Jacques Domas (au centre) entouré de Jean Darnetz et François Guillaud-Lozanne lors du 12ème Trophée de pétanque de Megève en juillet 2014 – Photo © Saby Maviel

Par Jean-Marc Requien

Jacques Domas est décédé le 21 avril 2015 aux Iris, où il était en convalescence. Lyon People le connaissait bien puisqu’il était un habitué du tournoi de pétanque de Megève où il résidait chaque été.

Je le connaissais bien aussi. Depuis longtemps. Puisque sa société d’études Jacques Domas Conseil   réalisait, dans les années 70/80, des études qualitatives pour les agences de publicité. Nous nous sommes souvent copieusement disputés à propos de créations plus ou moins extravagantes. Puis je l’ai perdu de vue avant de le retrouver par le plus grand des hasards, il y a une dizaine d’années en Inde, au Kerala pour être précis. Rien d’étonnant car cet éternel voyageur avait, avec Michèle son épouse, parcouru, je crois bien, les pays du monde entier.

Ce qui n’empêchait pas ce docteur en sciences éco et ancien prof de Sup de Co de continuer de diriger sa société d’édition (HJD) à 75 ans. C’est au cours des années 80 qu’il connut ses heures de gloire en créant Maxi Livres , un concept révolutionnaire de vente de livres à moitié prix. À son apogée, en 1993 il décida d’éditer un dictionnaire encyclopédique low-cost. Larousse et Hachette, sociétés monopolistiques n’ont pas supporté l’arrivée de ce gêneur et précipitèrent sa perte. Il a su rebondir en créant les éditions Martinsart revendues il y a quelques années et quelques autres dont notamment Scrabble magazine.

Lorsqu’il connut les difficultés avec Maxi Livres, il constata avec amertume que le genre humain n’était pas ce que l’on fait de mieux dans notre monde et, comme ce pauvre Rutebeuf, s’aperçut que le vent mauvais emportait les amis d’autrefois. Malgré cette déconvenue, il continuait de faire preuve d’un optimisme imperturbable au point que le misanthrope que je suis devenu trouvait chez lui quelque réconfort lorsque nous nous retrouvions. Justement, je comptais le revoir au retour de mon petit village berbère du Maroc ; malheureusement le globe-trotter infatigable qu’il était, est parti pour un ultime  voyage dont on ne revient pas. Décidément mes amis sont désormais plus nombreux dans cet au-delà mystérieux qu’ici-bas.