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 La maison des jockeys est vouée à la démolition…

 

Par Julien Smati

 

La municipalité de Rillieux a entrepris de détruire les derniers vestiges de son champ de course. Désormais, de l’hippodrome du Loup pendu il ne restera que le nom de l’avenue…

 

02.jpg Les socialistes annonçaient déjà la couleur lors des dernières élections municipales de Rillieux: «  nous avons beaucoup construit de logements sociaux et nous allons encore beaucoup en construire ». Dans une ville qui frise les 60% de logements sociaux, cette promesse électorale semble révélatrice d’un état d’esprit tourné vers un bétonnage systématique. Le charmant parc Brosset perd arbres et verdure au profit de constructions au goût douteux, on parlera prochainement du square Brosset ! La grande place du marché sera bientôt cernée par de nouveaux ensembles d’immeubles. Rillieux manquait certainement de tours ! La mairie, après avoir défiguré Vancia, lorgne désormais sur le encore authentique Rillieux Village avec une modification du Plan Local d’Urbanisme. La densité urbaine transforme doucement la ville en poudrière où les voitures brûlent en nombre chaque semaine, les commerces vandalisés tirent le rideau et les copropriétaires vivent dans la crainte de nouvelles violences. Une logique électoraliste qui ne va pas dans le sens du mieux vivre !

 

03.jpg Les témoignages du passé sont effacés les uns après les autres. C’est désormais les vestiges de l’hippodrome qui vont passer sous les dents des bulldozers. Un symbole de la bourgeoisie que ne souhaitaient pas préserver les socialos-communistes de la mairie qui fustigent en permanence « le bourgeois ». «  Un paradoxe pour ces élus qui se comportent en petits rois et qui aspire à une vie bourgeoise bien loin des quartiers populaires  » fulmine un habitant.  Objectif de cette destruction, la mise en place de la ligne C2 qui relie Rillieux à la Part Dieu. L’espace disponible permettait pourtant un contournement de la Maison des Jockeys. La durée du trajet ne constitue pas une vraie amélioration. Le vélo rentre même en concurrence avec cette ligne. Défigurer Rillieux semble devenir une habitude, la ligne C2 sera balisée par de colossaux poteaux électriques supportant les câbles d’alimentation des trolleys. Une horreur déjà visible sur le pont Poincaré et dans le centre de Rillieux et des choix contestables quand on sait que l’avenir des trolleysbus est condamné. Les bus auront en effet bientôt l’autonomie électrique suffisante pour circuler sans lignes électriques suspendues. «  Il faut savoir que les affinités socialistes de Bernard Rivalta, président du Sytral, Gérard Collomb, président du Grand Lyon et Renaud Gauquelin, maire PS de Rillieux permettent ces manœuvres. Les opérations se décident donc entre amis  ».

 

04.jpg Fondée en 1911 par Maurice Gellerat, la Société des Courses de Rillieux-Sathonay eut des relations privilégiées avec les autorités hippiques de Lyon. La Société des Courses de Lyon en prit le contrôle en 1936 et la renomma Société Hippique de Rillieux-Sathonay. Elle apporta la lumière sur la piste afin d’organiser des courses nocturnes suivies par le tout-Lyon. La Ville de Lyon avait en projet d’agrandir l’Hippodrome du Loup Pendu pour en faire son Grand  Hippodrome lors de la fermeture de celui du Grand Camp. Le Préfet du Rhône refusa l’opération car Rillieux était encore dans l’Ain. L’heure du rattachement au Rhône était pourtant imminente ! Lyon s’est donc tourné vers l’Hippodrome de Parilly qui, en hommage, institua le Prix de Rillieux. Les activités hippiques cessèrent en 1965 pour faire place à la piscine du Loup Pendu et au stade de Rugby. L’esprit reste bien présent !