Par Morgan Couturier

Un peu plus d’un moins mois avant la fermeture du mercato, l’OL a, sauf opportunité, bouclé son recrutement pour la saison à venir. Les cadres du vestiaire sont partis. Des jeunes sont arrivés. Suffisant pour jouer les premiers rôles ?

Le mercato n’a rien d’un fleuve tranquille, tant il procure fantasmes et désillusions aux supporters. Il y a ceux qui « rêvent plus grand », dans l’espoir d’attirer le génial Neymar, les professionnels de bonnes affaires façon Monaco et l’OL, pillé de ses cadres, qui tente de retrouver les sommets de la Ligue 1 en misant sur les jeunes (pépites ?). La recette est bien connue du président Aulas, mais n’a-t-elle pas fait son temps ? Les départs du général Lacazette – parti garnir les rangs d’Arsenal à défaut de Madrid et de l’Atlético -, de son compère Corentin Tolisso et de l’exilé Maxime Gonalons, trop bavard aux yeux de son employeur, ont été compensés par quelques belles promesses mais sans garantie de réussite. Si l’on ajoute les départs de Christophe Jallet vers Nice, de Mathieu Valbuena et dans une moindre mesure, de Rachid Ghezzal, l’OL s’est délesté de joueurs expérimentés et d’une partie des cadres du vestiaire. « Il y a des têtes que l’on n’avait pas forcément l’habitude de voir l’année dernière », a récemment clamé Lucas Tousart. Quand on sait le poids de Lacazette sur le front de l’attaque (129 buts au compteur) et de Tolisso dans l’entrejeu, le club s’est foncièrement affaibli.

95 millions d’euros dans les caisses de l’OL

Ces cessions ayant rapporté près de 95M€, les supporters étaient en droit de légitimer l’arrivée d’un gros calibre. Que nenni. En attaque, Olivier Giroud a un temps fait naître l’espoir d’une alléchante cohabitation avec Nabil Fékir. Il n’en sera rien. Même conclusion pour le buteur de poche mexicain, Javier Hernandez, dit Chicharito. En défense, photo à l’appui, Elaquim Mangala a visité les installations lyonnaises. Etiqueté défenseur le plus cher de l’histoire en 2014, le profil du Français représentait assurément une belle recrue malgré certaines lacunes. Mais son salaire, trop bien garni en livres sterling, a clos tout suspense. Florian Maurice s’est donc rabattu sur un Brésilien bien connu du Groupama Stadium, le rugueux défenseur de Besiktas Marcelo. Sa première sortie, face à l’Ajax, ce mardi, a montré qu’il pouvait colmater les brèches dans l’arrière-garde. Dépassée de toute part la saison dernière, celle-ci a fait l’objet d’une attention particulière. Arrivé du Havre, Ferland Mendy prouve qu’il est un solide client à l’épaule. Son concurrent direct, l’ancien Guingampais Marçal peut trembler. À droite, Kenny Tete a suffisamment performé au regard de la cellule de recrutement, pour avoir sa chance. Mais remplaçant une bonne partie de la saison avec l’Ajax, l’international néerlandais cherche avant tout à se relancer.

Le chantier de l’attaque

Jean-Michel Aulas et Bruno Genesio assurent qu’ils disposent de l’effectif adéquat. Le feu follet Bertrand Traoré est la tête de gondole de ce recrutement 2017-2018 (Montant : 10 millions d’euros). Sa mission sera d’animer le front de l’attaque, après sa démonstration lors de la funeste demi-finale d’Europa League opposant l’OL à l’Ajax. S’il règle la mire face au but, l’OL tient un client. Quoi qu’il en soit, le Burkinabé demeure plus prometteur que Mariano Diaz, réincarnation de Gourcuff en provenance du Real Madrid. Abonné au banc de touche sous les ordres de Zinédine Zidane, – quand il n’allait pas jouer, avec la réserve, au fin fond de l’Espagne -, le jeune dominicain a réussi à se blesser deux fois en deux semaines. Ça promet. Fort heureusement, Fekir semble avoir retrouvé la plénitude de ses moyens. Et le jeune Amine Gouiri confirme ses prédispositions. Un buteur sorti tout droit du centre de formation, ça ne vous rappelle rien ? Yannis Tafer ou Karim Benzema ? A vous de choisir.