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11 février 2002

 

Le croque-mort des riches : enterré !

 

 

Une vitrine chic mais discrète, à deux pas de l’église Saint Pothin… barrée d’un panneau adhésif « Local à céder ». Au 129, rue Vendôme, l’agence Henri de Borniol a les deux pieds dans la tombe ! Quand vous composez le numéro de téléphone, vous tombez sur un particulier. Pas vraiment heureux d’être pris pour un croque-mort ! Chronique d’une mort annoncée.

 

Colombey, 12 juillet 1970, une auto-mitrailleuse portant le cercueil du général de Gaulle recouvert du drapeau tricolore, sort du parc de la Boisserie. Elle se dirige vers l’église. À Paris, pendant ce temps, PFG (première entreprise privée de service funéraire en France)  organise la cérémonie dans la cathédrale Notre Dame. Au fil de ses cent-cinquante ans d’existence, PFG s’est chargée de cérémonies  historiques, notamment par le biais de sa prestigieuse filiale Henri de Borniol.

 

Chefs d’État, présidents du Conseil, ministres, maréchaux de France, leaders politiques de tout bord, mais aussi personnalités du monde religieux ou artistique. Elle a ainsi organisé les grandioses funérailles de Marcel Dassault (ci-dessus).

 

Fort de son implantation parisienne (4 agences + 1 à Neuilly et 1 à Versailles), le croque-mort de la jet set décide de tenter l’aventure lyonnaise. Une étude de marché donne les plus grands espoirs : Lyon compte, en effet, une population nombreuse de millionnaires âgés. Rien n’est laissé au hasard, en particulier l’emplacement : Saint Pothin. Cette église du 6ème est en effet connue pour l’âge avancé et le patrimoine confortable de ses paroissiens. On ne peut donc que louer la délicate attention de la maison Borniol de s’approcher, ainsi, au plus prêt de la source.

 

Mais les réalités locales sont subtiles, n’en déplaisent aux rois du marketing, spécialistes des études de marché (surtout quand elles sont diligentées depuis Paris…). Après deux années mortelles, les dirigeants enterrent définitivement l’affaire ! Interrogé par Lyonpeople, le directeur général d’Henri de Borniol, visiblement embarrassé, reconnaît à  posteriori « que le marché lyonnais n’était pas adapté à la marque  ». Comment cette affaire, apparemment bien engagée, s’est-elle transformée en coupe-gorge ?

 

La réponse nous est livrée par le gérant d’une impor-tante entreprise régionale de pompes funèbres qui préfère garder l’anonymat. « Dans les pompes funèbres, on ne fait jamais des affaires dans un quartier chic ! » résume-t-il en riant, avant d’ajouter l’œil coquin : « Une réalité qui se vérifie particulièrement dans le 6ème. Quand vous rencontrez les familles pour préparer la cérémonie, elles insistent toutes sur le fait que le défunt aimait les choses simples ! ».

 

C’est bien connu : les Lyonnais préfèrent investir dans la pierre plutôt que dans une pierre… tombale ! Une dure réalité que n’ont toujours pas digéré les croque-morts parisiens !
 


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