Photo © Fabrice Schiff

Par Benjamin Solly

En février, le mensuel Le Point révélait l’existence d’enregistrements de Nicolas Sarkozy et ses conseillers, réalisés à leur insu par Patrick Buisson.

Le Canard Enchaîné et Atlantico, qui ont eu accès aux bandes, publient sur les leurs supports respectifs les morceaux choisis de ces entrevues privées. Plusieurs documents sonores sont ainsi dévoilés, dont une conversation entre l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et le publicitaire Jean-Michel Goudard. Dans la voiture qui les ramène de Versailles, où les deux hommes assistaient à une réunion stratégique aux côtés de Sarkozy, ses conseillers et son épouse Carla le 26 février 2011, les deux hommes refont le match du gouvernement Fillon.

Un jeu de massacre dans lequel Buisson a vraisemblablement cherché à faire débarquer de la place Vendôme Michel Mercier, alors Garde des Sceaux. « Bon… j’ai pas réussi à entrainer la tête de Mercier », semble-t-il regretter. « Mercier. Oui pourquoi ? Parce qu’il est trop gentil avec les magistrats », réplique Goudard. « Non, mais il est totalement calamiteux », embraye le directeur général de la chaîne Histoire. Relancé par son interlocuteur, évoquant des ministres plus calamiteux que Mercier dont Roselyne Bachelot, Buisson porte alors le coup de grâce : « Oui mais elle arrive à construire des phrases et elle articule. »

De la « basse cuisine » pour Michel Mercier

« Je prends ces enregistrements pour ce qu’ils sont. C’est quand même de la basse cuisine et c’est quand même très triste de voir des gens qui avaient reçu la confiance du président de la République en faire ce qu’ils en font. Après, qu’il me trouve trop gentil avec les juges, c’est plutôt un compliment, je n’ai jamais cherché à influencer les magistrats dans leurs décisions. Et jamais le président de la République ne m’a demandé de le faire. Ce qui est grave, c’est d’enregistrer des conversations avec le président de la République » , a réagi Michel Mercier mercredi matin sur l’antenne de BFM TV.