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05 mars 2007


 Le printemps de Jocelyn Garabédian
 

 

Les refrains de l’OL dans votre transistor, c’est lui. Une vraie pile électrique qui a connu une sacrée baisse de régime l’automne dernier. Pas vraiment la Duracel de la télé ! On l’avait connu flamboyant, pressant des disques à tour de bras, organisant de somptueuses fêtes pour l’OL et ses administrateurs… avant le trou noir et la renaissance ?

 

En novembre dernier, on a retrouvé votre société Mac Ben Production dans la rubrique des liquidations judiciaires. Que s’est-il passé ?

Il s’est passé qu’une société peut avoir des problèmes. J’ai eu d’abord des soucis personnels, je n’ai pas fait attention à ma vie professionnelle. Je me suis fait « planter » comme on dit sur des règlements. Je n’ai pas pu faire face à des échéances financières… Il est arrivé ce qui devait arriver, à un moment il a fallu que je dépose le bilan.

 

Quels sont ces fournisseurs qui vous ont planté ? On parle d’une somme de 100 000 euros.

Ce sont deux sociétés de distribution de disques à qui j’avais confié la diffusion du second single OL. Concernant Straight Line Productions, je ne pense pas qu’ils l’aient fait exprès, mais ils n’ont pas réussi à gérer l’ampleur du phénomène. Il y a un moment où il y a eu des retards de règlement, puis ils n’ont pas pu faire face (Jocelyn nous montre une traite impayée de 66 976 euros, NDLR) alors ils ont donné la distribution à une autre entreprise qu’ils connaissaient : European Record Service à Metz. Lui m’a fait une traite de 35 880 euros qui est également revenue impayée.

 

Vous avez composé deux single  pour l’OL: « Qui ne saute pas n’est pas lyonnais » puis « Lyonnais de cœur ». Combien en avez-vous vendu ?

Sur le premier, il n’y a jamais eu aucun problème. On avait un bon distributeur, tout été réglé. Je ne veux pas dire de bêtises, mais on a dû vendre un peu plus de 50 000 exemplaires. Un single c’est 5 euros TTC donc ça doit faire une recette de 150 000 euros à peu près. « Lyonnais de cœur » a été vendu à 30 000 exemplaires. Sur les 50 00 exemplaires que j’avais pressés, j’ai pu en récupérer 10 000 qui ont été livrés à l’OL. Ils les vendent et c’est normal qu’ils récupèrent de l’argent dessus car je n’ai pas pu payer les royalties sur ce disque là.

 

Votre diversification dans l’évènementiel n’a-t-elle pas été hasardeuse ?

Je ne pense pas que ça soit hasardeux au niveau de la réalisation, de la production et de l’envie de le faire. Avec le recul, ça a peut être été hasardeux au niveau de la gestion. A la base, moi je suis quelqu’un qui fait de l’artistique et je n’ai peut-être pas pris la mesure que je sortais de mon champ d’activités, pour rentrer dans une autre activité où il y avait beaucoup de gens qui faisaient ça depuis longtemps. Ce que j’ai fait j’en suis très fier, je pense que j’ai apporté beaucoup de choses dans les idées, notamment sur la Part-Dieu ou sur l’Olympique Lyonnais avec les soirées au Palais des Sports.

 

Jusqu'à l’été 2006, on voyait un Jocelyn flamboyant organiser des soirées à Saint-Tropez ou aux Echets pour des administrateurs de l’OL… On dit que vous avez pété un câble ?

Péter un câble, certainement ^pas, en revanche susciter des jalousies. Je vais paraître pour quelqu’un de naïf mais je n’en ai pas pris la mesure. Les soirées dont vous parlez, je les ai vraiment faites avec le cœur et j’en suis très fier car ce sont des gens que j’adore et j’ai passé des moments extraordinaires. Aujourd’hui, je m’aperçois que ça a dû susciter de la jalousie mais à l’époque je ne l’ai pas vécu comme ça.

 

En attendant, quelques-uns de vos fournisseurs prennent l’eau. A l’image de La Plateforme, la péniche managée par Cédric Dujardin à qui vous devez 15 000 euros…

C’est la catastrophe de mon histoire de liquidation… En fait, au niveau de mes créanciers que je n’ai pas pu payer, il y en a trois pour lesquels je m’en veux, donc Cédric à la Plateforme avec qui j’ai organisé une soirée pour un client. Mon entreprise étant en liquidation judiciaire, j’ai une note de 10 000 euros que je n’ai pas pu lui régler mais je compte lui régler personnellement dès que je peux. Il y a aussi Quorum Productions, c’est quelqu’un que j’aime beaucoup, mais j’ai une note chez lui de 4 500 euros que je n’ai pas pu régler. Je suis vraiment désolé… ça m’a empêché de dormir depuis 6 mois. Je crois que je dois également 1 700 euros à Air Star, une société qui fait des ballons gonflables avec qui je travaillais, ils sont adorables, mais c’est pareil.

 

Nous avons interrogé Kadabra, une société spécialisée dans le décor à qui vous auriez laissé une ardoise de 46 000 euros, sans parler de Montelec (15 000 euros) qui vous attaque au pénal pour escroquerie…

Nous avons travaillé plusieurs mois ensemble et le litige qui nous oppose ne porte que sur la dernière prestation effectuée pour l’OL. Kadabra détient pour plus de 40 000 euros de matériel m’appartenant dont des écrans plasma et une structure alu. J’en déduis que les compteurs sont à zéro.

 

Il y a également les différentes factures que vous devez encore à l’OL. Entre prestations diverses et royalties, la pilule avoisinerait les 85 000 euros !

Ça c’est totalement faux ! Toutes les places ont été réglées, ainsi que toutes les publicités que j’ai achetées sur les écrans publicitaires. Lorsque je sortais un disque, le club investissait 0 centime dessus ! La publicité que j’ai achetée sur les écrans géants dans le stade, c’est moi qui l’ai payée. L’OL m’a offert gracieusement, et c’est gentil, les spots de pub sur OL TV. Il me reste leur devoir des royalties sur 30 000 CD « Lyonnais de Cœur » ce qui correspond à 21 000 euros HT soit 70 centimes d’euros TTC par disque vendu. Que les choses soient très claires là-dessus. Il faut savoir que l’OL stocke 10 000 CD « Lyonnais de cœur » et continue à les vendre depuis 1 an. Je ne leur demanderai rien dessus parce que je leur dois des sous, mais avec 10 000 CD vendus à 5 euros il y a largement de quoi combler 21 000 euros HT !

 

Jean-mi-mi ne vous a pas encore envoyé les gros bras de son service recouvrement ?

Ça c’est le drame de mon histoire. Vous me connaissez, je suis un dingue de foot, un dingue de l’OL et j’éprouve une admiration profonde pour le président Aulas. Je lui ai fait un courrier mais je n’ai pas eu de réponse, je suis vraiment désolé, je ne sais pas quoi dire… Je sais que oui je dois 21 000 euros HT à l’OL mais de l’autre côté ils ont de quoi se payer. Ils peuvent comprendre que je me suis fait « planter ». J’en ai tiré des leçons et je pense que nous aurions pu continuer ensemble. J’ai toujours été quelqu’un de sincère, de très franc et ça m’affecte. Au niveau de ma sensibilité, ça m’affecte énormément. Mais qu’est ce que vous voulez que je vous dise ? Vous parlez de Jean-Michel Aulas qui est quelqu’un de formidable et d’extraordinaire. Je ne sais pas ce qu’il pense. J’espère qu’il ne pense pas trop de mal de moi…

 

Vous êtes interdit de stade pour l’instant ?

Non, je ne suis pas du tout interdit de stade ! Ça m’a tellement fait du mal, moi qui allais à tous les matchs… C’est vrai que depuis le mois de septembre, je n’ai plus le bonheur d’aller au stade avec mon gamin.

 

Comment comptez-vous refaire surface ? On raconte que de généreux donateurs comme Jean-Pierre Soulier vont vous renflouer… Vous lui auriez demandé 80 000 euros !

(Rires) Ce n’est pas vrai du tout ! Personne ne me renfloue ! Après cette période dépressive, on peut dire ça comme ça, j’ai eu de gros problèmes dans ma vie privée, j’ai perdu ma boîte, etc… Je me suis retiré pendant 4/5 mois, ça paraît long pour les gens qui attendent mais bon pour moi il fallait bien ça. Pendant ce temps-là, je suis retourné en studio où j’ai préparé un disque. J’ai signé un contrat avec le producteur Jean-François Sonnier pour deux single et un album. Le single est sorti au mois de février et je chante!

 

Vous comptez également rebondir en lançant Pauline Gheller, une nouvelle artiste que vous avez présentée devant la presse au Collège Hôtel. Les affaires reprennent ?

Je ne suis pas dans un monde d’affaires. J’ai un métier qui est de faire de la musique et d’écrire des chansons. J’avais une société et je me suis planté. Il faut quand même dire que «Mac Ben music» a été le premier label indépendant de France pendant 6 ans. Je n’ai jamais demandé une subvention, pas un centime, alors qu’on arrose parfois des associations qui ne servent pas à grand-chose… J’ai fait tourner la ville en musique en j’ai fait changer l’image de la ville en musique pendant ces 6 années-là, il ne faut pas l’oublier. Je me suis planté, je me suis planté ! Quand je vais mieux, je recommence à composer. J’avais dans les tiroirs le 3ème volet de la trilogie consacrée à l’OL. Quand j’ai rencontré Pauline Gheller, ça a fait tilt. Je l’ai proposé au club en premier mais j’ai eu un retour négatif : on m’a dit que le morceau et l’artiste ne correspondaient pas à l’OL. J’ai sorti la chanson, l’OL n’est pas cité dedans, il n’y a pas de logo. C’est un auteur compositeur qui écrit une chanson sur sa ville et sur le foot, une artiste lyonnaise qui chante ça. Je ne vois pas où est le problème.

 

Pour lancer Pauline, vous avez monté une société dont Jean-Pierre Soulier sera le gérant…

Pour lancer un disque il faut une société de production - ma société était en liquidation judiciaire - et il fallait que je trouve un producteur. Jean-Pierre Soulier avait envie de se lancer dans la production de disque et dans l’artistique depuis longtemps. C’est un artiste dans l’âme. Il a monté une structure et signé un contrat avec Pauline Gheller et avec moi, sous laquelle on sort ce disque. Mais on ne va pas sortir que ce disque-là. Il faut que les choses soient claires pour les Lyonnais, ce n’est pas une société qui est montée pour ne sortir que ce disque. On sort un album à la fin du mois de février qui s’appelle « kalasha » : de l’électro zen avec des artistes de Chambéry. Mais je laisse tomber la gestion des sociétés, j’ai compris. Je redeviens artiste et je veux bien travailler pour les autres.

 

Un malheur n’arrivant jamais seul, vous avez également encaissé le choc de votre séparation avec Marie. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Quand vous avez aimé une fille pendant plus de 18 ans, que vous avez eu avec elle un enfant, c’est une fille extraordinaire. Il y a 3 ans, on a eu un problème de couple, on s’est séparé, j’en ai énormément souffert. Je pense qu’elle en a souffert aussi et qu’elle en souffre encore et moi aussi. Où en est-on aujourd’hui ? On a un enfant et comme tous les couples séparés on essaie de faire face, de faire attention. Mais quand c’est un réel amour comme ça été le cas, je peux le dire, il faut énormément de temps. C’est pas facile de ne plus voir la personne que vous aimez pendant des mois, de ne plus lui parler au téléphone,… ça se passe bien avec le petit et c’est l’essentiel.

 

Votre relation avec Marie est en cours de normalisation ?

Depuis les fêtes de fin d’année, oui. Pour être clair, on se reparle, et même si ce n’est pas facile, même si ça fait mal. J’espère que tout ira bien en tous les cas.

 

Certains racontent que c’est la petite Pauline qui remplace Marie dans votre lit…

Alors ça, ce n’est pas vrai du tout ! La rupture a été très difficile. Je suis célibataire et je le dis haut et fort. Quant à Pauline Gheller, c’est une artiste, une interprète, j’ai des rapports professionnels avec elle et d’amitié sinon je n’aurais pas choisi cette fille. Elle a quelque chose qui me plait, quelque chose qui fait qu’elle peut interpréter mes morceaux. Elle a signé elle aussi pour un album après le single. Il faut que je lui prépare un album donc qu’on ait des liens. Mais Pauline n’est pas ma nouvelle Marie comme on le dit.

 

Pendant vos mois de dépression, sur qui avez-vous pu compter ?

Je vais pouvoir remercier ces gens… J’ai pu compter sur ma petite équipe dont mon régisseur François Freytag, le chanteur Stéphane Pétrier mes amis proches, mais je ne vais pas citer tous les noms ! A Lyon, j’ai pu compter sur Jean-François Sommier et sa femme Astrid Manoukian, qui m’ont énormément soutenu car ils produisent un disque pour moi, pour me sortir de ça. Franchement, ils m’ont aidé même alimentairement ! Jean-Pierre Soulier qui a toujours été là, qui m’a donné des tas de bons conseils. Il y a Damien Moutard du Type 34 qui a été plus qu’adorable, mais ça va loin : il ne me faisait même pas payer mes repas quand je mangeais chez lui. Il y a aussi Philippe Vorburger que j’aime énormément et que j’ai toujours aimé pendant toutes ces années. Il a toujours été là pour moi. Mais j’ai fait une grossière erreur avec lui quand j’étais en pleine déprime. Je ne voulais pas parler de mes problèmes de couple, on a aussi une certaine forme de honte à dire tout ça. Il m’a appelé plusieurs fois, pour mon bien, pour essayer de faire quelque chose. Et comme un « con » je n’ai pas répondu. J’en suis très triste aujourd’hui, tout comme pour Cédric de la Plateforme, mais ça va se régler.

 

Et inversement, qui a essayé de vous maintenir la tête sous l’eau ?

Le problème, c’est ça… je dois être un gros naïf mais il y a des personnes qui ont appuyé certaines rumeurs qui ont couru dans la ville. Je sais avec certitude pour les problèmes sur ma vie de couple d’où c’est parti… Cette personne-là, je ne la connais même pas. Je l’ai croisée 30 secondes ! Mais je sais qui c’est. Pour les autres, j’ai forcément des doutes. Certains d’entre eux sont venus manger à ma table aux frais de la princesse ! Je ne suis ni consensuel et ni lisse et je ne l’oublierai pas !

 

Vous avez repris le chemin de la musique pour vous…

C’est la belle histoire de mon malheur. J’ai rencontré Jean-François Sommier, quelqu’un de très cultivé et de très intelligent qui m’a motivé pour que je sorte un disque en tant qu’auteur compositeur et surtout interprète. Je n’avais pas fait ça depuis des années. Le disque est dans les bacs début mars et j’en suis très fier.

 

Comment appréhendez-vous l’année 2007 ?
On va commencer par le plus important… J’ai envie que Marie aille bien, car si Marie va bien, notre fils ira bien et moi j’irai bien aussi. J’ai envie qu’on aille bien tous les trois. Je pense qu’il y a des pages qu’il faut tourner, il ne faut pas trimbaler des rancœurs. Professionnellement, j’ai trois sorties de disque prévues cette année, j’espère que je vais à nouveau payer des impôts ! (rires) Je suis entrain de retrouver la pêche ! Dans la vie, c’est quand vient l’orage qu’on reconnaît ses amis, c’est à dire ceux qui pensent à vous prêter un parapluie… Ceux-là, je les ai vus ! J’ai également vu ceux qui étaient en rupture de stock de parapluie ! J’en rigole aujourd’hui, ça va un peu mieux, je reprends une vie normale, c’est du passé !

 


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A suivre,
Le Barthologue de Sébastien Squillaci
 

Jocelyn Garabédian
 

 

 

 

 


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