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7 janvier 2002

 

La chocolaterie Bernachon

 

 

 

 











De notre correspondante Marine

Le 42,cours Franklin Roosevelt dans le 6ème n’est plus une adresse ignorée depuis l’installation de Maurice Bernachon, il y a 50 ans cette année. La réputation de la dynastie des Bernachon n'est plus à faire. De père en fils et de mère en fille, la gastronomie est une affaire de famille…

 

Quand vous fran-chissez le seuil de la porte de la chocolaterie Bernachon, non seulement vous serez envoûtés par la délicieuse odeur chocolatée qui y règne mais vous serez d’autant plus surpris d’apprendre que la famille Bernachon est solidaire dans cette affaire. 

 

La boutique, reprise en 1952 par Maurice Bernachon a prospéré jusqu’au décès de celui-ci en 1998. C’est désormais Jean-Jacques, son épouse Françoise et deux de leurs enfants qui ont pris la succession de la chocolaterie et du salon de thé.

 

Jean-Jacques a fait ses premiers pas dans la chocolaterie à l’âge de 17 ans. Nous pouvions nous attendre à ce qu’il débute dans la boutique de son père… Pourtant, Maurice l’a expédié à Bourgoin chez un de ses anciens ouvriers : « Mon père a refusé que je commence à la chocolaterie avec lui. Mais il ne m’a pas rendu la vie dure. En m’envoyant à Bourgoin, il savait à qui il me confiait et où il me mettait ! »

 

La chocolaterie est un métier fatiguant… Et Maurice voulait que son fils le comprenne en dehors du territoire familial. Début de la journée à 5 heures du matin pour finir à 19 heures tous les jours. Jean-Jacques en avait conscience mais il a persisté… « Au bout de quelques temps, j’en ai eu marre alors je suis rentré à la maison pour travailler avec mon père. »

 

Jean-Jacques a aujourd’hui 57 ans. Il a épousé en 1969, Françoise, fille de Paul Bocuse. Ils ont eu 3 enfants. Leur fils, Philippe, aide son père dans les laboratoires de fabrication depuis 2 ans. Stéphanie (ci-dessous lors de la soirée Christofle àKGB), 28 ans, gère la chocolaterie. Et leur troisième fille est outre-atlantique, où elle travaille pour American Airlines… Françoise, quant à elle, s’occupe du salon de thé.

 

Depuis le décès de Maurice, aucun changement n’a été apporté à la fabrication des chocolats et autres pâtisseries. Mais Jean-Jacques avoue que son père n’aurait jamais compris le passage au 35 heures !

 

Les Bernachon y sont déjà passés mais pour des périodes comme celle de fin d’années, le temps est très dur à gérer. Pour eux, Noël est synonyme de stress et de nombreuses heures de travail. Au delà de cette fatigue physique, Bernachon réalise 1/3 de son chiffre d’affaires pendant le mois de Décembre !

 

Quant aux projets nationaux, Jean-Jacques nous confie qu’il n’a aucune envie de partir de Lyon « Ici, on est dans 2000m², je surveille toute la fabrication de A à Z. Je ne peux pas être à Paris et à Lyon. Mon fils, cela ne fait que 2 ans qu’il travaille ici, alors il n’a pas encore de projets pour franchiser Bernachon. Il attend peut-être ma retraite pour le faire ! » Mais la clientèle internationale reste pour Bernachon un très bon apport qui est renouvelé par connaissance, par le bouche-à-oreille (quelques fidèles non-négligeables tels que Jean-Michel Jarre, Michel Serrault …).

 

Les Bernachon ont fait le choix de ne pas fournir les restaurants de leurs délicieux chocolats… à une exception… Paul Bocuse bien sur ! Car les relations Bernachon/Bocuse ne datent pas d’aujourd’hui. 

 

Depuis le mariage de Jean-Jacques et de Françoise il a plus de 30 ans, les liens qui unissent ces deux grandes familles lyonnaises sont très forts, surtout sur des questions culinaires ! Paul vient tous les matins prendre son petit déjeuner au salon de thé. Maurice Bernachon et Paul Bocuse s’entendaient à merveille. Ils avaient la même conception du métier. Ils avaient la même âme traditionaliste. 

 

Mais Jean-Jacques nous avoue quelques anecdotes croustillantes concernant son beau-père… « Si demain nous disons à mon beau-père « Françoise et moi avons réservé ce week-end une chambre chez Loiseau » il est capable de vous annuler la chambre. Il est capable de tout. Il ne faut pas trop lui dévoiler nos projets ! Il nous est arrivé de faire 600 kilomètres pour aller dans un hôtel où nous avions réservé. Quand nous arrivions, la réceptionniste nous disait que quelqu’un les avait prévenus que nous annulions alors on reprenait notre voiture, on refaisait 200 kilomètres pour trouver une chambre de libre ! » 

 

Quand Jean-Jacques n’est pas dans ses laboratoires Bernachon, on peut le croiser sur un green, club de golf à la main ou encore dans les tribunes des supporters lyonnais ! Il affectionne particulièrement la nature, comme tout gastronome … J’aime les choses simples ! Un dernier mot ? « Mon plus beau cadeau serait de voir un jour mes enfants me succéder. Trois générations de Bernachon, ce serait pas mal ! »

 

A suivre, Les belles petites miches de Philippe Jocteur...

 

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