cochet Par Saint Pothin

 

Tout le problème avec l'UMP, c'est qu'ils se croient (presque) tous obligés de faire comme leur chef. Avec (souvent) le talent en moins… Là où cela se gâte, c'est quand il devient difficile d'identifier qui est le chef dans un rayon de plus de deux stades !

 

Vous vous souvenez d'une publicité des années 80. Le Monsieur Plus de Bahlsen. Celui qui, d'un coup de coude, mettait plus de cacahouètes, de chocolat ou de noisettes dans les gâteaux. Eh bien, à l'UMP du Rhône, ils ont aussi leur Monsieur Plus, Philippe Cochet. Et il a, depuis quelques années, le coude fort alerte à défaut des coudées franches ! Cela a commencé par sa fronde, style lance-pierre, contre les "petits maires" du Val de Saône. Elus divers droite, ils avaient eu l'outrecuidance de soutenir Gérard Collomb au Grand Lyon. Monsieur Plus a alors menacé de leur faire mordre la poussière (les poussières même) aux municipales pour crime de haute trahison envers la droite. Comme un boomerang, il s'est alors pris le râteau électoral dans les dents – et dans les urnes ! Ces "petits maires" ont montré qu'ils étaient petits mais costauds dans leurs communes. Toutes situées sur la circonscription de Monsieur Plus. Loin de faire amende honorable, Monsieur Plus se répand dans la presse estimant que son (éphémère) poste de secrétaire général adjoint de l'UMP fait de lui un homme plus puissant "qu'un ministre ou qu'un secrétaire d'Etat". On sait ce qu'il en est advenu de Cochet. Il a tenu dans cette fonction moins de temps qu'un sous-secrétaire d'Etat. Depuis, il propose dans Lyon Capitale d'avril de prendre Lyon en tenaille, tout seul, ce qui va nécessiter à la fois dextérité, technicité et des outils du catalogue des objets improbables.

 

Son dernier coup de coude remonte à quelques jours. L'UMP installe place Bellecour une caravane (il avait pensé au départ à une tente, mais son côté Don Quichotte l'en a empêché) pour les élections européennes. Drôle d'idée de se planter dans cet endroit fort prisé par les multiples manifestations qui jalonnent les rues de Lyon en cette veille de mai. Bref, la caravane est encerclée par des manifestants étudiants et les militants pris à partie verbalement. Un œuf vole. Pour Cochet, c'en est trop ! L'encerclement se change en Camerone, les étudiants en dangereux gauchistes cagoulés, l'œuf en tabassage. Il se répand. Mag2Lyon reprend in petto l'information, sans même la vérifier comme quoi il n'y a pas que des surprises dans cette histoire ! Xavier Bertrand, patron national de l'UMP, est averti. Et comme on sait qu'il en vaut deux, il lance le scoop en direct sur RTL. Le buzz était parti ! Lyon est aux mains des barbares… Avant que le président de l'UMP national ne s'aperçoive, rapport du Préfet et vidéos des Jeunes Populaires en main, qu'il s'était laissé berné par un Cochet Monsieur Plus. Quelques minutes plus tard, l'intervention sur les ondes de RTL était retirée du site internet de la station, à la demande de Xavier Bertrand.

 

Cochet ambitionne aujourd'hui de devenir le patron du Grand Lyon, voire grand patron de Lyon. On dit qu'il s'y prépare avec application, sa délégation aux grandes métropoles au sein de l'UMP nationale devant lui servir de marche pied vers le trône. Dans les salons cosy de la place de la Comédie, il se dit même qu'il prépare avec implication sa délégation au grand monopole vers un trône à la truc. Mais bon ! Président de l'UMP départementale depuis quatre mois, il avait promis du changement. A la Monsieur Plus. Sauf que le coup de coude s'est transformé en vulgaire soufflet. Et le soufflé est retombé. Comme avant, l'UMP vivote sur ses noisettes du passé, sans ambition autre que celle de terrasser un vaillant dragon, Gérard Collomb au mieux de sa forme dans les sondages. Pour réussir le pari, il faudra que Cochet apprenne que communication ne veut pas dire brutalité. Et coup de coude ne rime pas avec coup de menton. Si Sarkozy s'est imposé par la force, il faut bien reconnaître qu'il y avait du talent (et du travail) derrière son ambition. Cochet manque encore de l'essentiel pour lui arriver au coude !