d’habiller la place des Jacobins, recouverte pour l’occasion de voiles colorés, verts, bleus et mauves.

Place Louis Pradel



Abyss
par Nicolas Paolozzi

Présent pour la quatrième année sur la Fête des Lumières, Nicolas Paolozzi invite les visiteurs à plonger dans les profondeurs océaniques pour contempler cette créature fantastique, formée de quatre arches lumineuses. L’œuvre se veut à la fois contemplative et participative, s’inspirant ainsi du « principe de bioluminescence de certains êtres aquatiques » pour déclencher des séquences aléatoires, au contact du public.

Colline de Fourvière

Reflets par Damien Fontaine

Sûrement l’une des œuvres les plus saisissantes de cet opus 2018, avec ses tableaux impressionnistes projetés sur les façades du quai Romain Rolland, du Palais de Justice à la Cathédrale Saint-Jean, lesquels se refléteront dans l’eau de la Saône. Vingt vidéoprojecteurs ont été réquisitionnés pour dévoiler des scènes d’antan, de la soie d’autrefois, aux ruelles du Vieux-Lyon, le tout bercé par des sons captés dans le quotidien des Lyonnais. Une véritable mosaïque de couleurs, pour l’un des tableaux les plus saisissants de cette Fête des Lumières.

Jardin du Musée des Beaux-Arts

Keys of Light par Mr. Beam

Pour la deuxième fois de l’histoire de la Fête des Lumières, le jardin du Musée des Beaux-Arts vient se greffer à la programmation. À la beauté des lieux, Mr. Beam y ajoute la grâce de mélodies jouées au piano. L’installation se veut interactive puisque les Lyonnais pourront postuler pour prendre place derrière l’instrument. Chaque note viendra alors illuminer – au propre comme au figuré – l’architecture du musée et la végétation du jardin.

Cathédrale Saint-Jean



Pigments de Lumière
par Nuno Maya et Carole Purnelle

En parlant de nouvelles technologies, Yann Cucherat ne pensait pas si bien dire, avec cette projection remarquable du duo Nuno Maya et Carolle Purnelle. La présentation vidéo a ébloui la presse, avec ce « projet 100% analogique » où les artistes se sont servis de répliques miniatures de la cathédrale, « pour explorer les différentes couleurs de la lumière ». Le résultat est saisissant, avec un florilège de tableaux obtenus par un jeu entre l’eau et la matière, qu’il s’agisse de pigments de couleurs, d’encre ou de fleurs en tout genre, à commencer par l’inconditionnelle rose de Lyon.

Théâtre des Célestins

Cells par Helen Eastwood et Laurent Brun

Le temps de la Fête des Lumières, le Théatre des Célestins se mue en « matrice-mère qui donne vie à des cellules architecturales ». Le projet est annoncé comme génératif, de façon à éviter toute répétition. Nonobstant la façade du Théâtre, le public sera lui-même acteur de ce spectacle. « Les spectateurs vont se retrouver dans la projection », assure Jean-François Zurawik.

Place Bellecour

Une petite place pour de grands rêves par Les Anooki, Moetu Batlle et David Passegand

Les Anooki sont de retour. Ces petits personnages, aussi comiques que maladroits, font leur retour sur la scène de la Fête des Lumières, place Bellecour. « Les facétieux trublions » incarneront de grands enfants – de 20m de haut – prêts à jouer avec les éléments de décor, que ce soit la statue de Louis XIV, reconvertie en soldat de plomb, ou un vrai camion de pompier, posé à portée de main. Sans oublier diverses chorégraphies, reproduites sur l’incontournable grande roue.

Place Antonin Poncet



Wish Blow
par Helen Eastwood et Laurent Brun

« Faire un vœu, c’est déjà la moitié d’une réalité ». Celle-ci sera totale, ou presque à l’occasion de ces festivités du mois de décembre. Installée sur 45m de long, l’installation d’Helen Eastwood et Laurent Brun se veut totalement participative. Invités à souffler en amont de la création, à la façon de bulles de savon, les participants seront ainsi les principaux acteurs de cette illumination.

Gare Saint-Paul

Quantum par Bernard Duguay et Anastasia Isachsen

Les perceptions seront multiples sur la façade de la gare Saint-Paul. Certains y verront une indéniable allusion à la Biennale de la Danse, avec les chorégraphies de trois danseurs projetés sur l’enceinte de la gare. Les autres y percevront peut-être une allusion aux atomes, en perpétuel mouvement, dans une métaphore plus globale de la physique quantique. À moins que les deux soient intimement liés, chaque geste des danseurs entrainant l’apparition de « particules de lumière ».