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29 septembre 2003


De Funès n’est pas mort, je l’ai rencontré !
 

 

De notre correspondant Stéphane Cayrol

 

C’est dans un café-théâtre que j’ai rencontré pour la première fois Alexandre Astier. Il faut dire que ce jeune homme n’était pas même encore comédien, tout juste s’était-il décidé à monter sur une scène pour la première fois de sa vie, en remplacement d’Alain Chapuis, dans la reprise du « Printemps des Bourges », une pièce écrite et montée par Nicolas Thinot et son pote Chapuis en 1997.

 

Un second rôle pour Astier, mais une présence qui laissait déjà deviner quels seraient les ressorts de son art. L’inévitable accent lyonnais, pour commencer, mais pas celui de la mère Cottivet ou des guignoleries qu’on nous sert dans les castelets du coin. Non, son accent à lui, il le mettait déjà au service du beauf universel, celui qu’on rencontre tous les jours dans la queue du supermarché, celui qui poireaute à 9h du matin devant chez Casto pour acheter ses goulottes de 30 millimètres (direct à la zone bâti, hein, je connais la maison!)

 

Passé plus tard à l’écriture de quelques pièces d’humour (et notamment le successful « Poule fiction » au même café-théâtre de la rue des Capucins, « L’étrange assistant du docteur Lannion » qui n’aura vécu que le temps d’un Avignon Off et que les lyonnais regrettent encore ou encore le magnifique « Jour du Froment », gros succès au théâtre de la Croix-Rousse et en diffusion sur TLM), notre Alex se met à la péloche. Non pas par lassitude du théâtre (il dit toujours prendre un énorme plaisir à faire rigoler sur scène), mais surtout parce que le film lui donne enfin la possibilité de (presque) tout maîtriser du processus de création.

 

Alex est comédien, c’est une chose entendue. Son regard, ses mimiques, ses postures, la position de ses sourcils ou son air de se prendre au sérieux, tout en lui déclenche l’hilarité. Alex est auteur, on le sait aussi. Les textes de « Poule » ou du « Jour du Froment », c’est lui. Mais Alex est aussi musicien, compositeur (il sort du conservatoire supérieur), et avec lui ses machines (magnétos, samplers, macintosh) ne rigolent pas tous les jours et ont plutôt intérêt à filer doux. Alors quand il s’agit de donner vie à une idée qui lui trotte dans la tête, le film apparaît naturellement comme le meilleur moyen d’expression. Auteur de l’idée, scénariste, dialoguiste, metteur en scène, réalisateur, comédien, compositeur de la musique et des ambiances sonores, que demander de plus pour personnaliser une œuvre à l’extrême ?

 

Après s’être fait les dents sur un premier court, réunissant une équipe de copains et de nombreuses bonnes volontés autour d’« Un soupçon fondé sur quelque chose de gras » (pas de panique, c’est le titre de ce thriller décalé), Alex passe aux choses sérieuses en mobilisant des moyens techniques et humains plus solides sur le projet « Dies irae » (« Jour de colère », pour ceux qui dormaient pendant les cours de latin ou les Requiems à l’Auditorium). À Saint Quentin-Fallavier, riante petite bourgade survolée par les incessants ballets aériens des vacanciers insouciants (mais bruyants), Alex déniche les ruines d’un château du XIIème siècle, décide que le bruit des avions ne sera que secondaire (son ingénieur du son tentera de l’étrangler plus tard à ce sujet) et se lance au printemps 2002 dans le tournage de ce film court (14 minutes au final) qui démonte sans scrupules le mythe du bon roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Tonde, en définitive de braves gars mais pas bien compétents pour ce qui est de rechercher le Saint Graal. Le décor est planté, les costumes vous mettent dans l’ambiance, l’image est léchée, le montage rythmé, les dialogues ciselés et les comédiens parfaits font le reste.

 

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que j’ai la chance de connaître personnellement Alex et d’avoir passé de nombreux moments avec lui, entre deux émissions. Et que je sens en lui une vraie étincelle, un véritable talent à faire rire, comme d’autres bien plus grands l’ont fait avant lui : je pense à Audiard, De Funès, Clavier dans ses bons rôles. Je pense aussi aux Monty Python, à Terry Gilliam, aux Zucker. Et même si Alex a de qui tenir (sa maman dirige l’Acting Studio à Lyon, son père est un sacré comédien à l’ancienne, et il a été élevé longtemps par Bruno Boëglin, le metteur en scène dont l’alcool n’a heureusement pas eu raison), il sait se forger sa propre personnalité, son propre caractère, ses propres références. Comme tous les marrants sur scène, il ne l’est pas vraiment dans la vie, souvent sur la réserve, entre timidité, méfiance et lucidité. Pas sûr qu’il fasse rigoler toute sa famille pendant les repas de Noël en racontant la dernière blague. Son humour, c’est son boulot.

 

Mais Alex a cet amour profond de son prochain, de celui dont il se moque gentiment et dont il grossit les traits avec l’impression de ne pas assez partager ces moments de délire. Et son carburant, ce qui lui fait penser qu’il y aura toujours de la matière pour alimenter ses délires, c’est ce genre de petit papier retrouvé un matin sur un pare-brise alors qu’un automobiliste s’était posé sans vergogne devant une porte cochère (les fautes sont d’origine) : “Repasser le permis + le code car nous ne payons pas le garage pour vous. Et si on se garait devant chez vous ? Merci ! Enculé” Une tranche de vie, inimitable.

 

Aujourd’hui, tout va bien pour Alex, merci. Son troisième petit vient de naître, son dernier court vient de passer sur TLM et fait le tour des festivals, il reprend « Le Jour du Froment » dans la région cet automne, et il vient de tourner cet été des pilotes pour une série télé basée sur le même univers moyen-âgeux que « Dies irae ». Avis aux acheteurs de programmes, la sitcom est disponible sur le marché. Et puis peut-être que bientôt, le public pourra découvrir un vrai grand film drôle sur un vrai grand écran de cinéma. Et là, plus personne ne dira avec fierté qu’il est lyonnais, ce petit gars. Alors profitez-en maintenant !!!

 

« Le Jour du Froment »

Comédie policière délirante d’Alexandre Astier

Le 3 octobre à 20H30 à Moins – Tel 04 78 21 21 42

Le 8 octobre à 20H30 à Dardilly – Tel 04 78 35 98 03

Le 9 octobre à 20H30 à Arnas – Tel 04 74 65 07 84

Le 10 octobre à 20H30 à Meyzieu – Tel 04 72 45 16 61

 

« Dies irae »

Court-métrage de 14 minutes réalisé par Alexandre Astier

Diffusion dans divers festivals, et notamment au cours de la 24ème édition du Festival du Film Court de Villeurbanne (du 14 au 23 novembre)
 


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