L'avocat lyonnais Philippe Genin s'est engagé aux côtés de Dominique Perben dans la campagne des municipales au point de devenir porte-parole de l'association Lyon Nouvel Horizon qui regroupe les partisans de l'ex-ministre. Il a même consigné dans un livre récent ses envies et ses propositions pour Lyon. Et vlan ! Voilà qu'il réalise, au lendemain de l'accord entre Perben et les anciens millonistes, qu'il devra, en cas d'élection, siéger avec Amaury Nardone et à cela il ne peut se résoudre. Quelle découverte ! Depuis qu'il a annoncé sa candidature  Dominique Perben  a fait connaître son souhait de rassembler la droite sur sa liste. Et la droite à Lyon passe par les millonistes qui ont composé le groupe d'opposition à Gérard Collomb le plus dynamique durant tout le mandat. C'est d'ailleurs eux qui amènent aussi l'essentiel des éléments de programme pour l'ex-ministre. De tout cela Philippe Genin ne s'était pas aperçu. Il était venu avec Perben un peu par dépit vis à vis de Collomb à qui il reprochait de ne pas avoir suffisamment pris au sérieux son idée de Tribunal International de l'environnement et certainement par estime pour Perben qu'il avait connu ministre de la Justice alors qu'il était lui bâtonnier à Lyon. Aujourd'hui il s'efface et reste sur la liste en position inéligible par correction. On retrouve bien là les errements de ces gens de la société civile qui s'engagent en politique en feignant d'en ignorer les règles et qui, une fois devant les réalités, n'ont d'autres choix que de s'écarter. Philippe Genin n'est pas le premier et ne sera sûrement pas le dernier, il faut s'y faire.

 

Fuite Contrairement à toutes les annonces faites, Nicolas Sarkozy ne s'est pas rendu dans une entreprise de Brignais à l'occasion de son passage à Lyon. Problème de temps dit la source officielle, le député Gilloteau lui avait demandé de ne pas y aller dit une autre rumeur (c'est lui donner beaucoup d'importance) ou bien est-ce à cause de la présence de manifestants, pourtant bien élevés et polis, opposés au passage de différentes voiries dans les Monts du Lyonnais. Chacun peut choisir sa thèse mais peut-être s'agît-il simplement d'une modification du style Sarkozy jugé trop direct, trop pressé, trop exposé. Nous arrivons sans doute au terme de la période du Sarko virevoltant pour retrouver un Président de la République au style plus traditionnel.

 

Actualité J'ai beaucoup aimé le titre de Challenges de cette semaine : « Marx : une analyse toujours actuelle ». Au moment, en effet, où le philosophe revient dans l'actualité (Jacques Attali lui a consacré un ouvrage très intéressant l'an dernier) il est utile de rappeler que son œuvre tient d'abord par son analyse du capitalisme et non par l'instrumentalisation qui en a été faite. Car si Marx s'est toujours confronté à la réalité y compris à travers une certaine forme de militantisme, s'il a appelé à la changer, il n'a pas construit de modèle alternatif. C'est bien là l'erreur du mouvement communiste en particulier que d'avoir cherché des réponses là où il n'y avait que questions. L'éclairage de Marx, son analyse, ouvraient des pistes qu'il fallait transposer dans la réalité et non rêver de les appliquer comme un kit révolutionnaire. Ce qu'exprime bien Pascal Lamy (directeur de l'OMC) en déclarant « Si l'on veut analyser le capitalisme de marché mondialisé, l'essentiel de la boite à outils intellectuelle réside dans ce que Marx a écrit ». Oui, c'est bien de boite à outils dont il s'agit.  Il faut aussi garder à l'esprit que Marx est allé de la philosophie à l'économie qu'il a méticuleusement essayé de comprendre. Ce n'est pas un hasard s'il a mis vingt ans à écrire « le Capital », ouvrage non achevé d'ailleurs. De cette économie capitaliste alors en plein essor, il a identifié quelques leviers que nous voyons encore vivre sous nos yeux. L'accumulation primitive (et brutale) du capital, regardons la Russie d'après Gorbatchev, la baisse tendancielle du taux de profit qui booste la course aux délocalisations. Aussi je partage ce propos de Pierre Rosanvallon : « la gauche devrait redevenir marxiste pour décrypter avec précision les nouveaux modes de production et d'organisation ».

 

Emotion En tout cas c'est toujours avec émotion que je vis ces moments de réhabilitation de Marx. J'ai toujours trouvé injuste que son travail intellectuel ait, par souci de propagande d'ailleurs, été réduit à des pratiques plus que postérieures à sa propre existence. Marx était mort depuis longtemps lorsque sévissait Staline et il n e fût pour rien dans la conduite de la Révolution d'octobre. En revanche j'ai beaucoup aimé ces années 60/70 où les idées marxistes étaient au cœur d'une confrontation d'intellectuels dont certains communistes. C'était, il est vrai le temps du PCF « intellectuel collectif » comme on disait. Il est mort dans les années 80 avec la main mise sur l'appareil par Georges Marchais, l'anti- intellectuel par excellence. Il n'est d'ailleurs pas un hasard si à l'occasion des vingt ans de sa mort la télévision lui ait consacré des émissions. Excellent pitre du petit écran il réussi une chose : liquéfier le pc.

 

Discrétion Visa et Morgan Stanley vont commercialiser en février une carte avec une capacité de crédit de 200 millions de dollars. La cible ? 300 milliardaires. Si parmi eux se trouvent quelques Lyonnais, amis de Lyon People bien sûr, ils ne se feront pas certainement pas connaître  au nom de la grande discrétion lyonnaise. Sauf peut-être dans quelques pince-fesses en ville.