Photo © Fabrice Schiff

Député du Rhône et chercheur spécialisé en immunologie à l’hôpital Édouard Herriot, le 1er adjoint à la Ville de Lyon Jean-Louis Touraine est au cœur d’une polémique relayée depuis plusieurs jours par un « trolleur » sur les sites d’information lyonnais.

Au début des années 2000, le professeur Touraine développe avec Kamel Sanadhji, Pierre Leroy et Majid Mehtali, une thérapie génique autour du virus du Sida. Les travaux sont publiés dans la revue scientifique Aids. De fait, il est impossible pour les quatre chercheurs d’aller plus avant sur le développement d’un brevet en Europe. En effet, un dépôt de brevet est tenu, sur le vieux continent, au secret des recherches.

La société américano-suisse Mymetics, spécialisée dans la recherche sur les biotechnologies, leur propose donc de continuer leurs travaux aux Etats-Unis en y associant des financements. Outre-Atlantique, le dépôt d’un brevet peut intervenir dans les 365 jours qui suivent la publication des recherches. Mais le timing est trop serré.

C’est via la société Viraid Limited, immatriculée aux Bermudes, que les scientifiques offrent finalement une perspective à leurs recherches. « J’ai demandé si c’était respectable, on m’a répondu que oui. Après concertation avec les trois autres professeurs, nous avons précisé que nous ne voulions aucun bénéfice personnel pour le brevet mais plutôt que les bénéfices aillent à la recherche contre le sida », explique Jean-Louis Touraine à Lyonmag.com.

Le député du Rhône oppose une autre condition : que le passage de la recherche scientifique au traitement sur l’homme n’excède pas une dizaine d’années. De brevet, il n’y aura pas. «  Le brevet est devenu discutable, il aurait coûté trop cher pour des retombées médicales moindres », rapporte-t-il. Subséquemment, la société Viraid Limited est dissoute en 2003, «  sans qu’il y ait eu de mouvements financiers ou de dépôt de brevet. »

En pleine affaire Cahuzac et Offshore Leaks,  sur fond de défiance du personnel politique, Jean-Louis Touraine tord le cou à une polémique qui aurait pu faire tâche à moins d’un an des élections municipales lyonnaises.