Par Morgan Couturier

Sa décision était attendue. Prodige du rugby, au palmarès hors pair, Frédéric Michalak a décidé, à 35 ans, de mettre fin à sa carrière, à l’issue de la saison.

Il est arrivé le maillot déchiré, comme pour rappeler qu’à l’instar de ce vieux bout de tissu, son corps n’était plus aussi jeune et fringant qu’à ses débuts. Alors l’heure est venue. « J’avais dit qu’en décembre, j’allais me prononcer », a-t-il d’abord récité, avant de couper court à tout suspense. « Après une longue réflexion et malgré une offre du club, j’ai décidé de stopper ma carrière à l’issue de cette saison ». Le visage peiné, le demi d’ouverture venait de prononcer les mots tant redoutés. Par l’intéressé lui-même certainement, tant l’envie reste manifestement présente. Et qu’encore hier, il se demandait « s’il allait continuer ou arrêter ». Parce qu’en lui témoignant son attachement, le LOU s’était offert le droit de rêver. Une ultime prolongation ? Pas cette fois. À la différence de l’an passé, l’ancien Toulousain a dit stop, tiraillé entre un corps qui réclame du répit et une passion toujours aussi pesante.

« J’ai 35 ans et ça commence à être de plus en plus difficile »

« J’aurais pu être gourmand. Mais il faut aussi laisser sa place, s’est-il résolu. J’ai fait ce que j’avais à faire sur le terrain. J’ai toujours cet amour pour le jeu, mais j’ai 35 ans et ça commence à être de plus en plus difficile. Il reste 6 mois pour préparer ça ».  Ça, la retraite d’un immense champion au palmarès bien garni, dessiné autour de trois titres de champion de France et six coupes d’Europe. En queue de peloton lors des exercices physiques, Fréderic Michalak va désormais profiter de chaque moment. Avant de « prendre de la hauteur ». Si les projets demeurent flous, l’international français n’exclut pas de prolonger son séjour entre Rhône et Saône. En rentrant dans l’organigramme du LOU, suivant « ce qu’il y a à faire ». Ou s’épanouir ailleurs, en s’attachant au développement de ses sociétés. Mais entraîner, pas maintenant. Les braves aussi ont besoin de repos.