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 6 juin 2000


Si vous rencontrez Isabelle Aveline dans le métro, c’est elle la Zazie du web...

 

 

 

 

 






 

 



 

 

par notre correspondante Véronique

 

Portrait d'une pionnière de l'Internet, nom de code Zazie dans le réseau...


Isabelle Aveline avait en tête de créer " un site communautaire pour les gens de culture livre "... et c'est ce qu'elle fit. Sacrée Chevalier des Arts et des Lettres lors de la fête de l'Internet le 17 mars par Catherine Trautmann et présente au Salon du livre, la Zazie Web-mania ne peut que se propager en commençant par son lieu d'adoption : Lyon."

 

Interview d'Isabelle Aveline, la Zazie du Web

 

Un Master aux ateliers Saint Sabin à l’ENSCI : une formation à conseiller ?

Le Master multimédia s’inscrivait dans une année sabbatique. En 1995-1996, on commençait juste à parler de multimédia, mais d’Internet très peu. Il est vrai que du coup, à l’époque, la formation s’est surtout concentrée sur le Cédérom. Il ne faut pas oublier qu’il y a quatre-cinq ans, il n’existait que deux formations longues : le Master des Beaux-Arts et celle-là. En fait, j’ai découvert Internet en faisant mon stage chez Grolier qui lançait son offre grand public Club Internet.

 

De secrétaire de rédaction à chef de projet multimédia, quelles en sont les étapes ?

Pour la petite histoire, j’ai bossé en librairie, dans l’édition, dans la presse d’entreprise puis, après le Master, comme chef de projet dans l’agence web BLL, annexe multimédia CLM/BBDO.

 

Comment s’est passée la naissance du bébé web Zazie ?

ZazieWeb était le projet personnel que l’on devait réaliser pendant le Master multimédia, et comme j’avais travaillé dans l’édition, je voyais l’intérêt de créer un site s’adressant aux gens de culture « livre »… mais sur le web. Le site a ouvert officiellement en mai/juin 1996, et j’ai commencé à travailler dessus dès janvier/février 1996.

 

Pourquoi Zazie ? Y’a-t-il un rapport avec le roman de Queneau ?

Je m’appelle Isabelle et j’aime bien tout l’univers de Queneau et de sa Zazie dans le métro. Pour moi, Zazie dans le réseau m’est apparue naturellement et c’est devenu ZazieWeb, ça se prononçait bien… On m’appelle Zazie, donc voilà…

 

Littérature et Internet, mariage heureux ou non ? Entre le papier et l’électronique, qui va manger qui ?

La preuve... Littérature et Internet, c’est possible ! Il est vrai que c’est un nouveau média qui permet de faire des choses intéressantes, mais différentes. Dorénavant, des auteurs écrivent sur leur page Internet… Beaucoup de changements sont à prévoir, à mon avis, dans l’édition, comme le numérique, etc. Ainsi, non seulement la littérature et Internet ne sont pas incompatibles, mais ils obligent ensemble à repenser la chaîne du livre, la manière dont on écrit, dont on communique autour du livre… sur Internet.

 

Zazie s’adresse-t-elle juste aux inconditionnels du livre ou site grand public ?

ZazieWeb s’adressera toujours aux gens qui lisent, mais le site prendra une dimension très grand public, l’idée étant que tout type de lecteur puisse s’exprimer sur ZazieWeb de manière non exclusive.

 

Mondialisation à bâton rompu... Et la baguette française dans tout ça ? La langue française ne risque-t-elle pas d’être avalée ?

Lorsque j’ai commencé à surfer en 1996, les sites en français étaient majoritairement des sites canadiens, en résumé très peu de sites français ou francophones. Maintenant, le problème ne se pose plus tellement...

 

Vous êtes une pionnière du Web... entre hier et aujourd’hui, quelles sont les différences ?

Au début, c’étaient les vieux sites, les champs gris, etc. Et maintenant « viva la start up ! ». Donc, de sites très artisanaux, on est passé actuellement à la phase industrielle du web. Ainsi, si le web alternatif existe toujours, le web dont on parle beaucoup correspond à l’univers des start up… Maintenant, il faut faire du business et non plus de la cuisine !

 

Après avoir été sacrée Chevalier des Arts et des Lettres à la fête de l’Internet, quelle est la prochaine étape ?

Ce fut une forme de reconnaissance, un titre gratifiant… La soirée à la Cité des Sciences était très sympa et concrètement, dans l’imaginaire des gens, ça marque. Mais bon, pratiquement, cela ne change absolument rien. ZazieWeb s’est constituée en société en décembre, il faut donc passer à la vitesse supérieure, avec une équipe derrière tout cela… On est maintenant une petite start up, comme on dit, on cherche des investisseurs, des business angels, du mécénat… Le site tel qu’il est maintenant représente un centième de ce que je veux faire sur ZazieWeb. Les rubriques ne demandent qu'à être développées et, surtout, que beaucoup plus les lecteurs contribuent !

 

Un stand inscrit en région Rhône-Alpes au Salon du Livre ? Est-ce que Lyon est une ville prête à être multimédiatisée ?

La Salon du livre fut une expérience intéressante. J’ai pu rencontrer le grand public et moi qui suis une « vieille de l’Internet », je me suis rendue compte que le lecteur commence tout juste à découvrir Internet. Ce fut aussi la révélation de l’année avec le village e-book… Il y a donc encore beaucoup à construire, cela m’a donné la pêche ! quant à Lyon, on est en pleine effervescence !

 

Coups de cœur et actualités littéraires mensuelles, un annuaire des sites francophones, un forum de discussion et des offres d’emploi, comment faites-vous pour tout gérer ? Comment cela se passe du côté de la base de données et de l’organisation des informations ? Une équipe peut-être prochainement ?

Actuellement, il n’existe pas de base de données, tout est fait de façon artisanale à la « mano ». En effet, quand tout a commencé en 1996, je répertoriais environ dix sites par mois en rapport au livre ; nous sommes passés à dix sites par jour… On va donc travailler cet été sur la future base de données de ZazieWeb, afin que cela soit beaucoup plus facile pour les mises à jour et que les surfers de Zazie puissent contribuer et enrichir le site plus aisément et librement. L’idée est d’organiser aussi un peu mieux l’info… Un gros, gros boulot donc cet été !

 

Comment vous positionnez-vous par rapport aux librairies généralistes ?

J’ai développé des affiliations non exclusives avec Alapage, Bol et Decitre ; en effet, j’ai préféré laisser le choix au lecteur. Aujourd’hui, Alapage n’est plus seulement une librairie mais, comme Amazon, un magasin multi-vitrines, d’où peut-être une déperdition. C’est pourquoi, je préfèrerais travailler à l’avenir avec un partenaire libraire exclusif.

 

Dernière question, pourquoi n’y a-t-il aucune critique alors qu’il existe une sélection de titres dans la boîte à Zazie ?

Ce qui m’intéresse n’est pas forcément de critiquer, mais de mettre en valeur un ouvrage tel un libraire. Je préfère créer un espace où les gens ont envie d’échanger et de parler d’un bouquin en particulier : « voilà, moi j’ai lu cela et ça me semble sympa ». Mais bon, à terme, il y aura sûrement une partie webzine, style magazine littéraire… c’est juste une question de temps !

 

Enfin, si vous êtes intéressé par toutes ces mutations autour du livre et de l’Internet, plongez dans l’aventure du web avec Libres enfants du savoir numérique, une anthologie du "libre" préparée par Olivier Blondeau & Florent Latrive aux Editions de l'éclat (voir le résumé sur www.zazieweb.com). 
 


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A suivre, Les oeillères des 2be3

 

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