Photo © Jean-Luc Mège

Par Pascal Auclair

Lors de l’élection du « meilleur pro 2015 » les internautes de Lyon People ont consacré l’un des enseignants les plus expérimentés de la région. Figure de Lyon-Verger durant près d’un quart de siècle, Hubert Sauzet fait désormais partager sa science du swing aux amateurs de Villette-d’Anthon, mais aussi au jeune prodige du club, Gary Stal. Une référence.

Sollicités par lyonpeople.com pour élire l’as des pros lyonnais, les internautes ont donc plébiscité Hubert Sauzet. Une surprise ? Pas vraiment… sauf pour lui. «  J’ai appris l’existence du sondage une semaine avant la fin du scrutin. C’est mon fils, Guillaume, qui m’a annoncé que j’étais en tête ! », confie humblement le pro du Golf Club de Lyon, aussi heureux du résultat que soucieux à l’idée de susciter des jalousies chez certains de ses confrères. Il est vrai que le lauréat n’est pas du genre à jouer les divas. Plutôt du genre discret. Pourtant, sa consécration ne doit rien au hasard, tant ce – bientôt – sexagénaire s’est évertué depuis quarante ans à faire partager sa science du golf, rafistolant les swings malades et soignant les amateurs en détresse. Une vocation que « Docteur » Sauzet a cultivé très tôt sur les greens de Villette-d’Anthon. «  Mon père était le green-keeper du club, ma mère travaillait à l’accueil. J’ai tapé mes premières balles à l’âge de sept ans ». Sous la férule de Lamberto Capoccia et des frères Damiano, l’enfant du pays s’illustre dans les rangs amateurs. Finaliste du Championnat de France benjamins et minimes, il passe pro en 1979, fait quelques incursions sur le circuit européen, passant même le cut de l’Open de France, à La Baule, en 1981, avant de consacrer sa vie à l’enseignement. D’abord à Saint-Cyprien, puis au golf de Lyon-Verger. « Le propriétaire, François de Préneuf, voulait construire neuf trous supplémentaires. Il m’a proposé de le rejoindre. J’y suis resté 23 ans, ne gardant que de bons souvenirs  ».

Retour au pays

A Saint-Symphorien-d’Ozon, il découvre un «  véritable esprit sportif  » et un vivier de jeunes talents prometteurs. «  Sur les six joueurs de l’équipe, quatre sont passés pros  », souligne Hubert Sauzet, dont la réputation ne laisse pas insensible les dirigeants de son club formateur. «  En 2006, Jacques Spicq, le président du GCL, et Jean-Lou Charon (Ndlr : l’actuel président de la fédération française) m’ont proposé de revenir à Villette. A 50 ans, c’était le moment ou jamais…  ». Un retour à la case départ qu’il ne regrette pas, coulant depuis des jours heureux sur le practice du grand club lyonnais. «  Le golf, c’est ma passion. Alors, j’y suis tous les jours, sauf lorsque je m’octroie un peu de repos pour aller plonger du côté de Cassis ou de La Ciotat  ». Cette implication de tous les instants lui a permis de faire remonter l’équipe locale en première division et de gagner la confiance de Gary Stal, la « star » du club, formée à l’école de golf par Raphaël Reynaud. «  Je lui avais donné quelques cours au Verger, ainsi qu’à son père, Georges. Ensemble, avec le GCL, on avait aussi gagné le Championnat d’Europe des clubs. Lorsqu’il a accédé à l’European Tour, il m’a demandé si je pouvais m’occuper de lui  ».

La relève est assurée…

Depuis, les deux hommes ont entamé une collaboration fructueuse, concrétisée par un triomphe à l’Open d’Abu Dhabi (voir par ailleurs) en début de saison. «  Gary a l’habitude de travailler seul. Quand le besoin s’en fait sentir, il me demande mon avis, essaye d’appliquer mes conseils et revient quelques jours plus tard me donner son ressenti. On est dans l’échange. C’est ainsi qu’il a beaucoup progressé cette année au chipping et en longueur de drive  ». Atavisme familiale oblige, Hubert Sauzet est aussi fier de la réussite de ses deux enfants, Guillaume et Elodie, respectivement pros comme lui au Swing Lab de Champagne au Mont d’Or et au Clou. Même s’il a tout fait pour les en dissuader. «  A mon grand désespoir, je leur ai transmis ma passion. Ma fille a même trouvé le moyen de me faire un petit avec un autre pro !  », sourit ce jeune grand-père, qui se verrait «  mourir sur un golf  ». Gazon maudit…