Prodige annoncé, l’ancien international a connu des hauts et des bas du côté du stade de Gerland. Malgré quelques accrochages avec certains membres du vestiaire, l’ancien milieu de terrain garde de savoureux souvenirs de son passage entre Rhône et Saône.

La vie est ainsi faite, comme une partie de poker. Chaque carte en sa possession peut alors bouleverser le cours de son destin. Aussi, Vikash Dhorasoo y voyait-il sûrement une métaphore de sa vie, au moment d’écumer les tables de jeu, à une époque post-carrière, où l’ancien joueur jonglait plus avec les jetons qu’avec un ballon de foot. L’image tient à ses sérieuses prédispositions, que ne natif d’Harfleur ne s’est pas prier d’exploiter, pour jouer crânement sa carte devant les éducateurs du Havre Athlétic Club. A 20 ans tout juste, le joueur de poche se signale ainsi par sa technique, mise à l’honneur lors d’une opposition de gala face aux Verts de Jacques Santini. Le score est vierge, mais la carrière de Dhorasoo s’embrase, jusqu’à susciter trois ans plus tard, l’intérêt de l’Atletico, le puissant club madrilène.

« Je voulais partir, mais mon agent m’a conseillé de ne pas partir. Il m’a dit, une carrière, ça se construit, tu ne pars pas avec la première équipe qui te veut », se souvient-il. Mais l’homme est d’un naturel pressé et ambitieux. Alors la pêche au gros devient une rapide obsession, pour celui dont le port du Havre devient rapidement trop exigu pour accueillir ses fulgurances. Elu meilleur joueur de la saison 1997-1998, Vikash Dhorasoo devient un sérieux atout, que les grands clubs veulent avoir dans leurs manches. Quitte à faire des folies et partir à tapis. Un pari que n’hésite pas à prendre le président Aulas, la bourse copieusement garnie de quelque 28 millions de francs. « L’année précédente, l’OL me voulait déjà, la proposition était bonne. Mon agent était lyonnais, il m’a conseillé d’aller à Lyon. C’était un club qui grandissait », se souvient-il. Un cocon propice à l’éclosion de l’intéressé, jusqu’à s’attirer les grâces du sélectionneur. Las, la vie de footballeur n’est pas de tout repos. Un vestiaire non plus.

Chroniqueur, consultant et écrivain, Dhorasoo est partout à la fois

Une sévère brouille avec… Jacques Santini et quelques cadres dont Grégory Coupet le pousse à l’exil. Direction Bordeaux où une Coupe de la Ligue peine à atténuer la déception d’un premier titre manqué. Mais la machine est lancée, alors à son retour de prêt à l’été 2002, Dhorasoo reprend le cours de sa success-story. « L’OL a été un bon choix pour tout. J’ai connu l’équipe de France, j’ai aimé jouer pour Lyon, j’y ai passé cinq belles saisons, admet-il. J’étais installé dans le Vieux-Lyon, j’ai adoré ce quartier ». Ses sorties y sont d’ailleurs connues et appréciés. Jusqu’à son départ pour Milan en 2004, puis cette fin tragique au PSG. « Ce n’est pas facile d’arrêter le foot, surtout pour moi, où ça a été soudain, j’ai été viré du club alors que ça n’avait pas été choisi. C’était un vrai vide et il faut du temps pour tout reconstruire ».

Quitte à tâtonner pour trouver sa voie, après avoir naturellement trouvé la sienne, dans le « football circus ». Après le poker, le joueur change son fusil d’épaule. Place à quelques missions d’éducateur sportif pour le compte de Bertrand Delanoé, avant de se relancer, au fil de des livres et de ses missions de consultant. « J’aime bien écrire, j’avoue », consent-il. Les idées fusent, à l’instar de celles formulées par son association, Tatane, gardienne des valeurs pures du ballon rond. Car à 44 ans, ce dernier ne reste jamais bien loin, que ce soit sur le plateau de l’Equipe d’Estelle, émission phare de la chaine l’Equipe, ou dans les colonnes du magazine SoFoot ou de Yahoo. Voire même sur les antennes de RTL, où l’homme se joint aux Grosses Têtes de Laurent Ruquier. Une tierce gagnante, assurément.