. P E O P L E ... c i t y  

.

MARSEILLE
AVIGNON
TOULON

AIX EN PROVENCE

ANNECY
GRENOBLE
SAINT ETIENNE
VALENCE

 

P E O P L E ... n e w s
Lyonpeople, stars lyon, people, lyon, sortie, restaurant / LES GENS

26 mars 2007


 Marc Lambron : quelques jours chez ma mère
 


 Photo © Jean-Luc Mège

 

Par Nadine Fageol

 

La sémillante Jacqueline raconte Marc. Souvenir d’avant la célébrité, le job au Conseil d’État et l’écrivain dont elle collectionne toutes les éditions en langues étrangères. Entente familiale.

 

Rien à faire ! Cette rubrique est décidemment un exercice de style. Après les rubans de Nicolas Fafiotte et le bain à remous de Georges Blanc, le patron nous offre de l’écrivain d’origine lyonnaise auteur d’un essai sur Ségolène. Mazette. Me voilà, un vendredi soir, dans mes petits souliers à réviser le Lambron dans le texte. Je survole ses tribulations de jeunesse réunies dans « Une saison sur la terre », plonge dans « Mignonne, allons voir… » où comment Ségolène a décroché la timbale tout en salopant le service de Tonton pour finalement me laisser envahir par les follasseries des pépettes de « Sex in the city ». Désolée Monsieur Lambron, mais dans l’épisode, le quatuor regorge de vie. A peine divorcée, la première retrouve de la grâce à son ex sur la commode du salon. La suivante adore aller au lit avec un mignon qui ne connaît plus que la musique une fois en position debout. La plus téméraire badine avec l’amour au féminin, et celle qui, somme toute, nous ressemble le plus, tourne autour d’un gâteau au chocolat, le dénude par petites béquées pour finalement sortir le matériel du tiroir du chevet. On devrait forcer les hommes à regarder « Sex in the City » quitte à user de la corde et du bâillon.



 

Enfin samedi, arrivée chez Jacqueline Lambron, mère de Marc, dans un banal immeuble du sixième. Nul doute, Jacqueline c’est de la vieille dame en or massif, verte encore, coquette en plus, et elle papote, papote. Marc ce n’est pas la même, il sort de la cuisine pas l’air content ou méfiant ? Dans ce cas-là rien d’autre à faire que le dos rond. On laisse le patron bien plus éduqué que moi faire l’entremetteur, et démarrer l’entretien. L’appartement est une jungle de fleurs, vraies et fausses, de tableaux, de dessins d’enfants, de poupées, autant de souvenirs. Dans ce joyeux bric-à-brac Jacqueline raconte, Marc précise, Jacqueline reprend la main… Il était une fois Marc, fils d’une institutrice de la Nièvre et d’un cadre de la Chambre de Commerce prénommé Paul. Enfant rêveur, Marc imagine des trucs invraisemblables. Ainsi, l’immeuble de la rue Garibaldi truffé de médecins, Marc en déduit que chaque immeuble est équipé d’un toubib. Marc va jouer du piano chez Thérèse qui regarde la télévision chez les Lambron. Collectivité, échanges, peut-être un début d’explication à son vote mitterrandien de 1981 ! Autre curiosité : pourquoi sa mère passe ses journées enfermées avec quarante enfants alors que les autres mamans du 6ème ne travaillent pas ? Décrétant que finalement il n’était pas jaloux, il décide de « s’inventer une vie enfantine dans ce monde d’adultes ». Mickey, Spirou, Pilote vont nourrir ses pensées et le Parc de la Tête d’Or son imagination. Du végétal, de l’animal, des serres immenses, le parc devient un terrain de jeu déterminant aussi fertile et fantasque qu’un livre de Jules Verne. En plus Marc a le même âge que Lulu, la dame singe sur son île... D’ailleurs, il s’étonne de cette nouvelle plaine africaine et de déplorer « la disparition des kangourous, des bisons ; j’ai vu un décor high-tech animalier mais pour ce qui est voir des animaux… ». Tintin. Nouveau jeu à inventer ; la veille animalière au Parc de la Tête d’Or ; prévoir casse-croûte, jumelles laser et GPS !

Revenons à notre mouton. Un tantinet inquiète, Jacqueline se demande s’il n’y aurait pas de la graine de paresseux dans son rejeton. Zou, elle colle Marc à la musique, le solfège pour astiquer la mémoire et la flutte traversière à longueur de répétition. « J’ai été éduqué au pipeau dans le sixième, un quartier au curieux urbanisme décrété géométrique au mystère entretenu derrière les rideaux ». Du rêve enfantin, de la rigueur maternelle en milieu urbain, ça vous donne du Lambron gentillet folasson, raide dingue des Seventies. Flutte, BD, piano… l’ado chevelu - superbe la photo de Lambron en Mike Brant sur la deuxième de couverture d’« Une saison sur la terre » - développe une impressionnante culture musicale rock. En atteste sa collection de disques répertoriant le meilleur des Beatles, Pink Floyd, Gainsbourg… Un trésor. « Mon mari disait : fais-lui confiance ! On l’a laissé vivre… il avait de telles exigences ! ». Marc joue de la batterie dans un groupe, veut aller voir les Pink Floyd, devient animateur fort rémunéré d’une toute nouvelle émission pour enfants sur France 3 et se trouve totalement humilié quand France 3 Marseille le botte en touche en inventant « Casimir ». « Temporairement riche », le jeune intermittent du spectacle disparaît en voyage. Il est en Turquie quand survient la guerre avec Chypre. Pas un mot, pas un son… Marc a disparu. Papa préposé à rassurer une maman aux cent coups. Enfin il se manifeste : « J’ai rencontré une fille dans l’avion, je reste à Paris ». Signe précurseur, une mention TB au bac, Marc s’installe pour de longues études intelligentes à Paris. Khâgnes, Hypokhâgnes, Normale sup, Marc adore l’idée d’apprendre en étant payé. Le plaisir gouverne ses envies, tout doit rester plaisir. Aussi quand il se met au travail, c’est dans l’idée de ne pas se sentir obliger d’écrire. Surtout ne pas être écrivain pour vivre, être « otage du livre à faire ». Maintenant, comme conseiller, il se frotte à la réalité au Conseil d’État, s’évade dans l’écriture mitonnant ses portraits de femmes lors de paresseuses rêveries ou de constructifs échanges au jardin du Luxembourg et, resté fidèle aux belles années, il embarque régulièrement sa nichée voir « les dynausores » à Bercy.  Croyez-en Lambron « toutes les époques sont belles ». À Lyon, Madame mère savoure, récolte le succès en cartons d’invitation. La dame aime tout le monde, formidable apanage de la sagesse ! On connaît maintenant la raison du Lambron bougon à notre arrivée : on l’a surpris en plein mâchon : saucisson-soda. Dérive parisienne probablement.
 


Réagir à
cet article


A suivre,
 La dernière traversée de Christian Chauvet
 

Marc Lambron
 

 

 

 

 


Le café réchauffé
c'est terminé !
Cliquez ici