Philippe Grillot sera-t-il contraint d’abandonner son bureau présidentiel à la CCI ? – Photo © Saby Maviel

Par Marc Polisson

Nouvelle tempête dans le monde économique lyonnais. Les critiques formulées par Philippe Grillot à l’encontre de la CCI Rhône-Alpes (CCIR), suscitent une vive condamnation des organisations patronales. Avec sanction à la clé ?

Dans les colonnes d’Acteurs de l’Economie, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon s’est dit « ulcéré » par la réforme consulaire « aussi mal préparée que mal appliquée ». Dans son viseur : Jean-Paul Mauduy, président de la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie. Le MEDEF Lyon Rhône et CGPME Rhône n’ont pas tardé à réagir dans un communiqué. Leurs présidents respectifs, Bernard Fontanel et François Turcas, dénoncent la violence des propos de l’actuel président de la CCI de Lyon « d’autant plus surprenante qu’elle ne correspond pas à ses votes ». Et d’affirmer leur soutien commun aux « actions menées par la CCIR » en « renouvelant leur confiance »à son président, Jean-Paul Mauduy, « pour mener à bien la réorganisation régionale du réseau consulaire. »

Le divorce est clair et il pourrait se traduire par une initiative conjointe pour contraindre Philippe Grillot à quitter ses fonctions à la tête de l’organisation consulaire alors que son mandat court jusqu’à fin 2015. Le scénario envisagé serait le suivant : convocation d’une assemblée générale extraordinaire, mardi 12 novembre, devant laquelle Philippe Grillot sera invité à présenter sa démission. En cas de refus, il suffit que 5 membres du bureau de la CCI lyonnaise présentent la leur pour manifester leurs distances avec leur président. Cela entrainerait « de facto » un vote pour renouveler l’instance dirigeante ! Les rumeurs vont vite et le nom de l’actuel vice-président Emmanuel Imberton, élu CGPME de la CCI, et président de la société Cotonnière lyonnaise circule déjà comme possible successeur…

Cet embrasement aussi violent et rapide montre que des tensions souterraines existaient depuis longtemps. Philippe Grillot, tête de liste de la CGPME, vainqueur dans le bras de fer qui opposait les deux syndicats patronaux en 2010 pour l’élection des représentants consulaires, avait ouvert son bureau aux élus MEDEF, une initiative marquant son indépendance d’action vis-à-vis de celui qui l’avait soutenu, François Turcas. Depuis, la réconciliation patronale est une règle affirmée, notamment lors du récent meeting commun où un « carton jaune » avait été adressé au Gouvernement. Malheur à la tête qui sort du rang même pour s’interroger sur la réussite d’une réforme !

Reste à savoir pourquoi Philippe Grillot a choisi ce moment pour aborder cette question technique… Il avait su jusqu’à présent de façon très intelligente concilier les intérêts des chefs d’entreprise et des deux organisations patronales. Mégalomanie ? Inconscience ? Sentiment d’impunité ? «  Il s’est fait hara-kiri tout seul !  » commente un fin connaisseur du microcosme consulaire. Désormais lâché par le monde économique, ses rêves de reconversion en politique semblent de facto compromis. Car on voit mal comment Gérard Collomb ou Michel Havard pourraient dans un tel contexte le repêcher et le prendre sur leurs listes aux prochaines municipales.