Par Marc Polisson

Gérard Collomb à peine installé place Bauveau que déjà ça grenouille de toute part autour de ses mandats lyonnais ! La droite rêve de remporter le gros lot.

Comme annoncé sur notre antenne, le fauteuil de maire de Lyon devrait échoir à son premier adjoint Georges Képénekian. Un poste essentiellement honorifique car le nerf de la guerre (3 milliards d’euros de budget) se trouve dans les coffres de la Métropole. De là à imaginer un hold-up, il n’y a qu’un pas. Premier à sortir du bois sans cagoule, mais enfouraillé jusqu’aux oreilles, Pascal Blache. Dans un communiqué envoyé cet après-midi à la presse, le maire du 6ème assure que « la question de la future gouvernance de notre Métropole est à nouveau posée avec le départ de Gérard Collomb. Un candidat successeur de la mouvance « En marche » a désormais peu de chance d’obtenir une majorité, même relative, au sein de cette assemblée. Bien que son fonctionnement soit imparfait, la Métropole reste une véritable chance pour les Grands Lyonnais : il ne faut pas « casser l’outil » ! Une solide recomposition de son exécutif supposera un acte d’intelligence collective, en dépassant les clivages politiques classiques. Personnellement je suis prêt à œuvrer dans ce sens… »

A pile ou face ?

Pascal Blache peut-il réussir à conquérir la Métropole une fois la démission de Gérard Collomb actée ? Son profil Macron-compatible (il a appelé à voter pour le banquier lors du second tour de la présidentielle sans obtenir pour autant un maroquin à Paris), pourrait amener le nouveau ministre de l’Intérieur à lui proposer la première vice-présidence au côté de son poulain socialiste David Kimelfeld. Mais ce serait suicidaire. Car accepter ce hochet reviendrait à se tirer une balle dans le pied vis à vis de l’ensemble de la droite lyonnaise. « Ce sera la présidence ou rien ! » s’apprête à le retoquer Pascal Blache qui a bien envie de tenter l’aventure… sans lui ! Son profil centre droit devrait lui permettre de récupérer des voix à gauche et à droite, ce qui semble impossible pour François-Noel Buffet et Philippe Cochet jugés trop clivants. Ses soutiens ont dégainé leur téléphone pour faire du lobbying pour leur candidat. De notre côté, on a sorti notre boulier et calculé les probabilités pour que le pari de Pascal Blache fonctionne.

La Métropole compte 165 élus répartis dans 14 groupes. Une vraie auberge espagnole :

20 sur 41. Groupe Républicains et Apparentés
10
sur 32. Groupe Socialiste
20 sur 30. Synergies-Avenir
11 Villeurbannais
5 sur 10 centristes indépendants
10 Groupe communistes
7 Groupe écologiste
6 UDI
4 MoDem
4 PRG
4 Gauche solidaire
3 Divers droite
2 Front National
2 GRAM

Si l’on additionne les chiffres gras en italique (soit la moitié des Républicains + 1/3 des socialistes qui ne veulent pas de Kimelfeld + 2/3 des petits maires de Synergie floués par Collomb + les 11 élus villeurbannais de Jean-Paul Bret qui veulent la peau de Don Corleone Gégé + les centristes), on arrive à 72 votes potentiels pour Pascal Blache au premier tour ! Si cette hypothèse était vérifiée, sa dynamique serait difficilement enrayable au second tour… Premier écueil à franchir : la réunion du groupe LR de la Métropole lundi après-midi. Ça risque d’être chaud pour son matricule !