Michel Havard et ses soutiens à bord du Riva, quai Sarrail – Photo © Marco

Par Benjamin Solly

Offensif et déterminé, Michel Havard demande « solennellement aux Lyonnais de ne pas interrompre la dynamique » qui pourrait l’emmener jusqu’à l’Hôtel de Ville en mars 2014.

Après « la surprise » du ralliement d’Emmauel Hamelin et Nora Berra à la candidature de Georges Fenech, son adversaire au deuxième tour des primaires UMP de Lyon, Michel Havard a appelé les Lyonnais à ne pas céder à la stratégie mise en place par le trio.

« J’y ai vu la main de Paris, mais les Lyonnais ne sont pas dupes. Ils sont très nombreux à me le dire. Je sens se déployer dans la Ville une résistance lyonnaise devant ce poids institutionnel qui s’immisce dans la campagne des Primaires. » 

Remonté, Havard refuse pourtant le terme de « traitrise » à l’évocation du choix fait par Hamelin et Berra. « Nous avions convenu après le 1er tour de faire l’union des élus lyonnais », dévoile-t-il.

Mais le leader de l’opposition municipale sait aussi cogner lorsqu’il reprenant un verbatim d’Emmanuel Hamelin paru dans l’édition du 16 mars 2013 du Monde. « Les Lyonnais ont toujours voté pour un Lyonnais, confiait à l’époque Hamelin. Il est nécessaire de ne pas renouveler l’erreur de Perben. Le parachutage de Georges Fenech en ferait un boulet pour la campagne. » 

Le temps de l’acrimonie passé, Michel Havard dénonce une erreur stratégique majeure des deux élus . « Je suis le mieux placé pour battre Gérard Collomb. car après avoir rassemblé notre camp, il faudra rassembler la famille des centristes et j’ai le sentiment que la vision humaniste que je défends est la plus à même de faire l’union. » 

Michel Havard 3Havard « l’humaniste » contre Fenech « le sécuritaire », la dualité est un peu simple mais il s’agit là du premier vrai distinguo des primaires de l’UMP. Les Lyonnais feront donc dimanche un choix qui répondra moins a des logiques de personnalités qu’à une vraie direction politique.

C’est cette fibre lyonnaise que veut faire vibrer Havard chez ses potentiels électeurs du 2e tour. « Le matin, je me lève à Lyon, je bois mon café à Lyon, je rencontre des Lyonnais, je travaille dans cette ville, je me couche dans cette ville », égrène-t-il, sincère.

Celui qui assure « vouloir toucher le coeur des Lyonnais » a tranché. « Je veux gagner cette primaire sans perdre mon âme », assure-t-il. Une référence à la célèbre phrase de Michel Noir« il vaut mieux perdre une élection que perdre son âme. » Ce dernier a pourtant choisi jeudi de soutenir Georges Fenech.