Par Marc Polisson

Déjouant tous les pronostics, Laurent Wauquiez a annoncé ce matin par voie de communiqué son choix de rester aux commandes de la Région Auvergne Rhône-Alpes.

Pour des raisons de pure stratégie politique et dans le but d’empêcher ses concurrents de s’organiser, Laurent Wauquiez aura donc attendu la dernière minute pour annoncer qu’il renonçait à son mandat de député de la 1ère circonscription de Haute Loire. Respectant par là-même la parole donnée aux électeurs rhônalpins lors de son élection en décembre 2015. Les journalistes politiques ayant parié qu’il garderait son mandat de député pour s’assurer une visibilité au niveau national en prévision de l’élection présidentielle de 2022 en sont pour leur frais. Certains précisaient même que LW s’ennuyait à la Région et qu’il ne rêvait que des sunlights parisiens. Une affirmation gratuite qui avait fait bondir Gérard Angel, patron de l’hebdomadaire satirique Les Potins d’Angèle : « Ce sont des imbéciles qui ne connaissent rien ! La Région est une collectivité grande comme un petit pays européen. Son président dispose d’un vrai pouvoir de faire et d’une réelle marge de manœuvre. »

Le respect de la parole donnée

On imagine le malin plaisir qu’ont pris Laurent Wauquiez et son cabinet à rouler les professionnels de la profession dans la farine. Certes, il a murement réfléchi et pesé sa décision, mais il aurait été suicidaire de trahir ses engagements un an et demi seulement après son élection : « Lors de la campagne des élections régionales, j’ai indiqué que si j’étais élu, je resterais Président de la Région. Le respect de la parole donnée est sacré. Il est le ciment de la parole politique. La situation de notre pays commande que les femmes et les hommes qui portent des responsabilités publiques ne se défaussent pas et tiennent leurs engagements. A un moment où les lumières des palais ministériels aveuglent les élus de peu de convictions, je veux redire toute ma fidélité à la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les sirènes parisiennes ne guideront pas mon action politique. Je reste convaincu que c’est par le terrain, ici, dans ma Région, beaucoup plus que par l’action parlementaire à Paris, que nous changerons la vie de nos concitoyens. » On peut également ajouter que Gérard Collomb parti à Paris, c’est désormais le seul poids lourd de la politique locale. « Il va pouvoir occuper tout l’espace » souligne un observateur avisé (cette fois) !

C’est Isabelle Valentin, sa suppléante pendant cinq années, qui va s’employer à conserver la circonscription à la droite. « Pour l’y aider, je serai son suppléant. Nous ferons équipe ensemble et c’est ensemble que, demain, nous travaillerons sur le terrain. » conclut Laurent Wauquiez.