Par Paul Bourret

Voilà un titre qui restera gravé à jamais, dans sa peau comme dans son esprit. Agée de 32 ans, la Lyonnaise Julie Prevost a vu ses efforts et ses goûts artistiques récompensés, Miss Tattoo Rhône-Alpes Auvergne ayant été couronnée reine de beauté par ce comité spécifique.

Elle devient ainsi l’ambassadrice de cette beauté tatouée pendant un an, elle qui aurait pu enfiler l’écharpe parisienne. Fort heureusement, son attachement à Lyon a pris le dessus. « Je pouvais représenter Paris car j’y suis née et j’y habite le plus souvent, mais Lyon est ma ville de cœur, j’y ai vécu toute mon enfance, fais mes études… donc j’avais envie de représenter la région », exprime la lauréate.

Un sacre presque anodin pour Julie Prevost, qui hésita longtemps à participer à cette élection particulière, dont les critères sont logiquement différents de leurs homologues sans tatouage. « J’ai envoyé des photos non-professionnelles et j’ai été sélectionnée, raconte-t-elle. Il faut avoir, au minimum, 40% du corps tatoué. C’est une élection qui ne récompense pas que le tattoo. L’élocution est également prise en compte. Il y a aussi la beauté, et la motivation », explique Miss Tattoo 2019.

« J’ai mûri grâce aux tatouages »

Désormais, un programme assez chargé attend celle qui est tatouée sur plus de 65% de son corps. « En gagnant cette élection, j’ai signé avec une agence de mode. N’étant pas très grande, comme certaines mannequins, j’aurai plus accès à la danse ou événementiel. J’ai néanmoins signé un partenariat avec une marque de cosmétique, ainsi qu’un partenariat coiffure pour toute l’année », dévoile-t-elle.

Passionnée de tatouages depuis l’âge de 22 ans, la jeune femme profite de ce sacre pour effacer un parcours atypique, semé de légères désillusions. « Au début, j’ai commencé à faire deux trois tattoos, car j’aimais ça. C’était plus un effet de mode. J’ai arrêté pendant un moment, car je me destinais plutôt à une carrière dans la danse ! La blessure que j’ai subie m’a contraint à abandonner, et c’est à ce moment-là que j’ai repris mes tatouages ».

Plus de 250 heures passées chez le tatoueur

Et la spirale s’est enclenchée, la Lyonnaise passant plus de 250 heures chez le tatoueur. « Faire des tatouages ? Je le prenais comme une thérapie, ça m’a extériorisée, rendue moins timide. J’ai gagné en confiance en moi. J’ai finalement mûri grâce aux tatouages », poursuit celle qui occupe en parallèle une fonction dans la haute couture et la robe de mariée depuis 7 ans.

Vouée à devenir couturière, Julie Prevost s’est offert, du même coup, une parenthèse dorée. « Les miss arrivent à se créer une petite notoriété publique, en gardant contact avec les marques. L’élection Monde arrive dans deux ans, et toutes les gagnantes en France pourront y participer, y compris celle de l’année prochaine ». D’ici, là, on laisse la Miss profiter…