Par Marco Polisson

L’affaire de la barbouze socialiste Alexandre Benalla qui empoisonne depuis trois jours l’Elysée et le gouvernement n’est pas une affaire d’état. Mais Gérard Collomb est contraint de la traiter avec le plus grand sérieux.

Collé comme un collégien ! C’est la seconde fois que Gérard Collomb est privé de sortie hebdomadaire par le Premier ministre. Condamné à camper ce week-end place Beauvau pour cause d’affaire Benalla. A moins d’être complètement déconnecté (ce qui n’est pas forcément plus mal), difficile de ne pas imprimer le matricule de ce trouble personnage, passé en l’espace d’une journée, de l’anonymat à la célébrité. Pour de mauvaises raisons.

Chargé de mission à l’Elysée auprès du président de la République et chargé de sa sécurité pendant la campagne, l’homme a tout d’une barbouze.

Il est accusé d’avoir molesté un manifestant lors des manifestations du 1er mai… alors qu’il était en stage d’observation avec les CRS chargés du maintien de l’ordre. Les commissaires politiques du Monde reprochent à l’exécutif (à savoir le ministre de l’intérieur, le premier ministre et le président de la république) de ne pas avoir prévenu la justice de ses agissements… Voilà ce qui est censé constituer une affaire d’état ! L’ancien maire de Lyon se retrouve en première ligne à l’insu de son plein gré.

Peut-on reprocher à Gérard Collomb les mauvaises fréquentations du président Macron ? Assurément, non. Est-il responsable des agissements d’un salarié de l’Elysée ? Factuellement, non. Peut-il servir de fusible pour sauver son ami Emmanuel ? Tout dépendra de la tournure que prendra l’affaire et de ses auditions devant les députés lundi matin et les sénateurs mardi après-midi. Des auditions qu’il a préparées avec les membres de son cabinet et en déjeunant avec Emmanuel Macron, ce week-end…. à Paris.

L’affaire montée en épingle par les médias nationaux et instrumentalisée par l’opposition – c’est de bonne guerre – est trop sensible pour que l’ancien maire de Lyon parte en week-end à Megève comme si de rien n’était.

Attendu ce samedi 21 juillet 2018 dans la station haut-savoyarde à l’occasion du « Gentleman Pétanque des lyonnais de Megève », Gérard Collomb se faisait une joie d’honorer de sa présence cet évènement auquel il est fidèle depuis une quinzaine d’années. Créé par Roger Caille, le tournoi est le rendez-vous mondain alpin de l’été des décideurs lyonnais. On y croisera cette année Richard Brumm, premier adjoint du maire de Lyon chez qui Gérard et Caroline Collomb devaient résider ; Christophe Guilloteau, président LR du Département du Rhône ; Emmanuel Imberton, président de la CCI au milieu du gratin lyonnais (le millionnaire Norbert Dentressangle ; l’ancien président du MEDEF Bernard Fontanel … et bien d’autres).  Les parties démarrent à 10h sur le terrain de la patinoire et se concluent par la finale et la remise des prix au Délicium. Sans Gégé, cette année.

Gérard Collomb entouré de Jean-Philippe Caille, Hugues Ducrot et Jean-Michel Abou, les organisateurs du Gentleman Pétanque des lyonnais de Megève en 2015