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La tribune libre de Justin Calixte

Ouf ! Nous voilà un peu rassurés ou plutôt un peu soulagés. Encore que ! Après s’être bien fait peur, vous allez voir que nos édiles, quel que soit leur clan vont nous expliquer que nos malheurs viennent des autres et jamais d’eux-mêmes. Avec quelques circonvolutions et quelques règlements de comptes fratricides, sans doute, mais vous verrez… chez ces gens là, on ne doute pas, Monsieur… On sait !

Bien sûr, les responsables ne manquent pas. On ne dira jamais assez de mal de nos politiques, hommes et femmes, de droite et de gauche, sans vision et sans courage, essentiellement préoccupés par leur ego, leur carrière et leurs privilèges, des « sert-à-rien » comme disent les jeunes qui ne votent plus, des baudruches cyniques et incapables – en tout cas impuissantes – qui ne  pensent qu’à pêcher des électeurs plutôt qu’à sortir la France de l’ornière dans laquelle ils l’ont fourvoyée.

Bien sûr, il faudra se souvenir des règnes nuisibles puis inutiles de Mitterrand et Chirac ;

Bien sûr, il conviendra d’agonir de reproches Nicolas Sarkozy qui, ayant été incapable de tenir des promesses trop grandes pour lui, a dévasté une Droite déjà bien ébranlée par son prédécesseur Jacques Chirac.

Bien sûr, il faudra accabler ce pauvre Hollande, mystificateur sans génie, dont les promesses toutes tombées à l’eau ont désespéré, non seulement Billancourt, mais aussi l’ensemble des fiefs historiques de la Gauche. Au point qu’il ne reste que quelques ayants droits socialistes et quelques bobos ignares pour le soutenir. Ces deux là, en créant de telles frustrations, de telles déconvenues, de tels espoirs déçus, on détruit les digues qui bloquaient le vote du Front National.

Bien sûr, il faudra fustiger nos élus locaux qui traficotent  les marchés publics, qui casent leurs rejetons incapables ou ceux de leurs amis dans de vagues services des collectivités territoriales complaisantes, qui distribuent les appartements à loyer modéré à d’autres en échange de services rendus, qui ne savent pas ce que c’est que de payer une place de parking, une place de spectacle ou même une place au stade…

Bien sûr, il faudra condamner l’inculture, l’inconséquence et le panurgisme de nos journalistes de pacotille, gavés à la bouillie soixante-huitarde, prêts à servir immuablement de porte-coton à une gauche déconnectée des réalités et pourtant définitivement déconsidérée. Comment leur faire comprendre que leur obstination à catéchiser les exclus d’un système à bout de souffle  ne faisait qu’exacerber leurs  frustrations et en faisait des moutons enragés, électeurs du Front national ?

Bien sûr. Bien sûr.

Mais, il faudra se garder d’oublier tous ces personnages de la haute fonction publique, de la haute administration issus des Grands Corps (malades) d’Etat, de technocrates boursouflés de certitude et de vanité qui squattent les cabinets de nos ministères comme les collectivités locales ou pantouflent dans des « comités Théodule » et des barnums institutionnels. À l’éducation nationale, à la culture, à la justice, dans les organismes sociaux, ce sont eux qui préparent les dossiers jamais à court d’une élucubration ou traînent des pieds lorsqu’un élu, pour une fois imaginatif ou ayant un brin de bon sens, les incite à se reconnecter au monde réel.

Ce sont eux qui ont imaginé une justice préférant les coupables aux victimes ;

Ce sont eux qui ont financé les débilités de l’art dit contemporain ;

Ce sont eux qui ont promu la théorie du genre à l’école ;

Ce sont eux qui nous ont fabriqué des générations d’analphabètes ;

Ce sont eux qui nous ont concocté les ghettos banlieusards aujourd’hui responsables d’une grande partie de nos maux ;

Ce sont eux qui voyagent en première classe oubliant que leurs vertigineuses notes de taxis et de restaurants sont payées par nos impôts ;

Ce sont eux qui nous ont réinventé un pays dont le peuple ne voulait pas,

Ce sont eux qui, protégés par leur fonction et par leur goût de l’autarcie ont préparé des lois qui heurtent le bon sens.

Le Front National, même s’il devait prendre un jour  le pouvoir, ce qu’à Dieu ne plaise, devrait faire avec eux. Si un jour, il faut vraiment couper des têtes, même si je pense que ça n’a jamais été la bonne solution, il faudra commencer par eux. Et surtout ne nous faisons pas d’illusions, la famille Le Pen et ses alliés feraient exactement la même chose que ceux qui les auraient  précédés. Le pouvoir, surtout lorsqu’il s’éternise engendre toujours le népotisme et la corruption. C’était vrai en Mésopotamie, en Égypte, chez les Grecs, chez les Romains, chez nos rois – n’en déplaise à Marco – et même pendant la Révolution. Et bien sûr après ! C’est toujours vrai aujourd’hui … Ici et là. Mais aussi ailleurs…

Une seule solution : limiter de façon drastique la durée des mandats pour les élus et ramener régulièrement à la raison nos élites « énarchiques » ou « polytechnichiennes » auto-satisfaites.

Enfin, moi ce que j’en dis… Vous en faites ce que vous voulez ! Pour ma part, je retourne cultiver mon jardin. Je n’ai plus l’âge.