les-douze.jpg Jacky Douillet, Jean Meunier-Curtinet, Jacky Pêcheur, Janie Petit, Maxime Signaire, Renata Tavernari-Cornu, Lara Rolland, Jean-Pierre Eygonnet, Gilbert Abric, Claude Martinet et Chantal Hayette

Par Alain Vollerin

Mais, on ne peut dire que ce sont des apôtres, même s’ils croient en ce qu’ils font, voici bien un des paradoxes de notre curieuse époque.

Claude Martinet revient à la figuration pour dire les citrons, les huîtres, le manège, et les fromages proches de ceux qu’elle vend aux Halles de Lyon-Paul Bocuse avec son mari, le discret Alain Martinet. Jacky Pécheur a bien raison de persévérer, un jour cela finira par mordre. Il nous fait partager sa passion pour la femme en mouvement, fidèle à sa manière. Jean-Pierre Eygonnet fut un bon médecin militaire. Désormais, il se soigne lui-même en rendant hommage au peintre Jean Atlan. Personne ne saurait faire mieux que lui. Jacky Douillet affectionne les petits formats, et visite les marchés de Provence, avec application. Chantal Hayette aurait-elle enfin trouvé sa voie ? Elle semble définitivement engagée avec bonheur dans ses recherches autour de l’Abstraction lyrique. Maxime Signaire illustre la formule de notre ami Olivier Debré : « les jeunes peintres aiment les couleurs foncées, les vieux peintres recherches la clarté. » Pendant que Sanary s’apprête à rendre hommage à Jean Couty, Maxime Signaire avoue son intérêt pour le port de Sète, et ses figures emblématiques, Paul Valéry et Georges Brassens. Lara Rolland s’accomplit pour l’occasion dans des formats réduits, mais ses constructions sont toujours aussi sensibles, élaborées et poétiques. Elle plonge, et nous aussi, dans ses rêves de pierres. L’assurance de Janie Petit fait plaisir à voir. Pour elle, le monde n’est pas gris, ni rose, malgré la victoire discutable de François Hollande. Il est bleu. Renée Tavernari-Cornu persévère, et cela n’est pas interdit, à construire un univers de petites dames joyeuses, à l’aide de la technique du Raku. Jean-Pierre Gouget peint en altitude, de quoi nous donner le vertige. Dommage qu’il ait abandonné la compagnie des dames. Jean Meunier-Curtinet est décidément, un drôle de paroissien. Il lui a fallu plusieurs décennies pour voir les voiliers qui passent à l’horizon depuis la plage de l’Escalet, non loin de Saint-Tropez. Gilbert Abric poursuit sa description de l’atmosphère dans les rues lyonnaises : les escaliers des Augustins, le quai Saint-Antoine, la montée Nicolas Dalange, etc… Il agit aussi en témoin en décrivant les glaces qui dans le terrible hiver que nous parvenons difficilement à quitter, transformèrent la Saône en patinoire. Il obtient de beaux effets de glacis, de circonstance, en libérant sa technique.

Jusqu’au 18 juin 2012. Espace Berthelot-Lyon.