01 La banque va détenir 100% de leur capital et va rayonner de Strasbourg à Avignon. Gérard Lignac, le puissant patron de l'Est Républicain, que certains présentaient comme le «papivore» de l'Est de la France, après avoir racheté à Dassault, les journaux du Centre-Est de la France, à savoir Le Progrès et le Dauphiné Libéré en région Rhône-Alpes et Le Bien Public de Dijon et le Journal de Saône-et-Loire, en région Bourgogne, va céder la totalité de ses parts au Crédit Mutuel.

La participation de la banque fédéraliste, qui a déjà mis beaucoup d'argent dans les quotidiens bourguignons et rhônalpins, va passer de 49% à 100% dans le capital de ces journaux. Le temps du franchissement des étapes juridiques, notamment le feu vert des instances de contrôles de la concurrence, et tout donne à penser que c'est à l'horizon de début 2010 que le Crédit Mutuel sera définitivement le seul actionnaire des journaux du groupe Bourgogne – Rhône-Alpes, qui avaient été acquis par Gérard Lignac avec la constitution du groupe EBRA (Est Bourgogne Rhône-Alpes).

  Si la main mise du Crédit Mutuel sur la presse quotidienne de l'Est de la France a été enclenchée, c'est tout simplement parce que le groupe Hersant, qui avait contesté les conditions d'augmentation de la part du capital de la banque fédéraliste dans le groupe EBRA, et à qui la justice avait d'ailleurs donné raison, a finalement décidé de ne pas aller plus avant dans le contrôle des journaux de l'Est de la France. Le groupe Hersant ayant pris la juste mesure de la crise qui affecte la presse quotidienne régionale. Le rachat du groupe Bourgogne Rhône-Alpes par le Crédit Mutuel va lui permettre «de transformer des créances en élément patrimonial» a annoncé, le quotidien L'Alsace, dès mardi après-midi. Le quotidien L'Alsace était déjà propriété du Crédit Mutuel, tout comme le Républicain Lorrain.

  Désormais, le Crédit Mutuel va régner sur toute la façade Est de la France, à l'instar de ce qu'est le quotidien Ouest-France sur la façade atlantique. Entre ses participations dans le groupe de l'Est Républicain, qui outre le quotidien possède par ailleurs des hebdomadaires, et sa prise de contrôle du capital du Journal de Saône-et-Loire, du Bien Public, du Progrès et du Dauphiné Libéré, le Crédit Mutuel va régner de Strasbourg aux portes d'Aix-en-Provence. Le Crédit Mutuel sera en effet à la tête ou dans le capital des journaux dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Moselle, de le Meurthe-et-Moselle, du Doubs, de la Haute-Saône, du Jura, du Territoire de Belfort, de la Côte-d'Or, de la Saône-et-Loire, de l'Ain, du Rhône, de la Loire, de la Haute-Loire, de l'Isère, de la Haute-Savoie, de la Savoie, des Hautes-Alpes, mais aussi du Vaucluse…

L'entrée en force et totale de la banque fédéraliste dans les quotidiens du groupe Bourgogne Rhône-Alpes devrait s'accompagner d'une cure d'amaigrissement. Comme le prévoit la loi sur la presse, une période de trois mois à six mois devrait être ouverte pour permettre aux journalistes de faire valoir leur clause de conscience, au regard du changement de capital de leur entreprise. Dans le département de Saône-et-Loire, les départs attendus ou escomptés pourraient être de douze à quinze. Selon nos informations ces départs ne seraient pas tous compensés. Au Bien Public, une petite dizaine de journalistes pourraient faire jouer leur clause de conscience. Sur la région Rhône-Alpes, entre Le Progrès et le Dauphiné Libéré, une quarantaine de journalistes devraient en faire de même.

 

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