gg_baltrap Dans la ligne de tir de Gégé : Nathalie Gilbert Perrin et Pierre-Alain Muet – Photo © Marco

 

Par Philippe Dibilio

 

A quoi aura servi le congrès de Reims ? Sans aucun doute à compliquer la vie du PS en général et celle de Gérard Collomb en particulier. Compliquer la vie d'un PS qui s'est mis en danger au travers de ces combats fratricides déballés sur la place publique sans retenue et qui a donné les rênes du parti à Martine Aubry, une première secrétaire conduisant un attelage improbable et sans avenir.

 

A compliquer la vie de Gérard Collomb qui aura vu des élus qui lui doivent beaucoup le lâcher à Reims même si leur position dans le Rhône est moins tranchée. Il aura connu la rupture, cette fois publiquement consommée, avec Nathalie Perrin, maire du 1er arrondissement, qui s'est définitivement engagée dans un parcours individuel pour son avenir, avec en ligne de mire les municipales de 2014. Rupture également très avancée avec le maire du 4ème, Dominique Bolliet. Quant à Pierre-Alain Muet, député de la 2éme circonscription, son soutien à Delanoë n'ira peut-être pas au delà du congrès car il devrait rejoindre le camp Royal encore que le contexte peu favorable à celle-ci pour l'emporter risque de le faire réfléchir. Car Muet est un « enfant » de Jospin, c'est d'ailleurs pour ça qu'il s'est retrouvé sur la liste de Collomb en 2001, le maire de Lyon l'ayant accepté pour avoir le soutien de Lionel alors premier secrétaire du PS en vue de sa candidature comme tête de liste aux municipales d'alors. L'homme, qui fût du staff de Royal pour la présidentielle doit être aujourd'hui tiraillé car Jospin agît en faveur de Martine Aubry. Bref, l'exemple type du militant socialiste empêtré dans ce combat de chef avec 2012 pour perspective. Seule consolation pour le maire de Lyon, le climat semble pacifié en vue de l'élection du secrétaire départemental, le nom de Jacky Darne semblant faire office de synthèse. Des poids lourds de la motion Delanoë comme Christiane Demontès ou Yves Blein ayant rejoint son camp. Une situation néanmoins toujours compliquée qui repousse toute fois à plus tard les règlements de compte qui ne manqueront pas d'intervenir au lendemain de cet épisode meurtrier. Encore qu'il ne faille pas s'attendre à un balltrap géant mais plutôt à quelques coups de dagues très florentins et un peu de poison répandu dans les verres des intéressés sous forme de projets retardés ou de crédits oubliés.