Chaque mois, un illustre représentant du monde sportif s’allonge sur le divan de l’infirmier Barth, ancien interné des hôpitaux de Lyon qui enfile blouse blanche et stéthoscope. L’entraîneur de l’OL se prête au jeu ce mois-ci aux Terrasses du Pond.

Es-tu devenu un autre homme depuis que tu es coach de l’OL en ligue 1 ?
Un autre homme, non …Ma vie en revanche a totalement changé ! Être entraîneur, c’est une implication 24/24 & 7/7. Je suis certain que pour mes proches aussi, c’est différent. Pour la faire courte, je suis resté le même mais ma vie quotidienne a été totalement bouleversée.

Il y a eu des nuits plus courtes que d’autres ?
Évidement ! Mais c’est dû au métier. Après les matchs par exemple, c’est un enfer pour trouver le sommeil.

Quel a été le moment le plus difficile ?
L’élimination contre l’Ajax d’Amsterdam, encore aujourd’hui, ce n’est toujours pas digéré. C’est tellement rare dans une carrière d’entraîneur ou de joueur de parvenir à une finale… Te dire que j’y pense tous les jours, serait mentir, mais très souvent, c’est sûr ! Je revois encore la frappe de Maxwell Cornet à une poignée de minute de la fin, ça me hante un peu : ils étaient cuits, le stade était bouillant, si on marque, c’est fini !

Et le meilleur moment ?
Il y en a 2 : le 6 à 1 à domicile face à Monaco et puis évidemment le 5 à 0 à Saint-Étienne ! Ce match rentre dans l’histoire du Club, un vrai rêve de gone !

Si tu pouvais passer un message à tes détracteurs, parfois très virulents sur les réseaux sociaux, que leur dirais-tu ?
Je n’ai rien à leur dire, pas grand-chose… Ils ne sont pas courageux, ils se planquent derrière un clavier, c’est trop facile. Ceux sont des lâches. Je parle là évidemment de ceux qui dépassent les limites et comme je ne cesse de le dire, être critiqué fait partie du métier. Mais le manque de respect derrière un masque, je ne l’accepte pas, jamais !

Qu’est-ce qui te bouleverse en ce moment ?
(Il réfléchit longuement) Cette misère sociale terrifiante, au 21éme siècle, ça me scandalise ! Ne pas pouvoir vivre avec dignité, se loger correctement et manger à faim, ça me dépasse à notre époque…

Qu’est-ce qui te fait marrer ?
Les gens versatiles (Il rit jaune) … et aussi mon fils qui me donne parfois ses compos. Et il a parfois raison ! (Il se marre)

Que fais-tu quand tu es seul ?
(Il répond spontanément) J’écoute de la musique. En ce moment, c’est du Souchon. J’adore la musique, toutes les musiques.

Généralement, les gens que tu croises dans Lyon, ils te disent quoi ?
Ils sont d’une gentillesse incroyable : des selfies, des encouragements, des félicitations ! Il y a beaucoup de tendresse. On ne m’a jamais abordé ne serait-ce qu’une fois de manière agressive.

Serais-tu capable de faire un break de 2 ans ?
Non ! (Il est ferme) J’ai besoin de vivre foot tous les jours. Quand il y a une trêve, par exemple, je m’ennuie, je suis même désagréable avec mon entourage.

A quel moment tu ne te supportes pas ?
Quand je revois nos matchs et mon attitude sur le bord du terrain… Mon comportement me déplaît. Je pourris l’arbitre, je fais des gestes dans tous les sens, je m’énerve ; dans ce cas-là, je ne m’aime pas.

Quel est ton pire défaut ?
Têtu ! Et c’est vraiment casse-pieds. Avec Joël Bats, on pouvait rester des heures chacun de notre côté à défendre nos positions… mais bon, Joël, c’est le champion du monde, il est plus têtu que moi (Il éclate de rire).

Et ta principale qualité ?
(Il réfléchit) Tolérant, je le suis devenu avec les années. Aujourd’hui, je suis capable de donner une deuxième chance, c’est sans doute ce métier qui m’a apporté cette sagesse. Je regarde beaucoup plus facilement le bon côté des personnes.

Que vont dire tes proches en lisant le Barthologue ?
(Il souffle) J’espère qu’ils vont dire que ça me ressemble.

Es-tu amoureux ?
(Il ne répond pas tout de suite) Oui

Comment  s’appelle-t-elle ?
Sarah, mais stop. On arrête avec ces questions.

Maintenant on change, c’est toi qui me poses une question ?
Quel système et quels joueurs utiliserais-tu pour affronter le PSG ?

 

(Interview réalisée le 15/01/2018 au Café du Pond)