passe-passe Photos © Fabrice Schiff

 

Par Aymeric Engelhard

 

Dixième réalisation de Tonie Marshall, une affiche alléchante avec deux grands acteurs français, le film fait envie. Pas facile pourtant de sortir le même jour que le fameux « Sans arme, ni Naine, ni Violence » de Jean-Paul Rouve. Alors verdict…

 

Tonie Marshall, la réalisatrice qui a révélé Audrey Tautou dans « Vénus Beauté (Institut) », revient au cinéma avec une nouvelle comédie. L'histoire d'un prestidigitateur au chômage, Dari (Edouard Baer), qui croise la route d'une belle bourgeoise, Irène (Nathalie Baye), au sac à main rempli de billets de banque. En fuite pour vente prohibée d'armes, elle propose au chômeur de l'emmener à Genève. Ils seront poursuivis par un ministre et un Coréen amoureux d'Irène et mouillés jusqu'au cou dans l'affaire ainsi que le beau-frère de Dari à qui il a volé la voiture. Comédie légère, émouvante parfois, mais pas vraiment drôle, « Passe-Passe » fait dans le déjà vu. Pour faire rire, la réalisatrice tombe malheureusement dans une vulgarité accablante notamment par le biais du personnage incarné par Joey Starr qui ne peut aligner deux mots sans insulter. Certaines répliques sont ridicules et pourraient largement être évitées. Mais le film se suit tout de même avec un certain plaisir, les péripéties ne volent pas bien haut mais sont légères et agréables. En réalité le grand point fort du long-métrage réside dans le fantastique duo Edouard Baer – Nathalie Baye. Le premier prouve une fois de plus son talent évident un mois après l'exceptionnel « J'ai Toujours Rêvé d'être un Gangster », et la deuxième est toujours aussi à l'aise dans les rôles de bourgeoise (comme chez Chabrol). Ce duo est simple, n'a rien en commun et pourtant s'apprécie, se comprend au cours du film. Dommage que la réalisation ne soit pas à la hauteur des comédiens car il y avait véritablement du potentiel dans ce petit « road-movie » made in France. On ne s'attardera pas sur les musiques qui présentent bien peu d'intérêt outre les petits passages du grand Franck Sinatra qui relèvent une bande originale des plus classiques. En bref, rien d'exceptionnel, un petit film facile qui s'égare parfois dans les méandres de la vulgarité inutile, mais qui est quand même relevé par un Edouard Baer et une Nathalie Baye des grands soirs.