Par Morgan Couturier

Insatiable buteur, le brésilien a marqué le club de son empreinte, lui la figure de proue du projet mené par Jean-Michel Aulas et Pathé. Conquis par la capitale des Gaules, Sonny Anderson est resté fidèle à Lyon, développant sa nouvelle passion sur les greens.

Le raccourci est vite tracé entre le Brésil et cette pelote de cuir que les Auriverde taquinent avec une agilité inégalable. Le foot est roi au pays du Corcovado et bien rares sont ceux qui échappent à sa magie. Avant de diffuser la sienne dans la surface du stade Gerland, Sonny Anderson y a rapidement succombé, comme tous les jeunes du coin, motivé, il est vrai par les exploits de son père et de son frère. « On ne parlait que de foot à la maison », raconte-t-il. Alors quand il n’aiguise pas son instinct de buteur, une boule de chaussettes en guise de ballon, le Brésilien s’échappe volontairement de classe pour affiner sa technique. « Au lieu d’aller à l’école, j’allais au foot. J’ai toujours pensé être footballeur », confie-t-il. L’acharnement équivoque, Sonny Anderson finit par obtenir gain de cause et briguer le soutien de son père, lequel le forcera même à travailler son mauvais pied.

« Pendant longtemps, il m’a tué avec ça. Tous les entraînements, il fallait que je tape du pied gauche », se remémore-t-il. « La vie fleurit par le travail » écrivait Arthur Rimbaud. La carrière du Brésilien suivit le même parcours, pour le plus grand bonheur de Lyon, où l’ex-attaquant barcelonais pose ses valises à l’été 1999. « Le projet était de devenir l’un des plus grands clubs, se souvient-il. Il fallait que j’arrive à le faire changer, à bouger les mentalités, à ne plus jouer la 5e place. À la première réunion, je me souviens avoir dit : « moi, je suis là pour gagner ». J’étais très exigeant, parfois pénible. Je râlais sans arrêt lorsqu’un joueur ratait une passe. J’avais demandé à arroser tous les terrains pour que le ballon aille plus vite. Ils n’avaient pas l’habitude de ça ».

À chaque fois que j’ai gagné un titre, ce n’était pas pour moi, mais pour les supporters

L’effet lui, est immédiat. Le natif de Goiatuba empile les buts et les trophées, au sein d’un collectif aussi soudé sur la pelouse qu’en-dehors. « Je suis toujours en contact avec Flo Laville, Greg Coupet, j’ai Pierre Laigle régulièrement au téléphone, Christophe Delmotte également. On a vécu des séquences d’amour fortes. On était vraiment une équipe de copains. Après les entraînements, nous allions boire des bières, on partageait des moments ensemble. Nous nous réunissions après les matchs. Aujourd’hui, on a gardé ça », assure celui qui partage désormais son quotidien entre Lyon et Paris, où il met son expertise au service de Bein Sport depuis 6 ans. Une manière comme une autre d’entretenir sa passion pour le ballon rond, avant d’embrasser si l’occasion se présente, la carrière d’entraîneur.

« Je pense que je peux apporter énormément. Si un jour l’OL pense à moi, je suis disponible. Mais j’ai d’autres options avec d’autres clubs ». La patience étant mère de sureté, Sonny Anderson se réfugie pour l’heure sur une toute autre étendue verte, les greens du Garden Golf de Mionnay. « Je ne viens pas au golf pour me promener, j’y vais pour évoluer. Je retrouve l’adrénaline du foot », accorde le néo-passionné qui a peu goûté aux joies de la restauration. À tel point que chez lui, à côté des ballons, le goleador a fait installer un practice, « pour taper quelques balles ». Avec un espoir à peine caché : « J’ai été pro au foot, j’ai envie d’être professionnel au golf ». L’appétit du buteur est insatiable. MC