Par Morgan Couturier

Ancien enseignant de mathématiques, Pierre Sage s’est orienté vers la photo en 2002. Avec ses clichés mode et glamour, le photographe se plait à jongler avec la lumière. Justement, c’est vers lui que sont braqués les projecteurs, dans le cadre de son vernissage…

Le charme est une notion abstraite, qui fluctue au gré des gouts et des couleurs. L’œil collé derrière son appareil, Pierre Sage en formule pourtant une exquise définition, laquelle a d’ailleurs tendance à ravir les observateurs de ses photos. Parce qu’en quinze ans, le photographe s’est rompu à ces shootings glamour mettant en valeur la sensualité et la beauté de ces dames. Et des hommes, ensuite. Un savoir-faire acquis à la seule force de sa dextérité, inébranlable au moment d’assimiler seul, les us et coutumes de la photographie. Autodidacte, Pierre Sage s’est développé au fil des stages et d’un âpre travail personnel, tant bien même, l’objectif de l’appareil lui fut longtemps abstrait.
« Ce n’était absolument pas une passion, avance-t-il. J’ai débuté la photo quand les premiers boitiers numériques sont sortis. J’avais un Canon IXUS 500. Au départ, tout a commencé par un jeu avec ma femme. On a commencé par réaliser des photos sexys. J’ai débuté comme ça, et non avec des portraits ou des paysages. Ce qui m’a plu, c’est la femme ». Depuis, la cible n’a guère beaucoup changé. Si la prise en main fut tardive pour cet ancien enseignement en mathématiques, passé dans la foulée, par des études d’ingénieur en informatique de gestion, il réussit à en faire son métier. « En 2008, un éditeur m’a contacté pour sortir un livre, précise-t-il. C’est ce qui m’a donné l’envie de vraiment travailler la photo, puis de construire des scènes. C’est vraiment ce que j’aime faire. J’effectue tout un travail sur le jeu de regards, toujours dans le glamour, le sensuel et la volupté. On a toujours l’impression qu’il va se passer quelque chose, en tout cas c’est ce que j’essaye de retranscrire, sans que ça déborde ou que ce soit vulgaire. Il faut que ça reste léger ».

Minutieux jusqu’à l’extrême

Bien que tardive, le Lyonnais s’est donc épris d’une véritable passion pour la lumière et ses aspérités, dont il aime se jouer lors de ses fameuses mises en scène, faites d’interactions entre mannequins, captées via l’opercule de son appareil photo. « Je suis dans une approche d’identité visuelle. L’identité visuelle c’est vraiment le lieu, l’atmosphère, les lumières. Il faut faire ressortir quelque chose autour d’un  lieu, d’un univers. Utiliser un fond blanc ou un fond gris, ce n’est pas le genre de photos qui m’intéresse. Il y a des gens qui le font beaucoup mieux que moi ». Alors le photographe se démarque. Armé d’une dizaine de flashs, Pierre Sage construit artificiellement cette lumière si importante à ses yeux et ses photos, qu’il élabore minutieusement des semaines à l’avance. Une facette pointilleuse de sa personnalité, héritée de l’ingénierie, qui l’amène à planifier ses shootings dans les moindres détails. Jusqu’à l’utilisation de projections 3D.  « Tout est détaillé, calculé afin de rassurer les mannequins, avoue-t-il. En termes de composition, parfois on a une idée puis on se rend compte que ça ne marche pas forcément comme on le souhaite. Il y a un gros travail effectué en amont. Je veux être certain d’avoir fait des tests en amont ».

Une dizaine de tirages exposés

Pour son vernissage du 21 mars, Pierre Sage a donc conceptualisé sa séance photos quinze jours durant. Dont le résultat se retrouve exposé à l’étage du restaurant La Maison. Neuf tirages du shootings attendent le public, accompagnés d’anciennes photos et d’une vidéo backstage. Le tout agrémenté de shows et autres surprises. « L’idée n’est pas de faire un vernissage classique mais de travailler les réseaux, conclut-il. Je veux une vraie synergie, que les gens aient envie de rester. Comme avec mes photos, je veux réunir les gens et les interconnecter. Pour l’occasion, j’ai réalisé un travail sensiblement différent que ce que je fais d’habitude, beaucoup plus mode. J’ai pris des mannequins plus réputés et plus âgés. Le style est beaucoup plus mode, où l’accent est mis sur les smokings, les couleurs. C’est moins déshabillé. Je ne le voyais pas ainsi ici ».

Vernissage de l’exposition de Pierre Sage
Mardi 21 mars 2017, à partir de 19h au restaurant La Maison, 4 rue Jonas Salk (Lyon 7e).
Pour un aperçu des photos de l’intéressé, rendez-vous sur https://www.facebook.com/pierre.sage.scenic.photographer/ ou http://www.pierre-sage.com