Par Aymeric Engelhard

Ce début d’année est décidément riche en testostérone. Bien que les rides commencent franchement à fleurir, Stallone rejoint aisément Willis et Schwarzenegger. Chacun aura fait son lot de cadavres en deux mois, pour notre plus grand plaisir.

Le regain d’intérêt pour les musclors des années 80 n’a rien d’étonnant. Dans un monde où les héros de film d’action combattent des menaces de plus en plus réalistes, parfois collées de près à l’actualité, l’idée d’évasion dans le divertissement bourrin a quelque peu perdu de sa valeur. Les motivations nous apparaissent bien plus évidentes et l’identification au héros y gagne énormément. Mais force est de constater que quelquefois on a besoin de ces personnages intouchables, dont l’amas de films des années 80/90 nous apparaissent non plus comme les preuves d’une bonne carrière sur grand écran mais bien comme de véritables états de service dans la lutte contre le mal.

Dès lors, impossible de ne voir qu’un acteur quand Sylvester Stallone entre en scène. C’est Rambo, Rocky, Cobra, Tango, John Spartan, Barney Ross ou encore le juge Dredd. Des rôles que l’on ne qualifiera pas d’extrême qualité mais qui auront tout de même réussi à s’imposer comme inoubliables. On attend forcément avec impatience la nouvelle guerre que mènera le héros sans peur, surtout quand elle s’appelle « Du Plomb dans la Tête » justement. Et lorsqu’en plus c’est Walter Hill (« 48 Heures », « Double Détente ») qui mène les opérations alors là c’est carrément insoutenable. Le film est littéralement estampillé « eighties » et ne tente absolument pas de se montrer moderne (à deux ou trois calembours centrés sur les téléphones mobiles près), à la différence des derniers Schwarzy et Willis. Point ou presque de blagounettes sur la vieillesse.

Stallone est un fier guerrier au sang-froid, vieux (66 ans… quasi invisibles) mais conscient de sa supériorité physique comme mentale face aux jeunots. Dans ce dernier opus, il incarne un tueur à gage piégé par son employeur. Résultat : il va défoncer des murs, fracasser des corps, fusiller des méchants pour arriver à ses fins. Et même croiser un adversaire pour le moins coriace en la personne de Jason Momoa (le Khal Drogo de la série « Game of Thrones »), véritable Hulk hawaïen qui offrira un combat à la hache absolument dantesque contre notre ami. Un programme qui tient toutes ses promesses sans problème, projections sanglantes et craquements osseux en prime.

Malheureusement les défauts inhérents aux eighties sont aussi de la partie. En effet Stallone se voit affublé d’un sidekick asiatique assez insupportable qui influencera trop largement le déroulé des opérations. Encore heureux qu’il ne soit pas comique (on a tous encore en mémoire l’énorme tête à claque Rob Schneider dans « Judge Dredd » qui parvint à lui tout seul à pourrir l’œuvre). La mise en scène bien qu’efficace se montre particulièrement illisible dans les combats et quelques fantaisies clipesques font parfois penser à Tony Scott dans ses mauvaises heures. « Du Plomb dans la Tête » constitue donc au final un véritable vestige des années 80 avec tout ce que cela implique. C’est bien le sentiment positif qui l’emporte au final tant Stallone assure encore et toujours comme un géant.