Par Marco Polisson

Dix ans après sa disparition, le mensuel Lyon Mag fait son retour en kiosque et compte surfer sur la politique et les élections municipales pour se relancer.

Flash-back sur une belle aventure éditoriale démarrée en 1995, et terminée dans la douleur. Au fil des ans, Lyon Mag était devenu le magazine le plus controversé de la ville, et son directeur fondateur Philippe Brunet Lecomte, l’un des hommes les plus détestés de Lyon. Lâché par ses soutiens et en guerre contre son actionnaire principal, PBL est contraint de jeter l’éponge et dépose le bilan avant de relancer  un nouveau magazine sous le titre de Mag2Lyon en mars 2009. Parmi ses ennemis jurés, Christophe Mahé qui s’est fait un malin plaisir de récupérer à la casse le titre a la barre du tribunal, moyennant un chèque de 160 000 euros.

Après son rachat par le patron de Radio Espace, la version papier disparaît et Lyon Mag migre vers le net en devenant lyonmag.com avec des infos grand public et beaucoup de faits divers. Une version numérique qui trouve son public, en témoigne le succès d’audience (plus d’un million de visiteurs uniques par mois). Et qui explique l’envie de retrouver le chemin de l’imprimerie. Au bon moment puisque se profilent les élections municipales de 2020. « La campagne électorale est en effet propice pour le lancer » abonde Christophe Mahé qui admet « prendre un vrai risque « .

L’homme de radio s’est déjà frotté sans succès à l’univers de la presse avec le titre M Lyon lancé en juin 2000.

Le nouveau Lyon Mag sera constitué de deux parties : un dossier thématique mensuel et les meilleurs articles parus sur la version web. La rédaction est placée sous la coupe d’Alexis André, rédacteur en chef de Lyonmag.com, tandis que l’infographie et la logistique sont assurées par la société Rosebud (Tribune de Lyon) dont Christophe Mahé est actionnaire. Ce dernier annonce une pagination d’une soixantaine de pages, et une mise en place de 40 000 exemplaires pour le premier numéro vendu 2 euros.

Reste à ce nouveau confrère de trouver son public alors que les marchands de journaux ferment les uns après les autres et que les mensuels encore présents en kiosque sont à la peine (Lyon Capitale 8/9000 exemplaires mensuels ; Mag2Lyon 3/4000 exemplaires, idem pour Nouveau Lyon). Pour mémoire, dans ses meilleures années, avant sa crise de victimisation (une de février 2003, ci-dessous) et la guerre avec Christian Latouche, plus de 20 000 Lyon Mag étaient écoulés chaque mois sur la communauté urbaine de Lyon. Sortie annoncée le 30 octobre 2019.