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21 juillet 2003


Edith Simonnet : les beaux vertiges de la sculpture
 

 










Propos recueillis par
Françoise Petit














Photo Jean-Luc Mège

Elle ne s'est pas accrochée aux chimères cathodiques. Sa façon de vivre sans chaînes a libéré  une  artiste charnellement attachée à la terre qui se sculpte. Avec Edith Simonnet on aime la vérité d'un langage extra muros. La vie sans la ville mondaine, la création sans manège people, la beauté  sans artifice...

Lyonpeople: Nous vous avons connu dans la petite lucarne aux débuts de T.L.M, vous êtes aujourd'hui l'artiste que l'on reconnaît. Qu'avez vous fait entre ces deux périodes?

Edith Simonnet: Après cette première expérience de télévision à Lyon, je suis repartie à Paris où je me suis inscrite dans un atelier de sculpture pour acquérir les premières bases de la terre cuite, du plâtre, de la taille. Un vrai travail d’atelier avec des modèles vivants, des thèmes imposés. Je suis ensuite allée à Monaco, présenter les journaux de Télé Monte-Carlo, puis j’ai participé à la création de LCI où je présentais les journaux de la mi-journée. J’ai enfin travaillé pour Santé Vie une chaîne câble et satellite du groupe Lagardère où je produisais des émissions psy. Je continuais de sculpter. J’ai ainsi réalisé des trophées pour le Prix Littéraire du Club Med, le Prix du Livre et le Prix du Film Europe 1, ou pour des manifestations plus ponctuelles.


Y a t'il des passerelles entre le journalisme et la sculpture ?

Pour moi il n’y en a jamais eu. J’ai toujours vécu ces deux mondes en parallèle sans aucune connexion. Les journalistes ne comprenaient pas bien comment je pouvais vouloir quitter la télé son lustre, ses paillettes. Et je suis probablement un peu suspecte aux yeux des artistes devenir d’un monde qu’ils jugent superficiel et factice. Ces deux langages font pourtant partie de moi. J’ai autant aimé regarder le monde et tenté de comprendre mes contemporains en étant journaliste, que j’aime aujourd’hui donner vie à mon monde intérieur avec de la terre et des pinceaux.


A quel moment avez vous pensé que le sculpture, et la peinture aussi  d'ailleurs, était la meilleure façon de communiquer?

Je ne sais pas si la sculpture et la peinture sont la meilleure façon de communiquer, mais c’est sans doute le mode de communication le plus proche de ma pudeur. Je n’ai pas réussi, étant jeune, à convaincre mes parents de me laisser faire les beaux-arts, j’ai dû alors me diriger vers un autre métier, mais la peinture et la sculpture étaient déjà là. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours peint, toujours travaillé la terre et le plâtre. C’est une grande chance de pouvoir vivre de ce que l’on aime, une grande source de d’angoisse aussi. Une nouvelle vie a commencé, un grand saut dans le vide, vertigineux et excitant.


L'exposition qui vient de se terminer à  "Création Contemporaine" fut  un véritable  succès, vous y avez travaillé longtemps, comment avez vous vécu ce rendez-vous avec les lyonnais?

J’ai été très heureuse de l’opportunité que m’a offert Gilles Bruyère de pouvoir présenter mes œuvres à Création Contemporaine. C’était l’occasion pour moi de présenter le travail de ces deux dernières années ; quarante-cinq sculptures et peintures dont certaines faites spécialement pour cette exposition. C’est le cas par exemple de ces danseurs en résine qui se suspendent comme les lustres. Ils resteront ici ainsi qu’une série de bronzes tout l'été. C’est toujours un grand tourment pour un artiste de présenter son travail. Comment va t-il être perçu ? Que va t-on entendre le soir du vernissage, vont-ils seulement regarder les œuvres? Ce rendez-vous à Création Contemporaine a été extrêmement chaleureux. Je me suis sentie choyée et j’ai vraiment eu le sentiment d’avoir rencontré les gens, de les avoir amenés vers mon univers tout en allant à la rencontre du leur.


Dans cette expo La Danse occupe toute la scène, pourquoi ?

La danse m’habite depuis que je suis toute petite. Comme la plupart des très jeunes filles de ma génération, j’ai fait de nombreuses années de danse classique, et à dix ans je n’avais qu’un rêve, intégrer l’école des petits rats de l’Opéra de Paris. Je connais et j’aime l’effort, la douleur que l’on impose au corps pour le rendre plus souple plus performant, plus beau. J’aime ce défi permanent à l’apesanteur, cette volonté d’arrêter les élans, de faire durer les sauts; de suggérer le désir, la peur, l’amour, sans qu’aucun mot ne soit prononcé.


Guy Darmet est-il venu voir l'exposition ?

Non mais j'aimerais le rencontrer pour lui dire que je vais aller au bout de cette série de danseurs, enrichir encore mon travail pour  le présenter pourquoi pas à la prochaine biennale. Dans ce sens l’Association des Amis de la Maison de la Danse de Lyon m’a chaleureusement encouragée. Dans l'avenir j’ai également très envie de réaliser des sculptures de plus grand format, mais les entreprises françaises sont très frileuses pour faire confiance à des artistes vivants! Enfin, j’ai en projet une exposition à l’étranger, mais chut c’est encore trop tôt pour en dire plus !
 


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