satis-et-mercier.jpg Echange d’amabilités entre Paul Satis et Michel Mercier – Photo Fabrice Schiff

 

Par Marc Polisson

Ambiance détestable dans l’hémicycle du Conseil général à l’occasion de l’élection du président. Journalistes, photographes et cameramen ont dû batailler pour tenter de travailler dans de bonnes conditions. Au bon vouloir de l’émir Mercier.

Dès notre arrivée à la Préfecture, le ton est donné. Badgés et encadrés, les journalistes sont conduits dans un couloir. Parqués, ils trouvent porte close. Impossible de pénétrer dans les galeries surplombant l’hémicycle. «  Il faut attendre que le président et les conseillers généraux soient installés  » explique l’attachée de presse, visiblement gênée. Cela me rappelle une situation que j’ai vécue récemment au Qatar*, mais soit… La porte s’entrouvre et nous assistons en direct à l’expulsion manu militari de dangereux reporters qui étaient en train d’installer leur matériel. Parmi eux, le journaliste de France 3 Paul Satis et sa caméraman. Gros coup de gueule de notre confrère qui s’étonne légitimement de cette façon grotesque de procéder alors que nous sommes censés assister à une « séance publique ».

Moutons que nous sommes, au lieu de tourner les talons par solidarité, nous attendons comme des toutous que Sa Suffisance ait posé son arrière-train dans son fauteuil capitonné. La porte s’ouvre enfin. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Car voilà que les photographes sont également refoulés de l’assemblée où ils peuvent habituellement déambuler pendant le vote, histoire d’immortaliser les quelques nouvelles têtes (et surtout les anciennes) derrière leurs pupitres. (Cela se passe ainsi dans la joie et la bonne humeur à Charbonnières lors de l’élection du président du Conseil régional). Résultat, tout le monde se retrouve confiné au poulailler durant les trois tours de scrutin. En bas, les conseillers à forte poitrine du président jouent les potentats locaux façon IIIème République, une attitude qu’exècrent de plus en plus nos concitoyens, mais ils n’en ont cure. Ils sont dans (l’im)posture.

Bien entendu, me direz-vous, ce fait divers peut paraitre anecdotique, mais il reflète parfaitement l’ambiance sclérosée et compassée d’une petite assemblée de province. Et le fait du prince.

 

* A Doha, le 29 janvier dernier, gros malaise lors de la finale de Fed Cup, opposant le Japon à l’Australie. La rencontre était programmée à 18h mais des embouteillages monstres aux abords du stade Khalifa empêchèrent plusieurs milliers de spectateurs d’arriver à l’heure. L’émir s’installe  dans sa loge à 17h55 et décrète que plus personne n’entrerait après lui. Résultat : des milliers de supporters qui avaient fait le voyage d’Australie et du Japon se sont retrouvés à la porte du stade ! Ça promet pour la Coupe du Monde 2022…