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22 avril 2002

 

Jocelyn Garabedian : de la psychiatrie à la musique !

 

 

 

 

 

 

 

 










Photos Lyonpeople et Laurent Torres

 

Des études de psychiatrie qui aboutissent sur une scène de concerts ! C’est le résumé lapidaire, certes, mais véridique, du cheminement professionnel du patron du label Mac Ben Music. Une grande gueule au grand cœur. Retour sur un parcours peu banal.

 

Des locaux « alter-natifs » nichés au cœur du Vieux-Lyon, voilà le repère des musicos affiliés à l’un des seuls labels musi-caux indépendants de la capitale des Gaules.

 

 

A leur tête, un joyeux lascar ébouriffé tout étonné du succès de sa jeune entreprise… Car rien ne prédisposait le jeune Garabedian à faire carrière dans la musique. Sur les bancs de l’école, Jocelyn poursuit un parcours classique et sans histoire. Etudes primaires rue Bataille dans le 8ème puis Lycée Lacassagne.

 

En seconde, changement d’orientation radical : il entame une… prépa d’infirmier psychiatrique ! A l’issue de son stage au Vinatier, il doit intégrer l’établissement en septembre 1980. « Là-dessus, est passée la musique… ça a été un rouleau compresseur ! » 

 

Cette satanée musique qu’il a chevillée au corps (la création de son premier groupe de musique avec son copain François Greytag, qui est aujourd’hui son régisseur, remonte à 1974) et dont il a approché les acteurs au cours de l’été 80.

 

Il est embauché dans l’équipe technique du groupe Trust qui parcourt les plages françaises (ci-dessus). Manar de scène chez les anti-sociaux de Bernie Bonvoisin, de quoi tourner la tête au grand gamin de 19 ans qu’il est encore : « C’était le rêve ! »

 

A l’issue de cette tournée, Jocelyn part en vadrouille avec des potes. Direction le rideau de fer. A Berlin Est, affublé d’un tee-shirt du groupe Kiss, il tente de forcer le check point au volant d’une grosse américaine. Une provo qui se solde par un séjour au ballon chez des vopos qui n’apprécient guère la plaisanterie ! Pour se venger, il reviendra neuf ans plus tard… pour casser le mur !

 

1981 : Tonton Mitterrand prend le chemin de l’Elysée quand papa Garabedian est déjà sur la voie du paradis. Grosse baisse de moral. C’est sur les routes de France qu’il tente d’oublier « Téléphone - Dure Limite »…

 

De voir les autres s’éclater devant leur public lui donne envie d’abandonner les coulisses pour le devant de la scène : en 1982, son premier single « Y a des sanglots » pressé chez Carrere cartonne en radio et le télé-porte sur le plateau de  « Dimanche Martin » aux côtés d’une certaine Jeanne Mass et de son « Toute première fois »… Une expérience qui ne sera pas reconduite !

 

Parallèlement, il écrit pour des « artistes kleenex » comme Patrick Alexandroni « Les petites françaises ». Il navigue au gré de son humeur vagabonde et de ses amours tumultueux : « Dès mon plus jeune âge, je faisais de la musique pour plaire aux filles. J’existais ! »

 

Des pérégrinations qui le conduisent de Paris en Allemagne aux rives du lac d’Aiguebelette. Sur lesquelles prend fin sa ballade senti-mentale. Car il a rencontré la femme de sa vie, une certaine Marie (qui lui donnera un petit Stan arrive en 1993 - photo ci-dessus). C’est la même année qu’il est de retour à Lyon. Tout en continuant de composer et d’écrire pour des artistes, des collectivité ou des grosses entreprises, Jocelyn réfléchit à son projet : lancer un label de musique !

 

Chose faite en 1997 avec pour postulat de départ, l’idée de « faire la courte échelle aux jeunes talents ». En octobre 2000, fort de l’expérience accumulée pendant 20 ans, il crée Mac Ben Music. Objet de la société : production et édition d’œuvres musicales. Dans ce secteur d’activité complètement trusté par 5 majors parisiennes, Jocelyn n’a aucune envie de faire de la figuration. Et enchaîne les prod : des compils (Seven’th, Voilà Lyon), des groupes (Plastic Elephant, Solution H) ou encore des tournées (Be Irish Tour), Jocelyn se mêle de tout. En toute indépendance.

 

Une attitude qui exaspère certains milieux… « A la différence des cultureux, je n’ai jamais eu besoin de courir après les subventions ! » sourit-il, tout en regrettant l’inertie des politiques locaux en matière musicale. « Tout passe par Paris parce que personne ne fait rien dans les régions ! » N’hésitant pas, grande gueule, à enchaîner les questions : « Comment se fait-il qu’on ait pas d’industrie du disque à Lyon ? » et les réponses : « Parce que rien n’a été fait pour les groupes lyonnais qui ont du talent ! ».

 

Des formules chocs pour des prises de position ne souffrant pas la langue de bois. Le tout assaisonné d’un argument imparable : « Je parle de musique parce que je suis musicien ! »
 


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