Stéphane Braconnier et Jennifer Smith, lors de l’inauguration de Lyon Sud Enchères – Archives LP

Par Alain Vollerin

Stéphane Braconnier était né en 1958. Il avait fait des études brillantes à l’école des beaux-arts de Lyon, où, il avait fréquenté la classe d’Alain Roche, et, obtenu une haute distinction, le Prix de Paris, en 1983.

Il devint, dans les années qui suivirent, une des figures emblématiques de la génération montante avec Patrice Giorda, Jean-Philippe Aubanel ou Jean-Marc Scanreigh. Stéphane Braconnier, homme de caractère et de conviction, occupa une place si importante que Thierry Raspail, aujourd’hui conservateur du Mac de Lyon, et, directeur de la Biennale d’art contemporain, lui acheta, en 1996, une œuvre monumentale qui figure dans les collections du musée. L’œuvre s’intitule « Fantômes ». Il s’agit de cires et de parafines moulées, une technique qui fit la réputation de Stéphane Braconnier et suscita l’admiration et l’envie de très nombreux collectionneurs. J’écrivais dans mon histoire des arts plastiques à Lyon, en 2000 : « Au début des années quatre-vingt apparaissent d’autres identités, à l’exemple de Stéphane Braconnier dont la manière a souvent évolué. Il travaille maintenant sur la captation de la lumière, pour créer des effets de volumes et de reflets, des phénomènes d’irisations avec des techniques contemporaines. Il s’agit de nous révéler des impressions, des instants de lumière, non-apparents à notre conception de la réalité, mais présents, puisque Stéphane Braconnier les saisit dans des entrelacs de cire translucide et incolore à l’origine. »

Stéphane Braconnier, peut-être un peu désabusé par la Crise qui frappe notre économie, avait pris ses distances avec la peinture, et le monde des arts trop rigoureusement borné par ses frontières. Il n’occupait plus le devant de la scène. En avait-t-il conçu une légitime amertume ? On peut le comprendre. Il avait pourtant, certainement, beaucoup de choses à dire encore. On l’a retrouvé sans vie, dans son atelier, victime d’une crise cardiaque. Je l’avais vu à la mairie du 6e arrondissement, pour les vœux du maire. J’avais été stupéfait par une impression de maigreur et de faiblesse. L’annonce de sa mort, mardi matin, je l’avoue, ne m’a pas surpris. Oui, une page de l’histoire de l’art à Lyon se referme tragiquement. Il faudra revenir, peut-être par une rétrospective, sur cette œuvre exigeante et exemplaire.  Nous présentons à sa famille, et, à ses nombreux amis, nos sincères condoléances.

Les obsèques sont annoncées pour le vendredi 17 juillet 2015 à 15h15 – Église de Sainte Foy Centre (13, place Xavier Ricard)