Eric Lafond.  Photo © DR

Porteur du projet « Lyon 2014 est une chance » pour les municipales de mars prochain, l’élu centriste du 3e arrondissement ne veut pas attendre le marbre de la loi pour agir sur la question de la probité en politique.

« C’est n’est d’ailleurs pas tant de la morale dont il est question, mais de l’efficacité de l’action et de la parole publiques. » Eric Lafond pointe les petites pratiques qui contribuent à déprécier le politique et à freiner l’efficacité de son action : cumul des mandats, intérêts croisés ou écrêtement.

Premier visé, Jean-Louis Touraine qui cumule des fonctions d’adjoint – notamment aux transports – à la Ville et de parlementaire. « Est-il suffisamment présent face au Sytral, (…)  pour faire évoluer la politique mise en œuvre, lui insuffler de nouvelles idées, initier et suivre des expérimentations ? A l’aune des difficultés à se déplacer et de la qualité de l’air à Lyon, nous ne le croyons pas. »

Therry Braillard est également pointé du doigt. « Peut-on être adjoint au sport d’une grande ville et avocat du principal club de sport de cette même ville, ledit club percevant des subventions publiques ? », s’interroge l’ex-candidat du Modem aux municipales de 2008 qui, pour le coup, met les pieds dans le plat.

«  Que Monsieur Eric Lafond cite un seul dossier ou j’aurais plaidé pour l’Olympique Lyonnais en qualité d’avocat. Un seul dossier ou j’aurais défendu à la barre d’un tribunal, quel qu’il soit, les intérêts de l’Olympique Lyonnais. Il est dangereux que des personnalités qui veulent briguer un mandat public alimentent ce climat délétère. Il est dangereux que des hommes ou des femmes qui ont accès aux médias se permettent de laisser planer un tel climat de suspicion » , a rectifié Thierry Braillard chez nos confrères de Lyonmag.com. « Une erreur », a concédé l’accusateur, qui considère toutefois « qu’il n’y a pas assez de règles pour la vie politique lyonnaise. »

Autre pratique, légale, sur laquelle Lafond veut porter le fer : l’écrêtement. « Le Conseil municipal pourrait choisir de reverser tous les surplus d’indemnités à la Ville et non permettre cette pratique légale visant à reverser le surplus (en cas de cumul de mandats) à des élus de son choix. Ainsi 5 élus du Conseil Municipal reversent-ils leur « surplus » à trente autres. Cette pratique féodale ne saurait survivre à une nécessaire modernisation de la démocratie locale. »

La question de la moralisation de la vie publique est au cœur de la problématique gouvernementale depuis l’affaire Cahuzac. Un projet de loi est en gestation et devrait être présenté le 24 avril 2013.