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Le printemps de
Jocelyn Garabédian

Les refrains de l’OL dans votre transistor, c’est lui. Une vraie pile
électrique qui a connu une sacrée baisse de régime l’automne dernier. Pas
vraiment la Duracel de la télé ! On l’avait connu flamboyant, pressant des
disques à tour de bras, organisant de somptueuses fêtes pour l’OL et ses
administrateurs… avant le trou noir et la renaissance ?
En novembre dernier, on a retrouvé votre société Mac Ben Production dans la
rubrique des liquidations judiciaires. Que s’est-il passé ?
Il s’est passé qu’une société peut avoir des problèmes. J’ai eu d’abord des
soucis personnels, je n’ai pas fait attention à ma vie professionnelle. Je me
suis fait « planter » comme on dit sur des règlements. Je n’ai pas pu faire face
à des échéances financières… Il est arrivé ce qui devait arriver, à un moment il
a fallu que je dépose le bilan.
Quels sont ces fournisseurs qui vous ont planté ? On parle d’une somme de 100
000 euros.
Ce sont deux sociétés de distribution de disques à qui j’avais confié la
diffusion du second single OL. Concernant Straight Line Productions, je ne pense
pas qu’ils l’aient fait exprès, mais ils n’ont pas réussi à gérer l’ampleur du
phénomène. Il y a un moment où il y a eu des retards de règlement, puis ils
n’ont pas pu faire face (Jocelyn nous montre une traite impayée de 66 976
euros, NDLR) alors ils ont donné la distribution à une autre entreprise
qu’ils connaissaient : European Record Service à Metz. Lui m’a fait une traite
de 35 880 euros qui est également revenue impayée.
Vous avez composé deux single pour l’OL: « Qui ne saute pas n’est pas
lyonnais » puis « Lyonnais de cœur ». Combien en avez-vous vendu ?
Sur le premier, il n’y a jamais eu aucun problème. On avait un bon distributeur,
tout été réglé. Je ne veux pas dire de bêtises, mais on a dû vendre un peu plus
de 50 000 exemplaires. Un single c’est 5 euros TTC donc ça doit faire une
recette de 150 000 euros à peu près. « Lyonnais de cœur » a été vendu à 30 000
exemplaires. Sur les 50 00 exemplaires que j’avais pressés, j’ai pu en récupérer
10 000 qui ont été livrés à l’OL. Ils les vendent et c’est normal qu’ils
récupèrent de l’argent dessus car je n’ai pas pu payer les royalties sur ce
disque là.
Votre diversification dans l’évènementiel n’a-t-elle pas été hasardeuse ?
Je ne pense pas que ça soit hasardeux au niveau de la réalisation, de la
production et de l’envie de le faire. Avec le recul, ça a peut être été
hasardeux au niveau de la gestion. A la base, moi je suis quelqu’un qui fait de
l’artistique et je n’ai peut-être pas pris la mesure que je sortais de mon champ
d’activités, pour rentrer dans une autre activité où il y avait beaucoup de gens
qui faisaient ça depuis longtemps. Ce que j’ai fait j’en suis très fier, je
pense que j’ai apporté beaucoup de choses dans les idées, notamment sur la
Part-Dieu ou sur l’Olympique Lyonnais avec les soirées au Palais des Sports.
Jusqu'à l’été 2006, on voyait un Jocelyn flamboyant organiser des soirées à
Saint-Tropez ou aux Echets pour des administrateurs de l’OL… On dit que vous
avez pété un câble ?
Péter un câble, certainement ^pas, en revanche susciter des jalousies. Je vais
paraître pour quelqu’un de naïf mais je n’en ai pas pris la mesure. Les soirées
dont vous parlez, je les ai vraiment faites avec le cœur et j’en suis très fier
car ce sont des gens que j’adore et j’ai passé des moments extraordinaires.
Aujourd’hui, je m’aperçois que ça a dû susciter de la jalousie mais à l’époque
je ne l’ai pas vécu comme ça.
En attendant, quelques-uns de vos fournisseurs prennent l’eau. A l’image de
La Plateforme, la péniche managée par Cédric Dujardin à qui vous devez 15 000
euros…
C’est la catastrophe de mon histoire de liquidation… En fait, au niveau de mes
créanciers que je n’ai pas pu payer, il y en a trois pour lesquels je m’en veux,
donc Cédric à la Plateforme avec qui j’ai organisé une soirée pour un client.
Mon entreprise étant en liquidation judiciaire, j’ai une note de 10 000 euros
que je n’ai pas pu lui régler mais je compte lui régler personnellement dès que
je peux. Il y a aussi Quorum Productions, c’est quelqu’un que j’aime beaucoup,
mais j’ai une note chez lui de 4 500 euros que je n’ai pas pu régler. Je suis
vraiment désolé… ça m’a empêché de dormir depuis 6 mois. Je crois que je dois
également 1 700 euros à Air Star, une société qui fait des ballons gonflables
avec qui je travaillais, ils sont adorables, mais c’est pareil.
Nous avons interrogé Kadabra, une société spécialisée dans le décor à qui
vous auriez laissé une ardoise de 46 000 euros, sans parler de Montelec (15 000
euros) qui vous attaque au pénal pour escroquerie…
Nous avons travaillé plusieurs mois ensemble et le litige qui nous oppose ne
porte que sur la dernière prestation effectuée pour l’OL. Kadabra détient pour
plus de 40 000 euros de matériel m’appartenant dont des écrans plasma et une
structure alu. J’en déduis que les compteurs sont à zéro.
Il y a également les différentes factures que vous devez encore à l’OL. Entre
prestations diverses et royalties, la pilule avoisinerait les 85 000 euros !
Ça c’est totalement faux ! Toutes les places ont été réglées, ainsi que toutes
les publicités que j’ai achetées sur les écrans publicitaires. Lorsque je
sortais un disque, le club investissait 0 centime dessus ! La publicité que j’ai
achetée sur les écrans géants dans le stade, c’est moi qui l’ai payée. L’OL m’a
offert gracieusement, et c’est gentil, les spots de pub sur OL TV. Il me reste
leur devoir des royalties sur 30 000 CD « Lyonnais de Cœur » ce qui correspond à
21 000 euros HT soit 70 centimes d’euros TTC par disque vendu. Que les choses
soient très claires là-dessus. Il faut savoir que l’OL stocke 10 000 CD
« Lyonnais de cœur » et continue à les vendre depuis 1 an. Je ne leur demanderai
rien dessus parce que je leur dois des sous, mais avec 10 000 CD vendus à 5
euros il y a largement de quoi combler 21 000 euros HT !
Jean-mi-mi ne vous a pas encore envoyé les gros bras de son service
recouvrement ?
Ça c’est le drame de mon histoire. Vous me connaissez, je suis un dingue de
foot, un dingue de l’OL et j’éprouve une admiration profonde pour le président
Aulas. Je lui ai fait un courrier mais je n’ai pas eu de réponse, je suis
vraiment désolé, je ne sais pas quoi dire… Je sais que oui je dois 21 000 euros
HT à l’OL mais de l’autre côté ils ont de quoi se payer. Ils peuvent comprendre
que je me suis fait « planter ». J’en ai tiré des leçons et je pense que nous
aurions pu continuer ensemble. J’ai toujours été quelqu’un de sincère, de très
franc et ça m’affecte. Au niveau de ma sensibilité, ça m’affecte énormément.
Mais qu’est ce que vous voulez que je vous dise ? Vous parlez de Jean-Michel
Aulas qui est quelqu’un de formidable et d’extraordinaire. Je ne sais pas ce
qu’il pense. J’espère qu’il ne pense pas trop de mal de moi…
Vous êtes interdit de stade pour l’instant ?
Non, je ne suis pas du tout interdit de stade ! Ça m’a tellement fait du mal,
moi qui allais à tous les matchs… C’est vrai que depuis le mois de septembre, je
n’ai plus le bonheur d’aller au stade avec mon gamin.
Comment comptez-vous refaire surface ? On raconte que de généreux donateurs
comme Jean-Pierre Soulier vont vous renflouer… Vous lui auriez demandé 80 000
euros !
(Rires) Ce n’est pas vrai du tout ! Personne ne me renfloue ! Après cette
période dépressive, on peut dire ça comme ça, j’ai eu de gros problèmes dans ma
vie privée, j’ai perdu ma boîte, etc… Je me suis retiré pendant 4/5 mois, ça
paraît long pour les gens qui attendent mais bon pour moi il fallait bien ça.
Pendant ce temps-là, je suis retourné en studio où j’ai préparé un disque. J’ai
signé un contrat avec le producteur Jean-François Sonnier pour deux single et un
album. Le single est sorti au mois de février et je chante!
Vous comptez également rebondir en lançant Pauline Gheller, une nouvelle artiste
que vous avez présentée devant la presse au Collège Hôtel. Les affaires
reprennent ?
Je ne suis pas dans un monde d’affaires. J’ai un métier qui est de faire de la
musique et d’écrire des chansons. J’avais une société et je me suis planté. Il
faut quand même dire que «Mac Ben music» a été le premier label indépendant de
France pendant 6 ans. Je n’ai jamais demandé une subvention, pas un centime,
alors qu’on arrose parfois des associations qui ne servent pas à grand-chose…
J’ai fait tourner la ville en musique en j’ai fait changer l’image de la ville
en musique pendant ces 6 années-là, il ne faut pas l’oublier. Je me suis planté,
je me suis planté ! Quand je vais mieux, je recommence à composer. J’avais dans
les tiroirs le 3ème volet de la trilogie consacrée à l’OL. Quand j’ai
rencontré Pauline Gheller, ça a fait tilt. Je l’ai proposé au club en premier
mais j’ai eu un retour négatif : on m’a dit que le morceau et l’artiste ne
correspondaient pas à l’OL. J’ai sorti la chanson, l’OL n’est pas cité dedans,
il n’y a pas de logo. C’est un auteur compositeur qui écrit une chanson sur sa
ville et sur le foot, une artiste lyonnaise qui chante ça. Je ne vois pas où est
le problème.
Pour lancer Pauline, vous avez monté une société dont Jean-Pierre Soulier
sera le gérant…
Pour lancer un disque il faut une société de production - ma société était en
liquidation judiciaire - et il fallait que je trouve un producteur. Jean-Pierre
Soulier avait envie de se lancer dans la production de disque et dans
l’artistique depuis longtemps. C’est un artiste dans l’âme. Il a monté une
structure et signé un contrat avec Pauline Gheller et avec moi, sous laquelle on
sort ce disque. Mais on ne va pas sortir que ce disque-là. Il faut que les
choses soient claires pour les Lyonnais, ce n’est pas une société qui est montée
pour ne sortir que ce disque. On sort un album à la fin du mois de février qui
s’appelle « kalasha » :
de l’électro zen avec des artistes de Chambéry. Mais je laisse tomber la gestion
des sociétés, j’ai compris. Je redeviens artiste et je veux bien travailler pour
les autres.
Un malheur n’arrivant jamais seul, vous avez également encaissé le choc de
votre séparation avec Marie. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Quand vous avez aimé une fille pendant plus de 18 ans, que vous avez eu avec
elle un enfant, c’est une fille extraordinaire. Il y a 3 ans, on a eu un
problème de couple, on s’est séparé, j’en ai énormément souffert. Je pense
qu’elle en a souffert aussi et qu’elle en souffre encore et moi aussi. Où en
est-on aujourd’hui ? On a un enfant et comme tous les couples séparés on essaie
de faire face, de faire attention. Mais quand c’est un réel amour comme ça été
le cas, je peux le dire, il faut énormément de temps. C’est pas facile de ne
plus voir la personne que vous aimez pendant des mois, de ne plus lui parler au
téléphone,… ça se passe bien avec le petit et c’est l’essentiel.
Votre relation avec Marie est en cours de normalisation ?
Depuis les fêtes de fin d’année, oui. Pour être clair, on se reparle, et même si
ce n’est pas facile, même si ça fait mal. J’espère que tout ira bien en tous les
cas.
Certains racontent que c’est la petite Pauline qui remplace Marie dans votre
lit…
Alors ça, ce n’est pas vrai du tout ! La rupture a été très difficile. Je suis
célibataire et je le dis haut et fort. Quant à Pauline Gheller, c’est une
artiste, une interprète, j’ai des rapports professionnels avec elle et d’amitié
sinon je n’aurais pas choisi cette fille. Elle a quelque chose qui me plait,
quelque chose qui fait qu’elle peut interpréter mes morceaux. Elle a signé elle
aussi pour un album après le single. Il faut que je lui prépare un album donc
qu’on ait des liens. Mais Pauline n’est pas ma nouvelle Marie comme on le dit.
Pendant vos mois de dépression, sur qui avez-vous pu compter ?
Je vais pouvoir remercier ces gens… J’ai pu compter sur ma petite équipe dont
mon régisseur François Freytag, le chanteur Stéphane Pétrier mes amis proches,
mais je ne vais pas citer tous les noms ! A Lyon, j’ai pu compter sur
Jean-François Sommier et sa femme Astrid Manoukian, qui m’ont énormément soutenu
car ils produisent un disque pour moi, pour me sortir de ça. Franchement, ils
m’ont aidé même alimentairement ! Jean-Pierre Soulier qui a toujours été là, qui
m’a donné des tas de bons conseils. Il y a Damien Moutard du Type 34 qui a été
plus qu’adorable, mais ça va loin : il ne me faisait même pas payer mes repas
quand je mangeais chez lui. Il y a aussi Philippe Vorburger que j’aime
énormément et que j’ai toujours aimé pendant toutes ces années. Il a toujours
été là pour moi. Mais j’ai fait une grossière erreur avec lui quand j’étais en
pleine déprime. Je ne voulais pas parler de mes problèmes de couple, on a aussi
une certaine forme de honte à dire tout ça. Il m’a appelé plusieurs fois, pour
mon bien, pour essayer de faire quelque chose. Et comme un « con » je n’ai pas
répondu. J’en suis très triste aujourd’hui, tout comme pour Cédric de la
Plateforme, mais ça va se régler.
Et inversement, qui a essayé de vous maintenir la tête sous l’eau ?
Le problème, c’est ça… je dois être un gros naïf mais il y a des personnes qui
ont appuyé certaines rumeurs qui ont couru dans la ville. Je sais avec certitude
pour les problèmes sur ma vie de couple d’où c’est parti… Cette personne-là, je
ne la connais même pas. Je l’ai croisée 30 secondes ! Mais je sais qui c’est.
Pour les autres, j’ai forcément des doutes. Certains d’entre eux sont venus
manger à ma table aux frais de la princesse ! Je ne suis ni consensuel et ni
lisse et je ne l’oublierai pas !
Vous avez repris le chemin de la musique pour vous…
C’est la belle histoire de mon malheur. J’ai rencontré Jean-François Sommier,
quelqu’un de très cultivé et de très intelligent qui m’a motivé pour que je
sorte un disque en tant qu’auteur compositeur et surtout interprète. Je n’avais
pas fait ça depuis des années. Le disque est dans les bacs début mars et j’en
suis très fier.
Comment appréhendez-vous l’année 2007 ?
On va commencer par le
plus important… J’ai envie que Marie aille bien, car si Marie va bien, notre
fils ira bien et moi j’irai bien aussi. J’ai envie qu’on aille bien tous les
trois. Je pense qu’il y a des pages qu’il faut tourner, il ne faut pas trimbaler
des rancœurs. Professionnellement, j’ai trois sorties de disque prévues cette
année, j’espère que je vais à nouveau payer des impôts ! (rires) Je suis
entrain de retrouver la pêche ! Dans la vie, c’est quand vient l’orage qu’on
reconnaît ses amis, c’est à dire ceux qui pensent à vous prêter un parapluie…
Ceux-là, je les ai vus ! J’ai également vu ceux qui étaient en rupture de stock
de parapluie ! J’en rigole aujourd’hui, ça va un peu mieux, je reprends une vie
normale, c’est du passé !
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