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24 janvier 2005


 Messe princière à Saint Bonaventure

 

 

Près de 200 personnes ont assisté à la messe pour Louis XVI dans l'enceinte du sanctuaire Saint Bonaventure. Présidée par l'abbé Eric Pepino, la cérémonie a rassemblé de nombreux représentants de l'aristocratie lyonnaise soucieux de leur devoir de mémoire envers le roi martyr. La cérémonie était présidée par SAR le Prince Rémy de Bourbon-Parme.

 

Si certains royalistes orléanistes, à l'instar d'Alexandre Boritch avaient choisi de rallier Paris pour assister à la cérémonie de St Germain l'Auxerrois, paroisse des rois de France, en présence du prince Jean et du prince Sixte-Henry de Bourbon-Parme, de nombreux Lyonnais ont préféré rester fidèles au rendez-vous donné chaque année par l'association « Présence et Souvenir Bourbonien » présidée par Loïc Bernard de Thugny. Parmi eux, les légitimistes de l'Institut de la Maison de Bourbon et des représentants de « Lyon 93 » emmenés par Yves Bruyas. L'association des Amis de la Reine avait quant à elle fait livrer une somptueuse gerbe de lys blancs.

 

Yves Bruyas (Lyon 93), SAR le Prince Rémy de Bourbon-Parme

et Loïc Bernard de Thugny, président de Présence
et Souvenir Bourbonien

 

Accueilli par le père Roger Philibert, recteur de Saint Bonaventure, le prince Rémy de Bourbon-Parme était en terrain connu. Ce n'est en effet pas la première fois que le cousin de Sixte-Henry représente à Lyon le prince Louis de Bourbon, chef de la Maison de France pour les royalistes légitimistes. Si la famille Bourbon-Parme est divisée quant au choix du prétendant au trône, chacun sait taire ces querelles dynastiques, une fois l'an, lors des cérémonies en mémoire de leur aïeul.

 

A l'issue de la cérémonie, une cinquantaine de convives - dont Ancelyse Roux de Bézieux et la vicomtesse Suzanne Roy de Lachaise - ont gagné l'hôtel Saxe-Lafayette pour le traditionnel banquet du PSB. Pour ce qui est des nourritures spirituelles, vous trouverez ci-dessous le texte de l'homélie prononcée par l'abbé Pepino.

 

 

 

L'homélie de l'Abbé Eric Pepino

 

« Monseigneur,

Chers frères et sœurs,

 

Prier pour la France : la démarche peut paraître anachronique car rares sont aujourd'hui les églises où l'on ose élever une prière pour notre patrie. Or la tradition biblique nous montre, à maintes reprises, les fils d'Israël se tourner vers le Dieu des pères et des patriarches pour que leur terre soit bénie et fécondée par l'action divine. En ce sens, la prière d'Israël est un modèle pour nous de supplication dans les épreuves, d'action de grâce et de remerciement dans le bonheur.

 

Notre rassemblement annuel, s'il est un acte de mémoire à l'égard du roi martyr Louis XVI, est d'abord un acte d'expérience et de foi en Dieu qui souligne l'histoire des hommes et des peuples et la conduit vers son achèvement. Notre prière pour la France est tout à la fois évocation d'un passé qui donne à notre pays ses racines et projection dans l'avenir pour que la France demeure ce qu'elle a toujours été.

 

De l'épopée de Clovis avec son baptême à Reims en passant par la montée sur le trône d'Hugues Capet jusqu'à l'alliance si belle et si puissante entre une famille, les Bourbon, et un peuple, les Français, nous sommes les dépositaires d'une histoire pluri séculaire.  Celle-ci a certes ses zones d'ombre et de pêchés et tous nos rois ne furent pas des saints. Cependant, il y a un principe de fidélité que l'on retrouve de génération en génération : la fidélité à la foi. C'est précisément ce que les révolutionnaires voulurent détruire en tuant le roi lors de ce sinistre 21 janvier 1793. Par-delà la personne du monarque, c'est le principe qui était visé. La France devait avoir de nouvelles fondations que l'on allait trouver en dehors du terrain chrétien.

 

Nous connaissons la suite et les terribles répressions anti-chrétiennes qui d'abattirent sur notre pays, en particulier en Vendée. Tout cela n'est pas mort. Les débats actuels sur l'identité de la France, la constitution européenne, l'adhésion de la Turquie nous renvoient à cette question fondamentale de l'âme de la France. Car chaque pays à une âme, c'est-à-dire une identité forgée au long des siècles qui lui donne son tempérament. Le Saint Père Jean-Paul II a là aussi montré l'exemple : combien de fois n'a-t-il , lors de ses différents voyages, appelé les peuples à rénover avec leur culture, leurs traditions, en un mot à retrouver leur âme. Ce qu'a courageusement redit son Eminence le cardinal Lustiger à Notre Dame de Paris, le 26 Août 2004 lors du 60ème anniversaire de la libération de Paris. Permettez-moi ici de citer les paroles du Cardinal, qui faut-il le préciser furent prononcées devant le plus intransigeant des opposants aux racines chrétiennes de l'Europe, je veux parler de Monsieur Chirac. Le Cardinal pose d'abord une question : « Quel idéal avons-nous donc à défendre qui exprime l'identité de la France ? » Puis vient la réponse, elle est double : évocation d'un passé : « Notre trésor de civilisation a été élaboré par des millénaires passés. C'est un art de vivre digne de l'humanité de l'homme. Un art de vivre né de la confrontation et de l'union de la sagesse d'Athènes, du droit de Rome, de la révélation biblique, des saintes et des saints, disciples du Christ, qui au cours des siècles ont enseigné par leurs paroles et l'exemple de leur vie ce que veut dire aimer non seulement ses amis, amis aussi ses ennemis, ce que révèle aux puissants la condition du plus faible, ce qu'impose au plus riche la dignité des pauvres. »

 

La source où l'âme de la France est née, c'est l'Evangile vécue au quotidien. Tous nos rois avaient ce souci du pauvre et du faible malgré ce qu'on enseigne actuellement dans les écoles. Le Développement spectaculaire des hospices, des pensionnats, des orphelinats, des universités, ne fut possible et effectif qu'avec l'aide et l'appui des souverains. Il faudrait ici retracer, par exemple, les liens de Saint Vincent de Paul avec la cour de Louis XIV. Puis le cardinal poursuit en évoquant la réconciliation nationale au lendemain des drames qui frappèrent si souvent notre pays, particulièrement à la suite des deux guerres mondiales. Cette réconciliation trouva son sommet lors du célèbre Magnificat à Notre Dame le 26 août 1944. La, la France reprenant le chant de louange de la Vierge Marie, laissait entrevoir le secret de son âme. Charité et pardon, tels sont donc les deux piliers qui soutiennent l'âme française. Et, plus largement l'âme européenne.

 

Monseigneur, l'année 2004  fut pour votre famille un temps de grâce. En béatifiant votre oncle, l'Empereur Charles d'Autriche, le Saint Père a voulu démontrer, à une Europe technocratique et vidée de sa substance, ce qu'est la vraie grandeur d'un dirigeant politique, d'un chef. Pendant l'épreuve de la guerre mondiale, l'empereur Charles plaça le devoir sacré d'un monarque - à savoir l'engagement pour la paix - au centre de ses préoccupations. De tous les responsables politiques, il fut le seul à soutenir les efforts de Benoît XV en faveur de la paix. Cette paix pour laquelle votre famille, les Bourbon– Parme, allait se dépenser sans compter.

 

Et le secret de cette vie, aujourd'hui proposée par l'église à tous les baptisés, nous le trouvons dans ces ultimes paroles que l'Empereur prononça le 1er Avril 1922, jour de sa mort : « Je m'engage toujours, en toutes choses, à connaître le plus clairement possible la volonté de Dieu et à la respecter, et cela de la manière la plus parfaite ». Comme l'affirmait Jean Paul II dans son homélie de béatification : « qu'il soit un exemple pour nous tous, en particulier pour ceux qui ont aujourd'hui une responsabilité politique en Europe ! »

L'exemple du bienheureux Charles de Habsbourg nous renvoie à nouveau à l'âme des peuples et à leur destin. Et la prière de ce jour ne sera jamais facultative. Car il ne peut y avoir d'âme en dehors d'une espérance spirituelle et d'une reconnaissance des droits de Dieu dont la plus grande manifestation publique est la célébration du Saint Sacrifice de la Messe. En cette année de l'Eucharistie, notre messe annuelle pour Louis XVI et la France devient un acte prophétique qui tout en défendant notre patrie terrestre et charnelle nous achemine vers la patrie céleste et éternelle. Amen. »
 


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