madeleine-lambert_exvagus-v Par Alain Vollerin

 

Beaucoup de monde, selon le témoignage de Monique Ruch, et de nombreux amis pour rendre à Madeleine Lambert une partie de l'attention et de l'affection qu'elle a si généreusement partagée avec les autres pendant les belles années où elle partageait son temps entre sa passion pour la peinture et sa volonté de faire œuvre pédagogique dans le cadre de l'action culturelle de Vénissieux.

 

madeleine-lambert_mado2 Liée à la pensée du groupe Témoignage de Lyon par l'enseignement qu'elle reçut du peintre Camille Niogret, Madeleine Lambert n'a cessé de s'inscrire au cœur de la vie, au centre des préoccupations de la Cité, et du Monde. Comment ne pas être tenté d'observer et de décrire la Nature ? Madeleine Lambert a participé à cet exercice. Le psychédélique Jim Léon qui fut son ami, écrivait en 1962 : " Figuratif, abstrait, qu'importe ? Ici, ce qui compte, c'est l'aventure d'un trait sur une surface – et pour le suivre, il faut d'abord abandonner ses préjugés accumulés dans une époque où tout ce qui n'est pas conforme aux besoins de la mode est ignoré." Le catalogue conçu dans les flammes de la fraternité contient un poème de Roger Dextre qui fut un compagnon de route de Mado. Cette rétrospective est aussi un regard sur toute une part de l'évolution de l'Histoire de l'Art en région. Comme nous le recommandait mon ami le critique d'art René Deroudille. Il faut creuser son sillon. Dans celui de Mado, il y a aussi le cortège des oubliés, des suppliciés, des exploités. Honte aux bas instincts des exploiteurs d'hier et d'aujourd'hui, et aux abjects europrofiteurs qui s'empiffrent. Jetez un œil sur votre boulanger, votre épicier, qui refont richement leurs boutiques, ce sont eux qui vous affament. Le combat continue au-delà des engagements politiques. On peut ne pas voter à gauche et mépriser le bourgeois inculte, avide d'honneurs et d'argent. Sa volonté de dire l'injustice complète et enrichit le parcours pictural de Madeleine Lambert.

 

 

Légendes

 

– Photographie de Josette Vial, fin des années 1980

– Exvagus Vivere, 1987, huile sur toile, 130 x 97 cm