palais-de-justice Photo © Fabrice Schiff

 

L'association « Vivre au Vieux-Lyon » met sur la sellette le projet le projet de réhabilitation du palais de justice. « Tout a été fait dans les règles » répondent les architectes et le Département, co-propriétaire du monument.

 

palais-2 Ce qui fâche : un bandeau vitré tout le long du palais de justice, sur les deux côtés latéraux, rues de la Bombarde et du Palais de justice, créé à la faveur d'une surélévation du monument historique classé. Pour l'association « Vivre au Vieux-Lyon », le bandeau est disgracieux et la surélévation porte « gravement atteinte à l'esthétique d'un des plus beaux monuments du quartier ». Voire « le saccage ». Inauguré en 1847, le palais de justice, est une œuvre de Louis-Pierre Baltard, le père de Victor Baltard. Forte de son analyse, l'association lyonnaise a interrogé très officiellement l'Unesco, le palais de justice, siège de la cour d'appel et de services du Département, se trouvant dans le périmètre protégé du patrimoine mondial de l'humanité. Résultat : le directeur du centre du patrimoine mondial vient de rappeler à la France qu'elle « se doit de l'informer de tout nouveau projet susceptible d'altérer l'intégrité et la valeur universelle exceptionnelle du site ». « L'Unesco n'a pas à être prévenue ! » estime de son côté Pierre Jamet, directeur général des services du département, copropriétaire, avec l'Etat, du bâtiment. Le bras droit de Michel Mercier assure que la réhabilitation s'est faite avec l'accord de l'Inspection générale des Monuments Historiques. Le permis de construire délivré par l'Etat, n'a fait par « ailleurs l'objet d'aucun recours », précise Gaël Robin, architecte du Patrimoine. L'association « Vivre au Vieux-Lyon », persiste à penser que le bandeau vitré dénaturera le bâtiment, et se « verra depuis Fourvière ». « Faux » répond Denis Eyraud, architecte du projet. Il permettra bien au contraire « de supprimer sur le toit, les lanterneaux disgracieux existants et visibles depuis Fourvière ». Pour Lionel Vaganay, président de l'association, il y aurait « un poids et deux mesures » : alors que « les habitants n'obtiennent jamais d'autorisation pour installer des fenêtres sur leur toit ! » « Et pourquoi pas aussi rehausser de 50 cm tous les toits du Vieux-Lyon !? » L'affaire fait en tout cas déjà suffisamment de bruit pour que la mairie du 5ème organise une réunion en mairie annexe du Vieux-Lyon en présence des associations, des architectes et des représentants du ministère de la justice.

 

Sophie Majou – Le Progrès du 6 juin 2008