max-schoendorf.jpg Capture écran France 3

Par Alain Vollerin

Nous avions remarqué son absence pendant le récent vernissage des œuvres de Pierre Soulages au musée des beaux-arts de Lyon. On le disait très fatigué. Max Schoendorff est décédé emporté par une attaque samedi 20 octobre au petit-matin.

Né le 29 décembre 1934 à Lyon, ancien élève du professeur Jean Butin au Lycée du Parc, Max Schoendorff fut révélé par sa première exposition chez le galeriste Marcel Michaud en 1958. En 1963, il figurait dans les Rencontres lyonnaises de Bernard Crombecque à l’AGEL de Lyon. Max Schoendorff fut un décorateur de théâtre très prolifique. Il travailla pour Roger Planchon, pour Louis Erlo, pour Maurice Bénichou, mais surtout pour son ami Jacques Rosner au TNP et ailleurs, pendant plusieurs décennies. En 1980, il était présent à la Fiac. Max Schoendorff avait exposé à Paris chez René Drouin, alors célèbre galeriste parisien, où il vit l’œuvre de Wols et en fut imprégné à jamais. Dans sa production assez abondante, on retrouve aussi l’influence d’Hans Bellmer.

A partir de 1969, une longue collaboration débuta avec Jacques Verrière, dans la galerie duquel Max Schoendorff présenta des lithographies, des dessins, des gouaches. En 1971, Jacques Verrière avait demandé au poète Robert Droguet un texte qui demeurera comme un inoubliable hommage. Il peignit d’immenses toiles à la peinture à l’huile donnant libre à cours à une inspiration qui choqua toujours les bonnes âmes lyonnaises. Communiste de cœur, ami de la regrettée Madeleine Lambert, il était normal que la mairie de Vénissieux lui accorde sa confiance. En 1974, il exposa à Paris au salon de mai. En 1992, il avait illustré la station de métro à Vénissieux avec un palindrome étonnant.

En 2008, après une donation, il bénéficia d’une exposition au musée des beaux-arts de Lyon, tout comme Jean Raine. Max Schoendorff était intarissable sur la lithographie et son histoire. Il fit partie de ceux qui portèrent la Maison des arts plastiques Rhône-Alpes sur les fonts baptismaux. Il consacra beaucoup d’énergie à la direction de l’U.R.D.L.A à Villeurbanne dont il fit un lieu de production et d’expositions, inégalable en région. Max Schoendorff fut confronté comme beaucoup d’artistes vivant à Lyon à la tentation parisienne. Il choisit de vivre rue Victor Hugo dans un appartement extraordinaire, où il travaillait entouré de sa collection d’art africain, et de sa fabuleuse bibliothèque dont il était très fier de dire qu’il en avait lu tous les livres.

Une performance à la hauteur de ce personnage que nous ne verrons plus, toujours revêtu de son costume d’ouvrier vigneron en toile noire, un cigare de La Havane de haute qualité aux lèvres. La mort de Max Schoendorff plonge le monde de la culture dans la stupeur. Après les peintres Pierre Montheillet, Jean Janoir et Madeleine Lambert, et surtout la disparition de son compagnon de route, le journaliste Jean-Jacques Lerrant, voici encore une haute figure du monde des arts plastiques à Lyon qui disparaît. Nous présentons nos condoléances à son épouse Marie-Claude, à toute sa famille, et à ses très nombreux amis.