Par Marc Polisson

Alors que le patrimoine est encore mis à l’honneur cette année via les Journées Européennes qui lui sont dévolues, on peut regretter que la Métropole de Lyon n’ait pas saisi toute l’importance et les enjeux d’une véritable politique patrimoniale.

Même Denis Broliquier s’est accordé à le reconnaître dans notre édition spéciale consacrée à la place des Jacobins : Gérard Collomb a enfin commencé à intégrer le patrimoine dans sa vision globalisée de Lyon dont il redessine les friches industrielles avec talent depuis 2001. Dommage qu’il ait tant tardé, mais le patrimoine historique n’est pas dans son ADN ! Question d’éducation, sans doute.

Il aura fallu taper du poing sur la table pour qu’il freine enfin le bétonnage de Montchat… que son dauphin David Kimelfeld  poursuit à la Croix-Rousse et que Michel Le Faou développe dans le 8ème ! Il n’a jamais reconnu son erreur historique rue Grolée, dévolue désormais aux enseignes mondialisées. Ses adjoints n’ont toujours pas intégré le formidable outil de promotion touristique que constitue la richesse patrimoniale de notre ville.

Joyau de l’architecture baroque, la chapelle de l’Hôtel Dieu en est le triste exemple. Sa nef dégradée et sa façade rongée par la pollution font pâle figure à côté de l’hospice magnifiquement restauré par Eiffage et Generim. Et que dire de Saint Bonaventure ou du Musée des Tissus, où l’action de Laurent Wauquiez est illisible ?

La salle Rameau (ci-dessus) dont le sort sera connu à l’automne sera un précieux indicateur de la tendance qui se dessine. Trois candidats sont encore en lice. Georges Képénékian choisira-t-il le projet respectueux de l’édifice ou celui des bétonneurs spéculateurs ?