Photos © Fabienne Dumas

Propos recueillis par Thierry Lahon (médianet) & Sonia Bernet   (Bonne réponse)

Par un midi du mois de juin, alors que le temps n’est pas encore au beau fixe, nous nous réfugions dans les salons de l’à KGB. Mais très vite le soleil va revenir, car c’est avec deux personnages hauts en couleur que nous allons déjeuner. Entre sourires complices, anecdotes communes, le temps s’est écoulé avec une rapidité inattendue. C’est sans doute cela la convivialité !

Dernièrement, un magazine écrivait : « Alors que la sinistrose triomphe de toute part, Bruno Bonnell a le sourire et une inoxydable foi en l’avenir ». C’est donc avec impatience que nous attendions cet homme à l’apparence pugnace et passionné. La rencontre fut à la hauteur de nos attentes, brillante et chaleureuse, mais, comme avec tous les hommes de pouvoir ou d’influence, menée à grand train. L’heure tournait…

Philippe Florentin est un ancien communicant qui poursuit sa vie professionnelle en s’étant lancé un nouveau défi, celui de l’aventure gastronomique. Fruit d’une rencontre entre le Béarn et l’Ain, ayant réussi à Paris, il a su se forger une belle réputation dans une discrétion toute lyonnaise… L’homme est donc multiple, et c’est ce qui nous intéresse !

Quel mot vous vient spontanément lorsque l’on vous dit vacances ?

BB : « Soleil ».

PF : « Copains ».

Parlez-nous de vos vacances d’enfants.

BB : Pour moi, c’est en Algérie, au bord de la mer. Je passais toute la journée à la plage, on chassait le poulpe, on péchait les oursins. On prenait des coups de soleils terribles, eh oui, il n’y avait pas de crème solaire à cette époque… En habitant à Alger, on faisait presque de l’overdose de mer, mais quelle belle période ! Sinon, les vacances c’est un moment privilégié avec la famille. Mes parents étaient fonctionnaires, donc il arrivait aussi que l’on on se retrouve parfois dans les groupements de fonctionnaires…

PF : Jusqu’à mes 18 ans, je n’ai jamais quitté la France. Pour les vacances, j’avais la chance d’avoir des grands-parents paternels et maternels qui avaient des maisons à Pau, Biarritz, et dans l’Ain. Sinon j’ai grandi à Paris. Pour moi, les vacances c’est le temps des copains. Certains venaient de familles plutôt aisées, et d’autres étaient fils de fermiers, ou d’ouvriers. Ce mélange des genres m’a beaucoup aidé, ainsi, je crois avoir été toujours été ouvert d’esprit. Mais ce que j’aimais aussi, c’est dans l’Ain, c’est passer du temps avec les anciens. J’adorais les regarder jouer à la pétanque, et cela même parfois jusqu’à minuit, alors que je n’avais que 8 ans ! 02

Avez-vous fait beaucoup de bêtises ?

BB : Oui, plein (rires). Je passais souvent une autre partie de mes vacances à la campagne où j’étais scout. Comme j’avais 2 ans d’avance, j’ai toujours été le plus jeune de la bande. Du coup, pour compenser mon jeune âge, j’essayais d’être assez malin… Je trouvais toujours une bêtise à faire ! On allait voler des poules, on les plumait vivantes car nous avions peur de les tuer. Parfois on pillait aussi les potagers, bref on faisait beaucoup de bêtises de gamins, des trucs de scouts !

PF : Je n’ai pas le souvenir d’avoir fait d’énormes bêtises. Mais il m’arrivait parfois d’être parfois une vraie plaie (rires). Vous savez, je ne crois pas avoir beaucoup changé. De mon enfance, j’ai même gardé un petit côté anarchiste. J’ai par exemple un kiff, c’est de prendre le TGV sans billet ! C’est le goût du risque. Je l’ai d’ailleurs souvent imposé à mes collaborateurs. Je leur disais : « Tu es juif, tu es résistant, et le train est envahi de collabos et de SS, tu n’as pas de billet et il faut que tu arrives à bon port, à toi de te débrouiller ». C’était limite un critère de recrutement, il ne fallait pas qu’ils se fassent attraper, bien sûr, s’ils prenaient une amende c’est moi qui payais…

BB : Aujourd’hui y’a prescription… Je repense à un grand classique, l’apéro Basket. On allait dans un bar, on prenait l’apéro, et le challenge c’était de partir le plus vite possible, en basket… On était de vrais ados ! Sinon, pour impressionner une fille j’ai même braqué une banque, en Allemagne. J’avais mis mes 2 doigts devant les yeux de l’hôtesse et je lui avais dit : « ceci est un hold-up ! » Là, tout s’était emballé, l’alarme, les portes se sont fermées, la sécurité et les flics sont arrivés. Je parlais très mal l’allemand, il a fallu que j’arrive à leur faire comprendre que c’était juste une blague…

D’autres souvenirs d’ados ?

PF : Pendant mon enfance, mon personnage préféré était Michel Vaillant. C’est peut-être pour cela qu’à 16 ans, pendant les vacances, je m’étais acheté une moto Honda, et j’étais parti depuis Paris, chez une copine à Bandol pour 3 semaines !

BB : Moi j’ai eu une CZ. A 16 ans, j’ai fait Lyon – Saint-Tropez. Je me revois arrivant dans un autre monde avec la fête et les filles. Comme je n’avais pas un sou, je bossais dans un hôtel, sauf qu’un jour je me suis endormi sur une centrifugeuse pour peler les pommes de terre… Bien sûr, je me suis fait virer. En fait, je dormais souvent au travail, car pendant mon temps libre, j’étais en boîte… et on a beau être jeune, il faut bien dormir à un moment ou un autre !

Partiez-vous en vacances d’hiver ?

PF : Non, je n’aime pas le froid, je préfère le soleil.

BB : Ma première expérience de neige c’est en 1968. J’étais en CM2. Je suis parti à Chamrousse. J’arrivais d’Algérie, donc le ski et la neige ce n’était pas vraiment notre culture. J’avais des bottes en plastique qui se remplissaient de neige, et un vulgaire k-way, dans lequel j’avais extrêmement froid. Du coup, j’ai immédiatement détesté la montagne et ça a duré assez longtemps. J’ai appris à skier à seulement 18 ans.

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Quelles sont vos premières vacances d’adulte ?

PF : Lorsque je me suis marié, à 25 ans. C’est aussi la première fois que je prends l’avion, pour partir aux Caraïbes. Pour cette première, j’avais emmené ma femme pécher en mer. Coup d’essai, coup de maître, elle nous a tous étonnés, elle a sorti une dorade royale, magnifique ! Même notre accompagnateur n’en revenait pas.

BB : Tant que j’ai été en couple, sans enfants, j’avais encore l’impression de prolonger mes vacances d’adolescent. Par contre, là ou cela à basculé, c’est quand je suis parti avec ma première fille. Il a fallu tout prévoir, penser à tout, prendre une galerie et la poser sur le toit de la R5. Ce n’était plus des vacances, c’était du baby-sitting. Plus tard, j’ai décidé que mes enfants devaient découvrir le monde, et depuis je m’y attache.

Avez-vous des souvenirs de galères en vacances ?

BB : Oui, pour des vacances d’hiver ou le copain d’un copain, d’un copain, nous avait loué un appartement pour une semaine. Il fallait payer d’avance. En arrivant, nous découvrons que la location en question est en fait un garage… Qui plus est, il est situé juste à côté du moteur des remontées mécaniques… Comme, en plus, c’était une année sans neige, c’était la seule piste équipée d’un canon à neige, donc 3 000 personnes défilaient devant notre porte toute la journée… Une vraie catastrophe !

Mais j’ai aussi une 2ème anecdote. Un jour, je débarque à Royan, sans réservation. Je cherche immédiatement une location. Dans une agence, le responsable me dit qu’il a une occasion en or. Un appartement avec vue sur plage. Nous acceptons son offre et nous nous y installons à la nuit tombée. Vers 5h du matin, nous sommes réveillés par un vacarme épouvantable. L’explication est que nous sommes au bord d’une route, où passent tous les camions de livraison de la ville. Vous imaginez la tête de ma femme… Heureusement, pour me rattraper, je montre à mon épouse la plage juste en face, de l’autre côté de la route. Ce qui est étrange, c’est qu’il n’y a personne… En fait, nous avons vite découvert le poteau rose, l’explication était simple, cette plage n’attirait personne, car c’était la plage où tous les habitants de la station venaient promener leurs chiens pour faire leurs besoins !

PF : Je n’ai pas vraiment de mauvais souvenirs… Par contre, je me souviens d’une année, ou je devais avoir 30 ans et déjà 3 gosses. Nous allions en vacances à Saint-Tropez. Nous étions partis avec ma R16 et sur la route la bagnole a pris feu. Je revois ma femme avec les enfants dans les bras, c’était vraiment la galère mais avec le recul assez drôle.

Où vous inviteriez-vous mutuellement en vacances ?

PF : Je l’inviterai à une partie de pêche au bord d’un étang, avec un pique-nique. Le soir, on rejoindrait des potes pour jouer au tarot.

BB : Moi, je l’inviterais à faire un truc qu’on ne connaît pas tous les deux. Comme nous nous connaissons bien, je pense que ce serait drôle de faire un truc du style l’ascension du Kilimandjaro, ou la traversée de l’Atlantique avec un skipper, on se marrerait bien !