Par Christophe Magnette et Marco Polisson

Une grande page de la nuit lyonnaise est en train de se tourner dans le quartier de la Part-Dieu. Le tènement immobilier ayant accueilli successivement les discothèques Factory, le Fridge, le Bloc, La Machinerie ainsi que les restaurants Koodeta et Le Diskret sera démoli après 30 ans de fêtes.

Il a signé ! C’est comme si une fumée blanche s’échappait de la rue des Rancy : depuis des années tous les promoteurs de Lyon et de Navarre se sont échinés à recueillir la signature de Camel Boutarfa pour mettre la main sur le dernier foncier du quartier de la Part-Dieu… qui fait l’angle de trois rues : Rancy, Danton et Lavoisier. Soit  1 400 m2 à deux pas de la gare éponyme et quelques encablures du boulevard Vivier-Merle qui, depuis des lustres, aiguisent les appétits et suscitent toutes les convoitises.

Un jeu de séduction remporté par le groupe Constructa (fondé en 1964 à Marseille) dont le dernier tour de force (et non des moindres) demeure la réalisation de la tour La Marseillaise (135 mètres face à la mer sur 31 niveaux) avec l’architecte Jean Nouvel. « Ce n’est pas une question de prix », confie un Camel Boutarfa à la fois heureux et soulagé, convaincu par le projet envisagé et la volonté de Constructa de s’imposer de manière spectaculaire sur le marché lyonnais en construisant sur son tènement un immeuble emblématique.

Pour l’heure, le roi des nuits lyonnaises (on lui doit les établissements mythiques comme le Paladium, l’Actuel, le Factory et le Space) entend rester discret quant aux contours du projet et au planning d’un chantier qui ne devrait pas laisser insensible le landerneau lyonnais. Quoi qu’il en soit, il s’agit bel et bien d’un coup de maître pour Camel qui avait eu le nez creux en acquérant cet ensemble immobilier en 1988. Une transaction qui va l’obliger à se départir de sa légendaire discrétion, quitte à prêter le flanc à tous les fantasmes car l’homme ne compte pas prendre sa retraite : « Je n’ai pas pour ambition de m’acheter un yacht ou de faire un tour du monde. J’ai un très beau projet en tête ». Dans les étoiles ?

A lire : « 30 ans de Camel trophées »  dans notre magazine de novembre 2011, en ligne en cliquant sur ce lien (à partir de la page 42)