Par Marc Polisson

Soutenu par l’ensemble de la presse écrite et audiovisuelle, Emmanuel Macron n’a cependant jamais réussi à investir le nouveau monde de l’information : le net.

Les observateurs sont unanimes : sur la toile, les deux grands gagnants de la présidentielle se nomment Jean-Luc Mélanchon qui a fait de la chaîne YouTube le lien direct avec ses électeurs, lui permettant de délivrer son message politique sans le filtre des télés d’information continue acquises à l’ancien ministre de François Hollande et Marine Le Pen qui a investi les réseaux sociaux avec une efficacité redoutable. Qu’il s’agisse de Fdesouche, de Hollande dégage et ses 830 000 folowers ou de la gauche m’a tuer, tous les blogs souverainistes et anti-Hollande relaient positivement sa campagne.

Il n’est pas nécessaire de posséder une licence es médias ou de sortir de Sciences Po pour comprendre le phénomène. N’ayant pas accès – hors campagne électorale – aux médias traditionnels qui « les ostracisent et les stigmatisent », les nationalistes de MLP ont trouvé refuge sur le web. Le phénomène est tel que deux journalistes lui ont consacré un ouvrage qualifié « d’objectif » par les principaux intéressés.* Et nos confrères d’expliquer que leurs blogs seraient restés peu ou prou confidentiels sans la viralité démultiplicatrice des réseaux sociaux. C’est ainsi que selon Mediapart, les sites Egalité et réconciliation (8 100 000 visites mensuelles) et Fdesouche (4 500 000 vm) trustent les deux premières places des sites politiques français ayant le plus d’audience sur le web.

Parmi les plus actifs, la page FB de Damoclès a récemment cartonné en dupliquant la page Facebook d’Olivier Mathiot. On y voit le fils du co-fondateur de priceminister.com tirer à l’arc sur une affiche de Marine Le Pen… Un appel au boycott a été lancé et le site d’e-commerce est désormais trollé par les internautes.

Cette puissance de feu combinée à une volonté manifeste de mettre les rieurs de leur côté a permis aux partisans de Marine Le Pen de gagner la bataille du net pour l’élection présidentielle. Après avoir taillé un costar d’anthologie à François Fillon, jamais leurs infographistes n’ont fait preuve d’autant d’imagination pour brocarder un candidat. C’est à qui sortira le meilleur visuel, partagé des dizaines de milliers de fois. Le candidat en Marche n’a pas attendu l’épisode Whirlpool pour se retrouver lessivé. Ses équipes web n’ont jamais pu tenir la distance, alors même que la famille Le Pen est une source inépuisable de caricatures très réussies… dans la presse papier.

* « La Fachosphère » de David Doucet et Dominique Albertini – Flammarion

Voici le best of des anti-Macron sur la toile.