Gérard Collomb lors de la présentation du projet de Cité de la Gastronomie qui verrait le jour au Grand Hôtel-Dieu de Lyon Photo © Fabrice Schiff

Alors que la ville qui accueillera la future Cité de la Gastronomie sera dévoilée vendredi 11 janvier 2013, le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen continue à mettre le feu aux poudres.

On sait le dossier de la Cité de la Gastronomie très politique. A telle enseigne que le maire de Beaune, seule ville de droite encore en lice pour accueillir le futur établissement dédié aux arts gastronomiques français, pousse un coup de gueule dans l’édition du 4 janvier du Monde. « La règle du jeu était que chaque candidat respecte un embargo après l’audition du 15 octobre. Depuis tout n’est qu’effets de manche, bruits de couloirs, projets d’alliance… C’est assez déroutant », déplore Alain Suguenot.

L’exaspération de l’édile bourguignon illustre bien l’esprit de défiance qui règne entre les différentes municipalités candidates (Lyon, Rungis, Beaune, Tours, Dijon). Un ras-le-bol qui fait écho à l’entreprise de lobbying et d’intox médiatique menée depuis le départ par le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen.

Également cité par Le Monde, le premier magistrat de Dijon rapporte ses échanges sur le sujet avec le ministre de l’Agriculture et le président de la République, à charge pour le sénateur-maire de Lyon. « J’ai appelé récemment Stéphane Le Foll. Il me dit que Collomb fait un pressing permanent, qu’il casse les pieds à tout le monde. J’ai eu Hollande aussi au téléphone : ‘C’est quoi cette histoire ?’. Collomb n’arrête pas de m’en parler. »

Le Monde évoque une possible transaction entre Rebsamen, farouche opposant au cumul des mandats, et l’exécutif national. Cité de la Gastronomie contre assouplissement de ses prises de position au Sénat ? « On ne m’achète pas pour un plat de lentilles », répond-il. A contrario, le quotidien estime que l’anticipation de la réforme territoriale par le Grand Lyon dès 2014 pourrait être « un gage de bonne volonté » du maire de Lyon.

Pas en reste, Gérard Collomb raille la situation de Dijon – « une ville très endettée » – peu compatible avec les 55 millions d’investissements prévus pour accueillir la Cité de la Gastronomie. Le projet lyonnais, moins budgétivore, se chiffre à 18 millions d’euros.

Un dossier qui oscille entre gastronomie et tambouille politicienne, dont les barons locaux semblent se repaître. Vivement le 11 janvier.