P E O P L E ... n e w s
/ LES GENS


19 novembre 2001


Georges Duboeuf, pape en Beaujolais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


De notre correspondante Nathaly Mermet


« On ne vivote pas, dans le négoce de chez nous, on perce ou on s'efface » écrivait le pape du Beaujolais himself en préface du livre d'Henri Elwing, « Beaujolais, vin du citoyen ». Et on peut le dire, plus qu'une percée, c'est une véritable réussite qu'a réalisé Georges Duboeuf, en devenant aujourd'hui l'un des symboles du Beaujolais.

 

Né mâconnais dans une famille de vignerons de père en fils depuis 4 siècles, marié beaujolais et devenu courtier, puis façonnier embouteilleur, il fut intronisé par les plus grands Saints de Bouffe - parmi lesquels Saint-Bocuse -. Ce, à l'aube de sa carrière, véritablement initiée en 1964 avec la création de sa société, Les Vins Geoges Duboeuf. Figurant au top des négociants du Beaujolais depuis plus de 30 ans, son label trône désormais sur les plus grandes tables de la gastronomie : adopté par d'éminents chefs devenus ses amis et propulseurs de sa notoriété - citons Bocuse, Troisgros, Point, Livet - ... ou mieux encore sa famille ! –n'en citons qu'un : Jean-Paul Lacombe devenu son gendre en épousant Fabienne son aînée.

 

Depuis, 120 pays conquis, quelques 600 fidèles dévoués à la cause Duboeuf de par le monde. Et surtout des souvenirs plein la tête, jusqu'au sommet de l'ex-jumelle new-yorkaise, où fut une année tournée à l'occasion de la sortie du Beaujolais nouveau, une prestigieuse émission TV par une équipe américaine. Et les fêtes n'ont pas de prix... ou plutôt elles en ont un ! Comme celui des près de 2 millions de francs - un budget partagé en 3 entre le Hameau et les côtes Est et Ouest des USA - pour la grandiose opération du nouveau Millénaire : 2 jours de retransmission TV satellite en direct-live du Beaujolais avec 60 vignerons, 20 journalistes américains, une tripotée d'agents du monde entier et des célébrités de France et de Navarre, assortis d'un enchaîné de réceptions toutes plus grandioses les unes que les autres à la Mairie de Lyon et ailleurs.

 

Orphelin de son père dès l'âge de 2 ans, à l'adolescence il ne se voyait pas du tout entrer dans la tradition familiale vinicole. « Au départ, j'aurais voulu être un sportif » évoque t-il se rappelant son stage au CREPS de Voiron en Isère. D'ailleurs, s'il n'en a pas fait sa profession, sa ligne svelte qui à 68 ans lui en fait paraître 20 de moins, démontre bien que l'association ski-natation-vélo-golf a porté ses fruits, ne fussent-ils du raisin. Rappelé dès 18 ans par la passion de la vigne et du vin vers les terres beaujolaises, il abandonne définitivement et sans regret l'option d'une vie parisienne qu'il avait a peine effleurée.

 

Revenu vinifier au pays aux côtés de son frère et de la famille entière, rapidement il veut plus, plus grand et plus d'argent. A 12 ans déjà, à l'école communale il disait, paraît-il, vouloir vivre au Canada... certainement d'emblée révélateur de son goût pour les espaces sur-dimensionnés ! Et signe du destin, c'est d'ailleurs vers cette vaste contrée que ce fera sa première exportation. Au même âge, il se serait aussi réalisé dans son « coin refuge » un petit village miniature... dans une mise en scène qui aurait préfiguré son fameux « Hameau du Vin » entré aujourd'hui dans le palmarès des visites culturelles de la région.

 

Bref, c'est ce que l'on pouvait d'ores et déjà appeler « ambition ». Aussi décidait t-il très vite, dès 1953, de se lancer dans la mise en bouteille, et s'impliquer aussitôt dans la commercialisation directe. Une belle affaire qui a grandi grandi, qui fonctionne maintenant avec 400 vignerons et 15 coopératives et dans laquelle l'a rejoint son fils Franck, déjà plus que bien impliqué et destiné à reprendre le flambeau...Vas-y Franky !

 

 

La belle marche des affaires n'entache en rien les préoccupations culturelles de l'homme, resté les deux pieds sur terre (que dis-je, terroir !) et qui revendique avoir gardé le « bon sens du paysan madré » ... un sens du goût, de la tradition, de la communication qui l'a sans doute aussi guidé dans la réalisation du superbe « Hameau du Vin » qui se visite sans soif et mène à la dégustation. « Quand le vin est bon, il faut le faire savoir pour le faire boire » n'a t-il aucune retenue à déclarer, or « le beaujolais est un bon vin qui m'a rendu heureux et fait la vie belle ! ». Merci de le reconnaître Georges !

 

Le grand négociant qu'il est devenu refuse toutefois à se reconnaître « simple » homme d'affaire. Il préfère être qualifié de « serviteur du vin ». Un vin qui lui a apporté prospérité et notoriété et à qui il l'a bien rendu... d'ailleurs lequel le doit à l'autre ? Nul doute qu'ils sont quitte puisqu'en Extrême-Orient Shogun Duboeuf est synonyme de vin beaujolais et qu'aux USA notre roi du négoc' est connu comme M. Beaujolais ! Rien que ça !
 


Réagir à
cet article

 

A suivre, Lydy, la perle lyonnaise de Pop Stars...

 

page suivante

 

 

 

Le café réchauffé c'est terminé !

Cliquez ici